Rome, 1709 : Haendel affronte Scarlatti aux claviers. Brillant hommage sous les doigts de Cristiano Gaudio

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Händel vs Scarlatti. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Toccatas I, VI, IX, XI [ms de Bergame] ; Sonate en sol mineur HWV 580 (sic, et non 478) ; Suite no 2 en fa majeur HWV 427 ; Chaconne en sol majeur HWV 435 ; Adagio de la Sonate pour violon X en la majeur HWV 372 (transcr.). Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates K. 32, 33, 43, 53, 58, 64, 69, 82, 84, 86. Cristiano Gaudio, clavecin. Livret en français, anglais. Août 2020. TT 71’15. L’Encelade ECL 2003

A l’OSR, le Juan Diego Flórez Show 

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Depuis plusieurs décennies, l’Association genevoise des Amis de l’Orchestre de la Suisse Romande organise un Concert de l’An qui, après le report de la saison dernière, peut, cette fois-ci, se dérouler normalement dans un Victoria Hall comble jusqu’au moindre strapontin. La raison en est assurément la venue de Juan Diego  Flórez, idolâtré par une large partie du public local, qui a la chance de dialoguer avec  Daniel Harding, jouant le jeu d’accompagner la vedette médiatisée.

Pour ma part, j’ai assisté aux débuts du ténor à Pesaro en août 1996 alors qu’il remplaçait au pied levé Bruce Ford dans le rôle de Corradino lors de la première exhumation in loco de Matilde di Shabran. Certes, depuis ce moment-là, se sont écoulées vingt-cinq années d’une carrière sans répit. Le timbre a perdu de son éclat, la coloratura est moins précise, l’émission est entachée de nasalité ; mais le phrasé, inlassablement travaillé, est beaucoup plus expressif qu’à l’époque, tandis que la souriante présence actuelle relègue aux oubliettes la raideur des premiers pas.

Les feux s’ouvrent avec Rossini et l’ouverture d’Il Barbiere di Siviglia dont Daniel Harding assouplit la lecture en cultivant les contrastes d’éclairage et en imprégnant le cantabile d’un pianissimo raffiné, avant de conclure par une stretta ébouriffante. Le chanteur se met au même diapason en jouant de subtiles demi-teintes dans la scena « Deh ! Tu m’assisti amore » extraite d’Il Signor Bruschino et dans « La speranza più soave », la grande aria d’Idreno au second acte de Semiramide, où le coloris se renforce dans la cadenza tout en se fluidifiant dans les passaggi de la cabaletta. L’Orchestre de la Suisse Romande s’attaque ensuite à l’ouverture de Guillaume Tell que le chef conçoit d’abord comme une page de musique de chambre qui met en exergue la musicalité remarquable du violoncelliste solo Léonard Frey-Maibach dialoguant avec les cordes graves ; un pianississimo empreint de mystère s’innerve rapidement d’une énergie frémissante qui provoque un terrifiant orage puis sous-tend le discours du cor anglais ornementé par les flûtes et le final éclatant. Juan Diego Flórez revient en orientant, dès lors, son programme vers les emplois de lirico spinto. Avec une remarquable technique d’appui sur le souffle, il livre, dans un legato souverain, deux pages de Donizetti, le célèbre « Una furtiva lagrima » de L’Elisir d’amore et le tout aussi sublime « Angelo casto e bel » d’Il Duca d’Alba, précédé de son récitatif rongé par le désarroi.

