Rencontres

Les rencontres, les interviews des acteurs de la vie musicale.

Jean-Pierre Armengaud : D’Indy au piano !

par

Hérault de la musique pianistique française avec ses intégrales Satie, Debussy et ses nombreux enregistrements consacrés à Roussel, Poulenc, Louis Aubert,… Jean-Pierre Armengaud publie un enregistrement consacré à Vincent d’Indy (Grand piano) avec rien moins que sa redoutable Sonate pour piano, partition d’une durée de quarante-cinq minutes. Jean-Pierre Armengaud revient sur ce projet et la place de d’Indy dans la musique française.

Comment avez-vous conçu le projet d’enregistrer un album centré sur ces œuvres de Vincent d’Indy ?

C’est d’abord le souci de rendre justice (avec d’autres, je l’espère…) à une des rares grandes sonates de la musique française pour piano et, je le pense, à une des meilleures œuvres pour l’instrument. Dans l’entourage d’Yves Nat, où j’ai étudié, d’Indy était considéré comme un des grands maîtres de notre musique, bien que la plus grande partie de son œuvre soit méconnue, emportée par le cataclysme de la guerre de ‘40 et le vent des nouvelles idéologies musicales. J’ai failli plusieurs fois jouer la Symphonique « concertante » sur un chant montagnard français », mais l’un des orchestres a préféré me demander de jouer les Variations symphoniques plus célèbres de son maître César Franck…

Marc Bouchkov, lauréat du Concours Tchaïkovski de Moscou 

par

Notre compatriote Marc Bouchkov vient de remporter le second prix au prestigieux Concours Tchaïkovski de Moscou. Professeur au Conservatoire royal de Liège, ce brillant violoniste ne cesse de s’affirmer par un parcours sans faute.  

Toutes nos félicitations ! La première question est assez peu originale : comment vous sentez-vous après cette deuxième place au Concours Tchaikovski ? 

Merci beaucoup ! Je suis incroyablement fier d’avoir pu surmonter les étapes de cette énorme épreuve, et surtout d’avoir décidé de me préparer sérieusement pour ce défi depuis quelque temps maintenant ! 

 Le concours Tchaïkovski est l’un des très grands concours mondiaux. Comment avez-vous ressenti les attentes du public moscovite et mondial, car le concours est diffusé sur tous les continents par le biais d’Internet ? 

Je dois dire que j’étais absolument impressionné par le public moscovite ! Il me saluait et me remerciait de la façon la plus chaleureuse qui soit... J’étais touché jusqu’aux larmes de voir les jeunes de tous âges venir m’écouter et venir me parler de musique après. C’était une expérience inoubliable. La même chose se passait sur internet, tellement de gens se sont intéressés au concours et m’ont communiqué leur sympathie en me supportant ! Des amis, des collègues, mais aussi des inconnus ! C’était incroyable !

Susanna Mälkki, Bartók, Sibelius et Helsinki 

par

Directrice musicale de l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki et cheffe invitée principale de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, Susanna Mälkki fait l’événement avec la parution d’un disque exceptionnel consacré à des oeuvres de Bartók pour le label suédois Bis (récompensé d’un Joker de Crescendo Magazine). Alors qu’elle sera en concert en Belgique en octobre prochain, dans le cadre de la Présidence finlandaise de l’Union Européenne, la cheffe répond aux questions de Crescendo Magazine. 

Vous venez d’inaugurer une série d’enregistrements dévolus à des partitions de Béla Bartók. Pouvez-vous nous parler de ce projet ? 

Il s’agit de la conjonction de plusieurs éléments dont l’addition heureuse débouche sur ce projet. En premier lieu, je dois mentionner mon profond amour pour la musique de Bartók et le sentiment qu'il y a encore du travail à faire pour faire connaître son génie musical ! J'étais si heureuse que le label Bis partage ce même ressenti lorsque nous avons parlé d’un répertoire à enregistrer... Deuxièmement, ce sont mes premiers enregistrements avec l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki ; travailler dans la perspective d’une série faisait sens. Je peux vous annoncer qu’il y aura ainsi trois enregistrements dévolus aux oeuvres de Bartók. Enfin, ces partitions permettent à l'orchestre de briller réellement et elles sont également importantes dans l'histoire de la musique.

Comment voyez-vous la place de Bartók dans l'histoire de la musique ? 

Je pense que son temps viendra et il sera reconnu comme un des plus grands. Mon impression est que le grand public pense encore que sa musique est trop ”moderne” pour lui, mais sa musique a tellement de profondeur, de jouabilité, de virtuosité ou de musicalité pure qu’elles seront les pierres angulaires du répertoire du XXe siècle.

Est-ce qu’il y a un lien entre Bartók et Sibelius ?

