Augusta Holmès, compositrice

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Comment un entourage artistique de qualité peut-il soutenir une jeune fille du XIXe siècle, douée et courageuse qui deviendra, entre autres, une remarquable compositrice ? C’est ce que va démontrer Augusta Holmès (16 décembre 1847-28 janvier 1903) qui, encore adolescente, a reçu cet acrostiche du poète romantique français et écrivain cosmopolite, Anne Louis Frédéric Deschamps de Saint Amand connu sous le nom d’Émile Deschamps (1791-1871) :

A u banquet des Elus, qui donc vient prendre place ?

U ne artiste, une Muse, émule d’Apollon 

G lorieuse et brillante étoile du Parnasse

U ne fière beauté, sage comme Solon

S ans morgue, sans envie, un cœur d’or sans paillon

T ous les dons en partage. Heureuse destinée !

A ugusta, c’est bien toi… Nous t’avons devinée. 

Émile Deschamps et son épouse, installés à Versailles, tiennent salon dès 1845. Ils y reçoivent le gratin de la culture française dont Alfred de Vigny (1797-1863), Théophile Gautier (1811-1872), Victor Hugo, Alfred de Musset, Alphonse de Lamartine, Hector Berlioz, Eugène Delacroix. Après le décès de sa femme, Émile continue à recevoir poètes et musiciens parmi lesquels la jeune Augusta Holmès qui l’appelle son « cher et illustre maître »  .

La fréquentation de salons et sociétés artistiques et les lauriers tressés par Émile Deschamps auront une influence capitale sur la vie d’Augusta qui ne ménagera pas ses efforts pour arriver au but qu’elle s’est fixé : jouer ses propres œuvres. Pour une femme de l’époque, c’était une vraie gageure.

La devise qu’elle s’est choisie est « Augusta per angusta » qui vient de la locution latine « Ad augusta per angusta » soit « Vers les sommets par des chemins étroits ». 

Plus tard, dans son recueil Harmonie et Mélodie publié en 1885, Camille Saint-Saëns (1835-1921) écrira : « Comme les enfants, les femmes ne connaissent pas d’obstacles et leur volonté brise tout. Mademoiselle Holmès est bien femme, c’est une outrancière. »

Famille

Patricia Augusta Mary Anne Holmes est née à Paris le 16 décembre 1847.

Son père, Charles William Scott Dalkeith Holmes (Youghal, le 17 juillet 1797-Versailles, le 19 décembre 1869) est né à Youghal, un port du comté de Cork en Irlande. Encore adolescent, il rejoint l’armée comme ses ancêtres et, à l’âge de 18 ans, il aurait servi comme subalterne dans le régiment de cavalerie britannique, les Dragons légers (Light Dragoons), lors de la bataille de Waterloo. Il devient Officier irlandais, quitte l’armée avec le grade de Capitaine et est aussi connu sous le nom de Major Dalkeith Holmes. Au début du XIXe siècle, il revend ses biens, s’installe en France et épouse, en 1827, Tryphina Anna Constance Augusta Shearer (1811-Paris 1858), issue des clans McGregor d’Ecosse et O’Brien d’Irlande. Celle-ci, d’une grande beauté, s’intéresse aux lettres et aux arts. Elle compose des poésies anglaises, s’adonne à la peinture et tient salon à Paris, rue Neuve de Berry. Elle y reçoit notamment Alfred de Vigny et des admirateurs de ce dernier, Auguste Barbier, Robert Burns, Émile Deschamps…*