Sage portrait d’un romantique silésien, sur le rare et délicat orgue de Jawor

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Ernst Köhler (1799-1847) : Praeludium F dur (Kothe I-1) und Fuge F Dur (Kothe I-8) ; Einleitung zu C. H. Graun‘s Tod Jesu Op. 15 (Kothe; I-11) ; Fantasie über Halleluja aus G. F. Händel‘s Messias (Kothe II-33) ; Ausführung des Chorals Wie schön leuchtet‘ uns (Kothe I-16) ; Fugirtes Praeludium A moll. Von Gott will ich nicht lassen (Kothe I-7) ; Ausführung des Chorals Von Gott will ich nicht lassen (Kothe I-14) ; Fantasie über ein Thema aus Messias von G. F. Händel (Kothe II-24) ; Variationen über die österreichische Volkshymne (Kothe II-30) ; Praeludium E moll und Fuge E dur (Kothe I-5) ; Praeludium zur Trauerfeierlichkeit A moll Op. 68 no2 (Kothe I-3) ; Fantasie über den Chor Die Himmel erzählen die Ehre Gottes aus der Schöpfung von Josef Haydn (Kothe II-26) ; Praeludium zu einer Festlichkeit D dur (Kothe I-4). Marek Toporowski, orgue de l’église de la paix à Jawor. Livret en polonais, anglais, allemand. Septembre 2020. TT 71’36. Dux 1710

Antonio Vivaldi avec Francisco Fullana

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Antonio Vivaldi (1678-1741) : Les Quatre Saisons - La Folia, arrangé par Jeannette Sorrell d’après la sonate en ré mineur, RV 63. Apollo’s Fire (The Cleveland Baroque Orchestra), direction : Jeannette Sorrell, violoniste soliste : Francisco Fullana. 2021.  Livret en anglais. 52.16. Avie Records. AV2485.

Stéphane Labeyrie joue Jean-Michel Defaye 

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Jean-Michel Defaye (né en 1932) : Jogging pour tuba solo et ensemble instrumental, Performance pour tuba, Cadence pour tuba, et Tuba No End. Stéphane Labeyrie, tuba ; Jean-Michel Defaye, piano, Solistes des orchestres de Paris et Philharmonique de Radio France.  2015 et 2016. Livret en français. 43’33. INDE151. 

Le Bien triomphe du Mal : deux rares oratorios de Gdansk (1747) et Modène (1687)

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Musica Baltica 9. Johann Daniel Pucklitz (1687-1764) : La Conduite et la mort très différentes des impies et des craignant Dieu. Ina Siedlaczek, soprano. David Erler, alto. Georg Poplutz, ténor. Thilo Dahlmann, basse. Goldberg Baroque & Vocal Ensemble, direction Andrzej Mikołaj Szadejko. Juin 2021. Livret en anglais, français, allemand. Texte des chants en allemand et traduction trilingue (anglais, français, polonais). TT 54’53 + 63’36. SACD multicanal. MDG 902 2241-6.

Antonio Giannettini (1649-1721) : L’Uomo in Bivio, oratorio. Francesca Boncompagni, soprano. Marta Fumagalli, mezzo-soprano. Massimo Altieri, ténor. Salvo Vitale, basse. Cantar Lontano. Ziga Faganel, Klodiana Babo, violon. Anselmo Pelliccioni, violoncelle. Daniele Rosi, contrebasse. Pedro Alcacer, théorbe. Marco Mencoboni, clavecin et direction. Novembre 2016. Livret en anglais, français, allemand. Paroles en langue originale (italien) non traduite. TT 41’55 + 44’06. Glossa GCD 923524

Clair-obscur : un voyage autour de l’univers fictionnel de Cervantes

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Claroscuro. Lucas Ruiz de Ribayaz (fl. 1650), Gabriel Mena (1470-1528), Michael Prætorius (1571-1621), José Marín (c1619–1699), Juan Arañés (fl 1624-1649), Antoni de Ribera (fl 1526-1527), Gabriel Bataille (c1574-1630), Luys de Narváez (c1500-1555), Alonso Mudarra (c1510-1580), Gaspar Sanz (1640-1710), Henry Le Bailly (c1590-1637), Magistro Rofino, Giovanni Stefani (fl 1618-1626), Diego Ortiz (c1510-c1570), Mateo Romero (c1575-1647). Capella de Ministrers. Delia Agúndez, soprano. Carles Magraner, viole de gambe. Sara Águeda, arpa de dos órdenes. Robert Cases, guitare baroque, théorbe. Livret en espagnol, valencien, anglais, français ; paroles des chants en langue originale et traduction trilingue. Février 2020. TT 61’21. CdM 2151