Premier enregistrement de cantates pascales de Christoph Graupner

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Easter Cantatas. Christoph Graupner (1683-1760) : Die frucht des Gerechten GWV 112633 ; Eröffnet euch ihr Augenquellen GWV 1127/25 ; Der Sieg ist Da GWV 1128/43. Ihr werdet traurig sein GWV 1129/19. Sebastian Hübner, ténor. Johannes Hill, basse. Jan Jerlitschka, altus. Chœur de garçons Capella Vocalis. Pulchra Musica Barock Orchestra, Christian Bonath, direction et orgue. Hans-Joachim Berg, Christine Rox, violons. Ursula Plagge-Zimmermann, alto. Johannes Berger, Gesine Petersmann, violoncelles. Eberhard Becker, orgue. Juillet-août 2019. Livret en allemand, anglais ; texte des chants en allemand non traduit. TT 57’14. Capriccio C5411

Résurrection, trois cents ans après, de la Sémiramis de l’ex-mousquetaire André Cardinal Destouches

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André Cardinal Destouches (1672-1749) : Sémiramis, tragédie lyrique en cinq actes. Eléonore Pancrazi (Sémiramis), Emmanuelle De Negri (Amestris), Mathias Vidal (Arsane), Thibault de Damas (Zoroastre), David Witczak (L’Oracle/L’Ordonnateur des jeux funèbres), Judith Fa (Une Babylonienne/Une Prêtresse), Clément Debieuvre (Un Babylonien/Un Génie) ; Chœur du Concert Spirituel ; Les Ombres, direction Sylvain Sartre. 2020. Notice en français, en anglais et en allemand. Livret en français avec traduction anglaise. 127.38. Un album de deux CD Château de Versailles CVS038.

Alain Altinoglu et l’Orchestre symphonique de la Monnaie brillent dans le répertoire français (et belge)

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C’est à l’Orchestre Symphonique de la Monnaie et à son directeur musical Alain Altinoglu que revenait l’honneur (on est tenté de dire : le bonheur, l’orchestre et son chef -comme le rappela ce dernier en début de seconde partie- s’étant produits pour la dernière fois au Palais des Beaux-Arts il y a un an déjà) d’ouvrir la saison musicale de Bozar.

Après les annulations en cascade que nous a values le covid, il y a largement de quoi se réjouir de pouvoir assister à un concert symphonique dans des conditions à peu près normales, même si quatre parcours distincts -en fonction des places occupées- étaient prévus pour les spectateurs depuis l’entrée du Palais jusqu’à la grande salle Henry Le Boeuf qui présente encore à certains endroits les stigmates des dégâts des eaux consécutifs à l’incendie du 18 janvier. Le port du masque est bien sûr imposé au public durant toute la durée du concert (les cordes de l’orchestre faisant d’ailleurs de même) et des sièges vides séparent les différentes « bulles » familiales ou amicales.

Néanmoins, il est impossible de nier que même s’il est encore trop tôt pour parler d’un retour à la normale, quelque chose comme un vent de liberté mêlé d’un profond soulagement souffle sur la salle bruxelloise après ces si longs mois de restrictions.

Et c’est un programme de ce répertoire français (et même un petit peu belge) qui leur convient si bien que le chef français avait choisi pour débuter cette nouvelle saison dans la bonne humeur avec un répertoire aussi accessible que de qualité.

Le Lélio de Berlioz, de retour à la vie avec Michael Gielen en concert à Vienne

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Hector Berlioz (1803-1869) : Lélio ou Le Retour à la Vie, opus 14bis. Joachim Bissmeier, récitant. Herbert Lippert, ténor. Geert Smits, baryton. Heinz Ferlesch, Wiener Singakademie. Michael Gielen, Orchestre symphonique de la Radio de Vienne. Enregistrement public au Konzerthaus de Vienne, 17 décembre 2000, édition 2021. Livret en allemand, anglais ; texte de l’œuvre en français traduit en allemand et anglais. TT 55’22. Orfeo C210071

Une irrésistible Finta Giardiniera de Mozart filmée à la Scala de Milan

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Finta Giardiniera, dramma giocoso en trois actes K. 196. Krešimir Špicer (Don Anchise), Julie Martin du Theil (Marquise Violante/Sandrina), Bernard Richter (Le comte Belfiore), Anett Fritsch (Arminda), Lucia Cirillo (Don Ramiro), Giulia Semenzato (Serpetta), Mattia Olivieri (Nardo/Roberto) ; Orchestre du Théâtre de la Scala de Milan, direction Diego Fasolis. 2018. Notice et synopsis en anglais et en italien. 179.00. Deux DVD Naxos 2.110689-90. Aussi disponible en Blu Ray.