Hopper plays Slinckx : ovation pour une musique jubilatoire

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Pierre Slinckx, ce soir joué par l’Ensemble Hopper pour la release party de son nouvel album, h#1|2|3|4, invité par Ictus (qui lui-même squatte) chez une copine, au Rosas’ headquarters, la salle de danse de la compagnie d’Anne Teresa De Keersmaeker à Bruxelles, a un peu le trac (« je préfère l’avoir avant plutôt que pendant ») en regardant les rangées de chaises, alignées sur le revêtement qui protège le plancher de la salle de répétition, se remplir rapidement, dans le joyeux brouhaha de ceux qui se retrouvent, encore appuyé par les conversations des fumeurs ou de ceux qui profitent de l’air frais (les uns n’empêchent pas les autres) de l’autre côté de la porte-fenêtre, sur la pelouse au-delà de laquelle on aperçoit les caténaires de la ligne de chemin de fer. Peut-être sont-ce les auditeurs habitués des « Ictus Invites », peut-être est-ce l’âge du compositeur (34 ans), sa musique mixte qui flirte ouvertement avec l’ambient décliné dans ses années charnières chez Obscure Records, le minimalisme américain et l’électronique, ou alors la présence du bar dans la salle, en tout cas le public est plus jeune que celui des habituels lieux qui accueillent la musique écrite -et c’est un plaisir de ressentir la vie vibrer dans ce rectangle de béton et de bois, dont je me demande un instant comment il va résonner avant de me concentrer sur ce drôle d’instrument qui, avec l’ordinateur de Slinckx, fait le duo de la première partie.

Un délicat Quatuor avec piano et une transcription de la Symphonie pastorale, par un contemporain de Beethoven

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Michael Gotthard Fischer (1665-1697) : Quartette pour le pianoforte avec accompagnement de violon, alto et violoncelle. Sinfonie Pastorale de Louis van Beethoven arrangée en sestetto. Parnassus Akademie. Julia Galić, Tvrtko Galić, violon. Madeleine Przbyl, Bertram Jung, alto. Michael Groß, Hugo Rannou, violoncelle. Johann Blanchard, piano. Livret en anglais, français, allemand. Janvier 2021. TT 67’33. MDG 603 2221-2

Le concours Svetlanov à Monte-Carlo

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La cinquième édition du Concours de direction d’orchestre  Evgeny Svetlanov faisait escale à Monte-Carlo, sous le Haut Patronage de S.A.R la Princesse Caroline de Hanovre et avec la complicité de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et de Kazuki Yamada, son directeur musical et artistique.

Le jury de cette édition 2022 était présidé par le maestro  Pinchas Steinberg.  A ses côtés :  les chefs Kazuki Yamada et Dmitri Liss, Daishin Kashimoto, Konzertmeister de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, Tatjana Kandel, déléguée artistique de l'Orchestre National du Danemark, Anthony Fogg, administrateur artistique de l'Orchestre Symphonique de Boston et directeur du Festival de Tanglewood, David Whelton, ex-directeur du Philharmonia Orchestra de Londres et à l'heure actuelle directeur artistique du Klosters Music Festival ainsi que René Koering, l’un des personnages majeurs  de la vie musicale en France. 

18 candidatures ont été retenues pour se présenter au premier tour sur les 330 dossiers envoyés. Le concours est comme un saut dans le grand bassin d’une piscine : aucune répétition avec l’orchestre pour les candidats. Saluons par ailleurs le travail de “l’homme invisible de ce concours”, le remarquable chef David Molard Soriano, fondateur de l'Orchestre des Jeunes d'Ile de France, qui a préparé l’OPMC en amont du concours afin de  passer en revue toutes les oeuvres  qui sont jouées au Concours et offrir un maximum de confort et de sécurité aux concurrents.

A Genève, l’adulation de Frank Peter Zimmermann 

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‘Un final réjouissant’, ainsi est intitulé le dernier concert de la saison 2021-2022 de l’Orchestre de la Suisse Romande. Sous la direction de Jonathan Nott, l’artiste en résidence en a été le violoniste Frank Peter Zimmermann qui, en trois soirées, nous a présenté des pages aussi rares que la Première Rhapsodie de  Béla Bartók   la Suite Concertante de Bohuslav Martinů  et le Concerto en ré mineur de Robert Schumann. 

Mais c’est par un ouvrage célèbre, le Concerto en ré majeur op.77 de Johannes Brahms que s’est achevé ce cycle le mercredi 9 juin. Confronté à un tissu orchestral d’une épaisseur consternante qui souscrit à la grosse artillerie en laissant les vents ignorer toute indication de nuance, le soliste tire son épingle du jeu en imposant progressivement un grain pathétique qui retient ses élans pour modeler un cantabile suave imprégné de poésie intimiste. Une technique à toute épreuve lui permet de négocier les traits échevelés de la première cadenza, de nourrir d’un lyrisme généreux l’Andante médian et d’imprégner le Final d’une impétuosité alla zingara qui deviendra effervescente dans la coda. Le public ne s’y trompe pas en faisant fête au violoniste qui, en bon prince souriant, enchaîne deux pages lentes de Bach en faisant chanter les doubles cordes.