Je pense qu'il est intéressant d’envisager ces deux compositeurs comme des artistes de leur époque qui étaient parfaitement conscients de ce qui se passait mais qui ont choisi de rester originaux, de rester fidèles à leur propre langage musical et de le faire évoluer à partir de leur propre idiome. Et malgré cela -ou précisément à travers cela- ils ont tous deux grandement contribué à l'évolution de la musique classique et orchestrale -Bartók avec l’harmonie et le rythme, et Sibelius avec l’architecture et la forme.

Bechara El-Khoury et sa musique pour piano 

par

Si l’on connaît bien la musique pour orchestre du grand compositeur franco-libanais Bechara El-Khoury, régulièrement programmée et enregistrée par des chefs comme Paavo Järvi, Daniele Gatti, Daniel Harding et bien d’autres, on connaît moins sa musique pour piano, pourtant essentielle dans son oeuvre. À l’occasion de la parution d’une anthologie, sous les doigts du pianiste Giacomo Scinardo (Naxos), Crescendo Magazine s’entretient avec le compositeur. 

On vous connaît plutôt comme compositeur de musique symphonique, mais la musique pour piano est également importante pour vous. Pourquoi ?

Depuis mon enfance, j'ai toujours été attiré par le grand orchestre symphonique ! Cela me faisait rêver et me procurait un plaisir inouï ! Bien sûr, j'aimais aussi beaucoup le piano car j'ai commencé à l'apprendre à l'âge de six ans. D'ailleurs, à douze ans j'avais écrit deux concertos pour piano et orchestre et quatre autres ont suivi jusqu'à l'âge de seize ans et bien entendu, ils ne sont pas repris dans mon catalogue, comme mes huit symphonies de l'époque.

Qu’est-ce que le piano peut rendre comme expression ou couleurs que  l’orchestre ne permet pas ?

Le piano solo est plus intime à mon avis et je constate qu'en général ma musique pour piano est parfois plus évoluée que ma musique pour orchestre !

Yoann Tardivel, l’organiste qui fait redécouvrir Saint-Saëns

par

L’organiste Yoann Tardivel nous offre un album dédié à la musique pour orgue de Camille Saint-Saëns (Editions Hortus). Après un disque dédié à César Franck, le musicien nous fait découvrir un pan entier encore trop méconnu de l’oeuvre de ce compositeur.   

Après des oeuvres de César Franck, votre nouvel album est dédié à Camille Saint-Saëns ? Pourquoi ce choix ?  

C’est justement en travaillant au disque consacré aux 3 Chorals de Franck que j’ai découvert la musique d’orgue de Camille Saint-Saëns. J’ai longtemps pensé que l’œuvre d’orgue de Franck n’avait aucun équivalent dans le répertoire romantique français. Le fait que son œuvre ait été à tel point sanctuarisée par des générations d’organistes accentue évidemment cette impression. Pendant les années où Franck conçoit les pièces d’orgue op 16 à 21, (un véritable événement dans notre répertoire!), Saint-Saëns était organiste à l’église de la Madeleine à Paris, et une personnalité importante du monde de l’orgue et pourtant alors qu’il est un compositeur a priori plus populaire que Franck, son œuvre d’orgue n’a pas réellement fait son chemin aux travers des décennies. Après avoir travaillé sur ce répertoire, je pense que de rapprocher cet alpha et cet oméga de la musique romantique est important pour bien cerner le développement de l’orgue romantique français tout autant qu’un certain nombre d’aspects propres à la nature de son répertoire.

Qu’est-ce que ces oeuvres nous apprennent sur l’art de Saint-Saëns ?

En dépit d’une grande cohérence de langage, les sources d’inspirations de la musique de Saint-Saëns sont multiples. L’histoire de l’orgue étant d’une grande richesse, cet aspect prend une certaine dimension avec cette partie de son catalogue. On peut trouver autant ses amours de jeunesse, comme Mendelssohn, que son amour intarissable pour Mozart, par exemple au début de l’Allegretto des Sept improvisations qui s’apparente aux lignes si pures que Mozart pouvait offrir dans sa musique sacrée. Dans la deuxième Fantaisie, une sorte de rêverie lisztienne précède une fugue relativement sévère et dans la troisième Fantaisie, c’est une guirlande presque debussyste qui précède une imitation de quatuor dont les lignes rappellent la musique de son élève Fauré. C’est cette étonnante diversité qui, pour moi, fait le prix de sa musique et qui confère, même à des œuvres de la toute fin de sa vie, une inaltérable impression de fraîcheur.

Camille de Rijck, directeur de collection

par

Figure incontournable de la chaîne radiophonique RTBF Musiq3, Camille de Rijck est également à la tête, avec Sylvain Fort, d’une nouvelle initiative éditoriale en matière de livres sur la musique aux Éditions Papiers Musique. À l’occasion de la sortie des trois premiers titres de la collection “Via Appia”, il revient sur la genèse et l’ambition de ces parutions. Cet entretien est également l’occasion d’évoquer le site internet ami Forumopera dont Camille de Rijck est le co-fondateur et qui célèbre cette année ses 20 ans.  