Vie de Christian IV ingénieusement illustrée sur l’orgue qui lui fut offert

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Life Pictures. Scenes of the Life of King Christian IV. Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), Samuel Scheidt (1587-1654), Orlando Gibbons (1583-1625), Hans Leo Hassler (1564-1612), Giles Farnaby (c1563-1640), Edward Johnson (c1572-1601), John Bull (1562-1628), Heinrich Scheidemann (c1596-1663), Richard Edwards (XVIème siècle), José Ximénez (1601-1672), Melchior Schildt (1592-1667) et anonymes. Peter Waldner, orgue Compenius de la chapelle du château Frederiksborg à Hillerød. Livret en anglais. Août 2020. TT 79’32. Tastenfreunden 8

Marcel Lattès et Le Diable à Paris, un aimable divertissement

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Marcel Lattès (1886-1943) : Le Diable à Paris, opérette en trois actes. Marion Tassou (Marguerite), Sarah Laulan (Marthe Grivot), Julie Mossay (Paola de Walpurgis), Mathieu Dubroca (André), Denis Mignien (Le Diable), Paul-Alexandre Dubois (Fouladou), Céline Groussard (L’entremetteuse) ; Dix Girls and Boys ; Orchestre des Frivolités parisiennes, direction Dylan Corlay. 2020. Notice en français et en anglais. Livret en français avec traduction anglaise. 101.00. Un album de deux CD B Records LBM 033.

Salzburg : l'édition du Centenaire

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Quand, fin octobre, le Salzburg Museum fermera les portes de la grande exposition anniversaire, le Festival de Salzburg pourra se féliciter de la façon dont le “Direktorium” -Markus Hinterhäuser, Helga Rabl Stadler et Lukas Crepaz- et ses collaborateurs ont réussi à sauver le festival centenaire d’une complète annulation.

Il a bien sûr fallu adapter le programme, réduire le nombre de manifestations, d’artistes et de public, imposer les mesures de sécurité, etc… mais le public a suivi et les Salzburger Festspiele ont pu fêter leur centième anniversaire avec un programme bien nourri de concerts et représentations d’opéra et de théâtre : premières de 2021 et reprises de 2020. Certaines productions ont déjà été distribuées en “streaming” ou télévisées quand il n’y avait pas d’opposition des interprètes. Apparemment, c’était le cas pour la production de Tosca qui devait être captée par la télévision autrichienne mais dont Anna Netrebko, la soprano adulée, avait interdit la diffusion. Parce que les applaudissements de son air “Vissi d’arte” et la réaction du public à “E lucevan le stelle” du ténor (son mari Yusif Eyvazov) auraient été trop légers ? D’autres laissent entendre qu’elle n’adhérait pas à la mise en scène. 

Pour cette Tosca, 6e opéra à l’affiche cet été, le Festival a “emprunté” la production que l’artiste autrichien Michael Sturminger avait créé pour les “Osterfestspiele” (Festival de Pâques) de 2018, adapté pour l’occasion : mettre en valeur Anna Netrebko, la diva adorée du public Salzbourgeois. Avant les premières notes de l’orchestre, le public a droit à une fusillade dans un parking. Au premier acte, de jeunes écoliers visitent l’église de Sant’Andrea della Valle. Au troisième le Castel Sant’ Angelo est devenu l’antre d’une bande de criminels qui y préparent de jeunes recrues et dont Scarpia est le patron. Blessé -mais pas à mort- par Tosca, Scarpia réapparait en chaise roulante après l’exécution de Cavaradossi par les jeunes garçons et tue Tosca d’un coup de revolver ! Je vous fais grâce des agissements du deuxième acte dans le bureau de Scarpia en petite tenue, sur un home trainer, avant de se préparer à recevoir Tosca et initier son jeu mortel. Le baryton français Ludovic Tézier a tous les atouts pour le rôle : présence, voix corsée et expressive et autorité scénique. Il est l’imposant adversaire d’Anna Netrebko, sculpturale Tosca, femme aimante et jalouse mais prête à défendre son amour à tout prix et exprimant ses émotions de sa voix ample et riche. Mario Cavaradossi trouve en Yusif Eyvazov un interprète convaincant, doté d’une voix solide aux aigus puissants mais pas forcément séduisante. Michael Modfidian (Angelotti), Matteo Peirone (Sagrestano) et Mikeldi Atxalandabaso (Spoletta) donnaient le relief nécessaire à leurs personnages et l’ensemble des petits rôles était satisfaisant, comme l’intervention des choeurs. Dans la fosse, le Wiener Philharmoniker dirigé par Marco Armiliato faisait montre de sa richesse sonore dans une exécution qui manquait parfois de dynamisme et force dramatique.