Trompette et piano à l’honneur d’un programme de concertos modernes

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes en ut mineur Op. 35. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Concerto pour trompette et orchestre en si bémol majeur Op. 94. André Jolivet (1905-1974) : Concertino pour trompette, orchestre à cordes et piano. Selina Ott, trompette. Maria Radutu, piano. Dirk Kaftan, Orchestre symphonique de la Radio de Vienne. Novembre 2020. Livret en anglais et allemand. TT 60’44. Orfeo C220011

Les huit grandes Suites de Haendel : la performance de Francesco Corti

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Suites en la majeur, fa majeur, ré mineur, mi mineur, mi majeur, fa dièse mineur, sol mineur, fa mineur HWV 426-433. Ouvertures de Il Pastor Fido, Teseo, Radamisto, Rodelinda HWV 8, 9, 12, 19. William Babell (c1689-1723) : Prelude ; The Overture from Rinaldo ; Lascia ch’io pianga from Rinaldo [Suits of the Most celebrated Lessons - First set en fa majeur]. Francesco Corti, clavecin. Livret en anglais, français, italien. Février 2021. TT 69’26 + 77’14. Arcana A499

Premiers concerts du 36e Festival Piano à Riom

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La 36e édition du Festival Piano à Riom s’est ouverte le 1er juin sous la direction artistique de la pianiste franco-hongroise Suzana Bartal. Dédié au piano et à la musique de chambre, le festival élargit cette année son champ et propose des concerts de musique baroque, du jazz et du lyrique, avant de revenir au piano « pur » avec le récital de clôture par Philippe Cassard le 22 juin.

A la tête de cette manifestation depuis 3 ans, Suzana Bartal a dû jongler, dans ses précédentes éditions, avec les restrictions dues à la pandémie ; la dernière édition s’est déroulée avec les jauges réduites, entre deux fermetures des lieux de culture. Ainsi, le 1er juin dernier, à la présentation du premier concert à la Salle Dumoulin, elle s’exclame : « C’est la première fois que je vois le public sans masque ! », remarque accueillie par de grands applaudissements joyeux.

Le Festival commence avec un trio, assuré par le violoniste Daniel Rowland, la violoncelliste Maja Bogdanovic et Suzana Bartal, dans un programme Brahms (Trio n° 2 op. 87), Schubert (Trio D. 929). Entre ces deux chefs-d’œuvre, une composition de Peteris Vasks, Castillo Interior. Cette dernière pièce, publiée en 2015 et créée par Patricia Kopatchinskaya et Sol Gabetta au Festival Schleswig-Holstein (Allemagne), est empreinte d’une grande spiritualité. Entre les deux instruments -le violon joue souvent en double corde-, la proximité du timbre et parfois des tessitures est confondante et on se perd dans la magie sonore de Vasks : on ne sait quelle note vient de quel instrument. Les deux interprètes sont fusionnels dans cette musique « mystique » d’une étonnante beauté, et de cette fusion se dégage une lancée sonore quasi céleste, malgré l’acoustique très sèche de la salle. La sécheresse ne joue malheureusement pas en faveur de deux Trios germaniques qui auraient révélé davantage leurs dramaturgies musicales dans une résonance plus riche. Malgré ces conditions, les trois musiciens ne se désemparent pas et se donnent corps et âme, chacun(e) dans son champ de virtuosité et de méditation, recueillant une adhésion générale de l’auditoire.

Marc Geujon : un superbe panorama international de la trompette concertante

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Proclamation. Ernest Bloch (1880-1959) : Proclamation pour trompette et orchestre ; Alexander Arutiunian (1920-2012) : Concerto en la bémol majeur pour trompette et orchestre ; Jacques Hétu (1938-2010) : Concerto opus 45 pour trompette et orchestre ; John Estacio (né en 1966) : Concerto pour trompette et orchestre. Marc Geujon, trompette. Orchestre symphonique de Mulhouse, Jacques Lacombe. 2020. Livret en français et en anglais. 60’33. 1 Indesens. INDE159