Vous lancez, avec votre compère Sylvain Fort, la collection “Via Appia” aux Éditions Papiers Musique du groupe Humensis. La première question est tout simplement : pourquoi lancer une nouvelle collection de livres ? Quel sera son ADN ?

Nous avons constaté une raréfaction de la parole musicale dans la presse papier et dans le domaine de l’édition. La crise économique qui frappe très sévèrement les différents acteurs culturels en est évidemment l’une des causes. Quand le groupe Humensis nous a proposé de travailler à plusieurs collections, il n’a pas fallu très longtemps pour qu’une ritournelle d’envies nous saisisse. L’une d’elles consiste à donner la parole aux musiciens (collection Grand Socco), l’autre se concentrera sur les villes et la musique (collection Via Toledo) et la troisième, celle que vous évoquez (Via Appia), est une collection ouverte aux musicographes. Ceux qui commentent la musique à distance respectueuse. Voilà pour l’ADN. Le reste est une page blanche.

Maestro Speranza Scappucci

par

Directeur musical de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, Speranza Scappucci s’est imposée comme l’une des cheffes d’orchestre les plus demandées dans le domaine de l’opéra. Entre Washington, Dresde et avant Toronto, Vienne ou Paris, la musicienne dirige ses troupes liégeoises dans « I Puritani » de Bellini.

Vous dirigez actuellement "I Puritani" de Bellini à l’opéra de Liège. Dans ce type d’oeuvre de bel canto, on a souvent l’idée (sans doute à tort) que les parties d’orchestre sont peu intéressantes à l’inverse des parties chantées. Qu’en pensez-vous ?

Dans tous les opéras de Bellini, ou d’ailleurs de Donizetti, les accompagnements de l’orchestre sont très importants, car c’est à travers les couleurs et la manière de phraser que l’on donne les impulsions aux chanteurs. C’est beaucoup plus difficile de bien jouer, et de jouer de manière expressive, un triolet chez Bellini qu’une cascade de notes dans un autre répertoire ! Les solistes de l’harmonie et les cuivres sont aussi très exposés.

À Liège, nous présenterons une version pratiquement sans coupures, et avec beaucoup de variations écrites par les chanteurs ou par moi-même. En outre, nous respecterons les finales des différents numéros telles qu’écrites par Bellini lui-même, avec la possibilité de chanter des notes très aiguës sur les accords de dominante, mais pas sur les toniques à la fin des numéros (ce que l’on appelle en italien des puntature in su).

Anneleen Lenaerts, harpiste

par

Concertiste et harpiste des Wiener Philharmoniker, notre compatriote Anneleen Lenaerts vole de succès en succès. Après une tournée des Wiener Philharmoniker sous la direction de Mariss Jansons, elle se rendait à Bogota pour une série de concerts. Entre temps, elle répond aux questions de Crescendo-Magazine.  

Votre nouvel album pour Warner est consacré à Nino Rota ? Pourquoi avez-vous choisi ce compositeur ?

Mon premier contact avec la musique de Nino Rota fut la “Sarabanda e Toccata” pour harpe solo. C’est une pièce assez connue et importante dans le répertoire de la harpe. Elle est très souvent demandée lors des concours car c’est une très belle pièce qui montre l’instrument sous toutes ses facettes : lyrique, chantant, rythmique et dansant. J’ai découvert ensuite ses pièces de musique de chambre et même un concerto, qui n’est presque jamais joué. Nino Rota est un grand compositeur, mais comme vous le savez sa notoriété repose plus sur ses célèbres musiques de films que sur ses compositions “classiques”. Ces dernières sont pourtant largement majoritaires dans son legs ! Consacrer un album à l’intégrale de sa musique pour et avec harpe m’a semblé être une bonne idée pour le mettre en valeur.  

Vous avez complété ce disque avec quelques extraits de ses célèbres musiques de film. Êtes-vous une cinéphile ?

J’aime bien regarder des films, mais le choix de ces extraits était plutôt porté par l’idée de réaliser un portrait complet du compositeur Nino Rota et ne pas montrer seulement son côté “classique”. Les extraits sont des transcriptions pour harpe et cordes qui pourront s’ajouter au répertoire des harpistes. Pour préparer le disque, j’ai naturellement visionné avec grand intérêt The Godfather et d’autres films de Fellini. J’ai même pris un abonnement Netflix, grâce à cet enregistrement.

