Merveilleuse anthologie montéverdienne  

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Daylight : Stories of Songs, Dances and Loves.  Claudio Monteverdi (1567-1643), Andrea Falconiero (1585-1656) et Biagio Marini (1594-1663). Concerto Italiano, Rinaldo Alessandrini (direction). 2021. Textes de présentation en français et anglais, textes chantés italiens avec traduction française et anglaise. 61’47’’. Naïve. OP 7366

A Genève, Beethoven et Shchedrin à l’affiche d’un concert sans public

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Le Roi Etienne, ouverture op. 117 ; Concerto pour piano et orchestre en do mineur n° 3 op. 37. Rodion Shchredin  (°1932) : Carmen-Suite, ballet en un acte. Mikhaïl Pletnev, piano ; Orchestre de chambre de Genève, direction Gábor Takács-Nagy. 2021. Notice en français et en anglais. 86.30. Un album de deux CD Claves 50-3039-40.

John Wilson et Ravel 

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Le chef d’orchestre John Wilson fait paraître un album intégralement consacré à des oeuvres symphoniques de Maurice Ravel au pupitre de son Sinfonia of London (Chandos). Cet enregistrement présente, en première mondiale, les éditions révisées Ravel Edition des versions ballet de Bolero et Ma Mère l’Oye.  

Votre nouvel enregistrement est entièrement consacré à des œuvres de Maurice Ravel. Que représente pour vous Maurice Ravel en tant que compositeur de son temps ?

Ravel est peut-être mon compositeur préféré -je suis fasciné par sa musique depuis que je suis enfant et mon intérêt et mon appréciation de sa musique ne font qu’augmenter avec les années.  On parle beaucoup de sa technique orchestrale éblouissante et du modernisme de son langage harmonique -surtout dans la musique pour piano- mais cela fait parfois oublier à quel point ses idées sont inspirées.  Si le niveau d'invention brute n'était pas à la hauteur, la musique n'était pas fixée sur le papier à musique.  C'est pourquoi nous disposons d'un ensemble d'œuvres étonnamment accomplies et imaginatives, qui sont presque toutes jouées en permanence. 

Cet enregistrement comprend les versions originales (ballets) de Bolero et de Ma Mère l'oye. Quelles sont les particularités de ces versions originales par rapport à celles qui sont régulièrement jouées en concert ? 

La version Ballet de Bolero diffère de la version de concert à plusieurs égards : petits changements dans les figures d'accompagnement, changements dans la longueur des notes de la mélodie à certains endroits -mais la différence vraiment significative est que le célèbre motif de tambour latéral n'est pas joué par un seul batteur mais est partagé entre deux joueurs, en alternance à chaque énoncé du thème.  Sur la dernière répétition de la mélodie, Ravel ajoute également un triangle et des castagnettes, ce que je trouve vraiment passionnant.

L'histoire de Ma Mère l'oye est plus complexe. Le ballet de 1912 n'a pas été publié du vivant de Ravel et les documents que Durand a publiés vers 1970 sont des réimpressions de la suite originale en 5 mouvements avec des ajouts.  Ce n'est pas ce que l'on entendait en 1912 et la nouvelle édition Ravel Edition est basée sur le matériel source original du ballet.  L'auditeur remarquera une répétition inattendue dans un passage et plusieurs mesures supprimées ailleurs -ainsi que d'innombrables petits changements de divers détails.

Cet enregistrement de Bolero et de Ma Mère l'Oye est le premier à être réalisé avec les éditions révisées de l'édition Ravel. Vous avez également dirigé la première de l'édition révisée de Ma Mère l'Oye au printemps 2021. Pourquoi est-il important pour vous d'offrir au public des éditions révisées basées sur les connaissances musicales les plus récentes ?  

La musique de Ravel est richement complexe et difficile à jouer. Les anciennes éditions sont souvent truffées d'erreurs et d'imprécisions. Il est essentiel que les musiciens disposent du texte correct et que leurs parties soient bien agencées si nous voulons avoir une chance de réaliser la vision de Ravel exactement comme il l'a rêvée !

Second volume d’une anthologie du clavecin baroque allemand par Yoann Moulin

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Stylus luxurians. Matthias Weckmann (1616-1674) : Toccate en mi mineur et ré mineur ; Canzone en ré mineur et ut mineur ; Partita en si mineur ; Toccata vel praeludium en ré mineur. Heinrich Scheidemann (c1595-1663) : Benedicam Domino. Franz Tunder (1614-1667) : Praeludium en sol mineur. Johann Jacob Froberger (1616-1667) : Ricercare XI en ré mineur. Christian Ritter (c1645-c1725) : Suite en ut mineur ; Sonatina en ré mineur. Yoann Moulin, clavecin. Livret en français, anglais, allemand. Mai 2020. TT 56’09. Ricercar RIC 433

Bach pour viole et orgue

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Bach for two. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Allein Gott in der Höh sei Her BWV 711, 676, 662, 663. Wo soll ich fliehen hin BWV 694. Vater unser im Himmelreich BWV 682. Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ BWV 639. Sonate pour viole en sol majeur BWV 1027. Sonate en Trio no 4 en mi mineur BWV 528, no 5 en ut majeur BWV 529. Romina Lischka, violes. Marnix De Cat, orgue de l’église Sankt Katharina de Kettenis. Mai 2019. Livret en anglais, allemand, français. TT 76’18. Ramée RAM 2005

Stanislav Kochanovsky, retour triomphant à Monte-Carlo

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Le mois de janvier monégasque se clôture avec un concert très attendu sous la direction du prodigieux chef d'orchestre Stanislav Kochanovsky, un musicien que tous les orchestres s’arrachent. Il avait déjà fait forte impression, au printemps dernier, lors de sa première venue au pupitre de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. 

