Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Han Bin Yoon, directeur artistique du Brussels Cello Festival

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Le violoncelliste américano-coréen Han Bin Yoon est le directeur artistique du Brussels Cello Festival, dont la première édition a eu lieu en octobre 2018. Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP, s’est entretenu avec lui au sujet de son festival et ses prochaines éditions.

La première édition du Brussels Cello Festival s’est clôturée il y a 2 mois. Quelles conclusions tirez-vous de cette expérience -à quel point fut-ce un succès ?

Le succès de cette première édition du Brussels Cello Festival a dépassé toutes nos attentes ! Chaque soir, les salles étaient pleines d’un public enthousiaste. Après la ferveur suscitée par la 1ère édition consacrée au violoncelle du Concours Musical International Reine Elisabeth (CMIREB), il était clair que le public belge ne devrait pas attendre 4 longues années avant de revivre une telle « communion » musicale autour de cet instrument merveilleux. Nombreux sont ceux qui considèrent d’ailleurs déjà la création de notre festival comme un événement marquant dans l’histoire musicale belge. Les liens d’amitié qui se sont noués entre tous les violoncellistes au cours du festival m’ont confirmé son caractère unique et c’est un organisme qui doit grandir au cours des prochaines années. Nous sommes déjà en train d’organiser l’édition 2020 et nous nous en réjouissons !

Une CENDRILLON à vous faire rêver

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Tandis que l’Orchestre Pasdeloup, remarquablement dirigé par le chef estonien Vello Pähn, nimbe d’une indicible tristesse l’Andante dolce qui sert d’introduction à Cendrillon, le ballet en trois actes que Sergey Prokofiev élabora entre 1940 et 1944, le spectateur découvre le décor habile de Petrika Ionesco consistant en une véranda délabrée avec quelques tabourets et une mauvaise copie de la Statue de la Liberté, jouxtant une imposante cheminée dont le rebord comporte nombre de pendules. Fichu grisâtre noué sur ses cheveux, revêtant des hardes usagées sous tablier à rayures selon les dessins d’Hanae Mori, la pauvre Cendrillon «rêve de robe blanche teintée d’un peu de rose… légèrement argentée, en ne songeant qu’à une chose : devenir une star ». C’est ce que déclarait, en octobre 1986, Rudolf Nureyev, à propos de sa conception chorégraphique.

Toon Fret, flûtiste sans frontières

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Professeur au Conservatoire Royal de Liège et membre fondateur des ensembles Het Collectief et Oxalys, Toon Fret est un musicien qui aime sortir des sentiers battus. À l’occasion de la parution de son nouveau disque “Origins” chez Fuga Libera, son troisième avec la pianiste Veronika Iltchenko, il répond aux questions de Crescendo-Magazine  

Votre nouveau disque se nomme “Origins”. Pouvez-vous nous en expliquer le concept ?

Il s’agissait de retrouver un ADN plus “naturel”, une sorte de goût du terroir en musique  après deux précédents albums centrés sur la musique de la “Belle époque” avec des partitions plus orientées vers le salon que vers la nature. Dans cet album nous mêlons différents types de musiques plutôt purement folkloriques comme avec Bartók ou Amirov à des oeuvres plus “savantes” comme la Sonate pour flûte et piano d’Erwin Schulhoff. Cette dernière reprend des techniques de collage des années folles à Berlin mais elle est inspirée de différentes chansons populaires que le compositeur avait entendues pendant son enfance à Prague. C’est une partition que je voulais absolument faire découvrir.

Une MAMMA si émoustillante

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Au cœur d’une petite ville de la province italienne, nous voilà dans un théâtre à l’abandon, que l’on a transformé en parking, où accourt une élégante femme à lunettes noires transportant une montagne de cabas ; c’est ainsi que le metteur en scène Laurent Pelly nous présente Le Convenienze ed Inconvenienze teatrali que Gaetano Donizetti avait fait jouer au Teatro della Cannobiana de Milan le 20 avril 1831, quatre mois après la création d’Anna Bolena au Teatro Carcano.

Une Chauve-Souris festive à Lausanne

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En ombres chinoises, se profile Vienne, la cité impériale avec sa Grande-Roue au Prater. Devant une haute maison en forme de tour qu’escalade un ténor hurlant à tue-tête son amour, est projeté un message-invitation du Dr Falke à Gabriel von Eisenstein, tandis qu’un acrobate chauve-souris se jette dans le vide. C’est ainsi qu’Adriano Sinivia présente cette Fledermaus (chantée en allemand avec les dialogues parlés en français) aussi déjantée que sa Cenerentola de l’automne 2015, en se mettant dans la peau d’un Falke ridiculisé par son accoutrement de mammifère volant, qui ne songe qu’à se venger de son compère.

Caroline Casadesus est la Voix Humaine

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Si la Voix Humaine de Poulenc est bien connue par sa version orchestrale, elle est encore une rareté dans sa version piano/chant. C’est le grand intérêt d’un nouveau DVD qui propose cette oeuvre par Caroline Casadesus et Jean-Christophe Rigaud, dans une mise en scène de Juliette Mailhé sous les caméras de François Manceaux. Caroline Casadesus nous explique les particularités et l’intérêt de cette version.    

Anna Caterina Antonacci en récital à La Monnaie.

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La saison des récitals de chant à la Monnaie nous apportait l’une des grandes chanteuses de notre époque dans un programme d’une rare intelligence qui explorait un axe franco-italien : Ottorino Respighi, Martucci, Nadia Boulanger et Ernest Chausson. Même si Anna Caterina Antonacci n’est pas l’une des plus présentes sur la scène bruxelloise (ses apparitions s’y limitaient alors à trois récitals et trois opéras en version de concert), elle avait drainé un public érudit et concentré.

Ravel à Noël avec le Belgian National Orchestra

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Depuis quelques années, le concert de Noël de l’Orchestre National de Belgique (Belgian National Orchestra comme il faut dire désormais) est devenu l’un des évènements de la saison, permettant à toutes les générations de mélomanes, et surtout aux nombreux enfants présents, de se réunir autour d’une oeuvre musicale festive et joyeuse. Après Casse-noisette l’an passé, c’est au tour de l’Enfant et les sortilèges de Ravel d’être au menu de ce concert un peu particulier.

Mon Casse-Noisette, selon Béjart

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Sur la gauche se dresse un sapin de Noël maigrichon, avec quelques boules et guirlandes éparses, qui semblent avoir survécu aux années précédentes ; un enfant est assis tristement devant l’arbre, car sa mère est morte quand il avait sept ans. Miracle : sous les traits d’Elisabet Ros, elle réapparaît tout à coup en déposant à ses pieds un petit cadeau. C’est ainsi que se présente ce Casse-Noisette revisité par Maurice Béjart qui le produisit pour la première fois au Teatro Regio de Turin le 4 octobre 1998, et que reprennent, vingt ans plus tard, Gil Roman et le Béjart Ballet Lausanne au Théâtre de Beaulieu.

La Belle Hélène dans les visées de la mission « beauté fatale » à Nancy

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Chaque production de La Belle Hélène est si attendue par les amoureux de Jacques Offenbach qu'elle représente un défi pour tout metteur en scène. Comment présenter cette opérette archi-connue sans tomber dans la banalité ou la vulgarité, tout en proposant une lecture neuve et amusante ? La parti pris de Bruno Ravella à l’Opéra National de Lorraine (jusqu'au 23 décembre) est de jouer avec la surperficialité, l’hypocrisie d’un pouvoir déconnecté de la réalité et qui cultive sa futilité, en s'appuyant sur des situations identifiables pour le public d’aujourd’hui.