Alexandra Conunova, violoniste polyglotte et engagée

par

Alexandra Conunova

Lauréate des concours Tchaïkovski de Moscou et Joachim de Hanovre, élève de Renaud Capuçon, Alexandra Conunova est l’un des grands talents émergents de notre époque. Parlant sept langues, cette jeune musicienne aime les défis et défricher des pans inconnus du répertoire violonistique. Alors qu’elle prend part à deux parutions discographiques consacrées à Ludwig van Beethoven et Jean-Pascal Beintus, Alexandra Conunova répond aux questions de Crescendo-Magazine  

Vous êtes originaire de Moldavie, vous résidez en Suisse et vous parlez 7 langues. Est-ce que vous vous définissez comme une citoyenne du monde ? La notion d'identité est-elle importante pour vous ?

En menant une vie de soliste, je suis bien évidement et surtout une citoyenne du monde. L’affirmer peut sembler banal mais c’est la vérité ! Je suis originaire d’une famille russophone de Moldavie, j’ai étudié en Allemagne et maintenant je réside en Suisse...J’ai l’énorme chance de vivre dans une époque qui offre la possibilité de voyager partout et le fait de parler sept langues me permet de me sentir bien où je vais. Mais au plus profond de moi je me sens Moldave, je suis fière de mon pays, de sa culture, de ses coutumes et de ses habitants. Mon pays me manque toujours, mais je suis très touchée et reconnaissante par l’accueil que l’Europe m’a réservée à mes débuts en 2004 lors d’un concert à Vienne. Pour moi, il est extrêmement important de ne jamais oublier ses origines mais je considère que l’identité se construit au long de toute une vie.

Vous êtes en soliste de l'enregistrement de la “Suite de concert sur le Petit prince d’après Antoine de Saint-Exupéry” de Jean-Pascal Beintus (21 Music). Comment incarne-t-on musicalement un tel personnage “légendaire” de la littérature ? Est-ce qu’il faut garder son âme d’enfant pour être le Petit prince au violon ?

Depuis toute petite, j’ai une imagination assez débordante qui m’emmenait très loin, parfois trop loin ! Ce fut absolument magique d’incarner musicalement le personnage du Petit prince pour lui donner une vie à travers les notes ! Il est vrai que dans le monde parfois impersonnel et froid d’aujourd’hui, il nous est difficile de garder ou faire ressortir la part d’enfant qui vit encore en nous. Mais en étant maman d’un garçon de 7 ans, je retrouve mon esprit rêveur en lui lisant les contes, et notamment le Petit prince. Je fais le voyage imaginaire dans le temps et je me laisse emporter par les émotions qui s’éveillent en moi. Pour la “Suite de concert sur le Petit prince” d’après Antoine de Saint-Exupéry” de Jean-Pascal Beintus, j’étais éblouie par la précision et la manière dont le compositeur a su trouver les rythmes, les harmonies, et utiliser les instruments pour décrire les personnages en musique.

François-Xavier Roth, Mahler, Ravel et Les Siècles

par

François-Xavier Roth est l’un des chefs d’orchestre les plus demandés de notre époque. Fondateur de l’orchestre Les Siècles, il est directeur musical de l‘Orchestre du Gürzenich de Cologne alors qu’on le retrouve, privilège rare pour un chef français, régulièrement au pupitre du Philharmonique de Berlin, du Royal Concertgebouw d’Amsterdam ou du Boston Symphony Orchestra. Après avoir renouvelé l’approche de toute une partie de la musique française avec Les Siècles, il emmène ses musiciens dans un voyage mahlérien avec Titan Eine Tondichtung in Symphonieform (Hambourg-Weimar, édition de 1893-1994) l’une des versions de la Symphonie n°1. François-Xavier Roth et les Siècles enregistrent ainsi en première mondiale la nouvelle édition de Reinhold Kubik et Stephen E.Helfing pour Universal Edition Wien.  

Vous aviez déjà enregistré la Symphonie n°1 de Mahler avec le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg (SWR Music Hänssler/classic), qu’est- ce qui vous poussé à enregistrer à nouveau cette oeuvre au pupitre des Siècles mais dans cette nouvelle édition de Reinhold Kubik et Stephen E.Helfing ?

C’était pour moi un désir assez prononcé de pouvoir donner Mahler sur instruments d’époque, ce qui n’a pas été tellement fait. Bien naturellement, je souhaitais réaliser cette aventure avec les Siècles en commençant logiquement par la Symphonie n°1. Par ailleurs, j’avais été informé du travail d’Universal Edition Wien sur la version 1893-94 “Titan” Eine Tondichtung in Symphonieform de la Symphonie n°1 et notre enregistrement correspondait à la parution de cette nouvelle édition et de son matériel d’orchestre. J’ai donc été en contact, assez tôt, avec l’équipe scientifique qui oeuvrait à finaliser ce projet. La concordance de tous ces aspects a permis la réalisation de cet album.