Le programme commence par la très rare  Suite sur des poèmes de Michelangelo Buonarotti de Dimitri Chostakovitch  avec en soliste le grand baryton Matthias Goerne. C'est la première exécution à Monte-Carlo de ce chef-d'œuvre du compositeur russe. Matthias Goerne est naturellement excellent   : la voix est superbe, toute en nuances, passant de l'intimité des pianissimi à l'ardeur des forte. Le timbre est chaleureux et il  apporte une intensité et une spiritualité particulière. Les mélomanes russes présents dans la salle confirment que sa diction est parfaite, aspect souvent rare ! Stanislav Kochanovsky dirige l'orchestre avec une maîtrise absolue, une gestique claire, élégante et magnétique.

Titon et l’Aurore, de Cassanéa de Mondonville : entre féerie et naïveté

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Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772) : Titon et l’Aurore, pastorale héroïque en un prologue et trois actes. Reinoud Van Mechelen (Titon), Gwendoline Blondeel (L’Aurore), Emmanuelle De Negri (Palès), Marc Mauillon (Éole), Julie Roset (Amour), Renato Dolcini (Prométhée), Virginie Thomas, Maud Gnidzaz et Juliette Perret (Nymphes) ; Huit marionnettistes ; Les Arts Florissants, direction William Christie. 2021. Notice et synopsis en anglais et en français. Sous-titres en français, en anglais, en allemand, en japonais et en coréen. 127.00. Un DVD Naxos 2. 110693. Aussi disponible en Blu Ray.

Mikhail Pletnev : Chopin à Monte-Carlo

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Le grand Mikhail Pletnev était l’invité de la riche saison des récitals de piano organisée dans le cadre de la saison de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. Chaque récital de Pletnev est une expérience unique par les options interprétatives qui questionnent le texte et interrogent l’esprit. Pletnev est un musicien authentique et un des pianistes les plus imaginatifs d'aujourd'hui. 

Ce récital consacré à Chopin est une performance fantastique, subtile et émouvante, extrêmement brillante et en même temps introvertie et très concentrée. Son âme et l'âme de Chopin se confondent comme deux ruisseaux qui se rejoignent pour former un fleuve. Ses belles sonorités pleines de poésie, de noblesse, d'éloquence et de passion tissent une toile magique dans laquelle on est entraîné. Il interprète la musique avec une simplicité de style, bon goût, avec un legato approprié,  sans fioritures vulgaires ou ornements excessifs. On aime tout de ce jeu magique : le phrasé si original, la dynamique pertinente, le ton lumineux, l'intensité, la qualité, la subtilité, la modestie, la lecture attentive de la partition sont d'une perfection tout simplement incroyable.

Des Noces de Figaro hors sol à Garnier

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La nouvelle mise en scène des Noces de Figaro à l’Opéra de Paris est due à une spécialiste multimédia, Netia Jones, qui s’est intéressée jusqu’ici essentiellement à l’oratorio ou aux musiques contemporaines (Philipp Glass, Britten, Berio, Haendel par exemple). Elle prend comme point de départ son propre regard sur le fonctionnement d’une maison d’opéra quadricentenaire -vision en miroir et mise en abîme de « l’opéra dans l’opéra », avec aperçus sur la rue Scribe et le Foyer. 

L’action originelle se situe au XVIIIe siècle, à trois lieues de Séville, dans le château du Comte Almaviva, grand d’Espagne. Cette fois-ci, elle est transposée dans les coulisses d’un opéra contemporain.

L’Ouverture se déroule sur fond clignotant de régie laissant le public assez froid. Puis le plateau se divise en trois cases verticales séparées de cloisons qui masquent un tiers de la scène au public, à droite ou à gauche,... ce qui est fâcheux ! La loge du milieu est occupée par Figaro et Suzanne, respectivement perruquier et costumière. Le Comte et la Comtesse devenus artistes lyriques ainsi que les autres protagonistes entrent et sortent.

Sans contredire frontalement la dynamique de l’œuvre, la mise en scène lui reste étrangère par son statisme et une inventivité toujours sous contrôle. Quant à sa signification, elle semble  pour le moins obscure : le décompte de chronomètres géants fait-il allusion à la précipitation de la « folle journée » ?  Les portants de costumes s’étageant sur toute l’ouverture de scène évoquent-t-ils les travestissements à venir ? Et pourquoi trois fauteuils sous plastic remplacent-ils les bosquets au final ?