A Genève, une stupéfiante Oksana Lyniv
A Genève, le 24 octobre est la date fixée pour célébrer la Journée des Nations-Unies. Chaque année, l’Orchestre de la Suisse Romande donne un concert d’une heure pour embellir l’événement. En cet automne 2021, il invite une jeune cheffe ukrainienne, Oksana Lyniv, dont la presse a abondamment parlé l’été dernier car elle a été la première femme à diriger au Festival de Bayreuth en assurant les représentations de Der fliegende Holländer.
En la voyant entrer sur la scène du Victoria Hall, l’on se prête à sourire tant elle est petite. Mais dès qu’elle est au pupitre, elle dégage une ahurissante énergie par un geste de la main droite d’une extrême précision et par la gauche pour développer le legato, ce que révèle d’emblée le célèbre Adagio pour cordes de Samuel Barber créé en 1938 par Arturo Toscanini et le NBC Symphony Orchestra. Dans un pianissimo d’une mélancolie profonde, elle s’ingénie à fusionner les registres puis suscite la tension en exacerbant le cantabile des premiers violons jusqu’au paroxysme avant de laisser s’éteindre les dernières notes.
Amazone. Francesco Provenzale (1624-1704)
Cantatas and Serenatas Vol 1. Alessandro Stradella (1643-1682) :