Les frères Bringuier à l’Opéra de Nice

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La famille Bringuier est originaire de Nice. Les parents ne sont pas musiciens, mais leurs enfants jouent tous d'un instrument. Lionel est le plus jeune de la fratrie et sa carrière est phénoménale. Il est né en 1986 et débute ses études de musique au Conservatoire de Nice à l'âge de 5 ans. Il y remporte cinq premiers prix (violoncelle, piano, musique de chambre, culture musicale, formation musicale) puis il est reçu à l'âge de 13 ans au Conservatoire de Paris : il est le plus jeune Français à suivre la formation supérieure de chef d'orchestre. A 14 ans, il dirige l'Orchestre National des Pays de la Loire lors des "Victoires de la musique" diffusées en direct sur France 3. Il remporte à 19 ans le 1er Prix et le Prix du Public au Concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon qui lui ouvre les portes d'une carrière internationale. 

Deux clavecins enjoués pour Bach

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Jean-Sébastien BACH (1685-1750) : Concertos pour deux clavecins BWV 1060, 1061 et 1062 ; Prélude et fugue BWV 552, joués sur deux clavecins. Olivier Fortin et Emmanuel Frankenberg, clavecins, Ensemble Masques. 2020. Livret en français, anglais et allemand. 59.46. Alpha 572.

Auber et son Cheval de bronze, mais en allemand !

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Daniel-François-Esprit AUBER (1782-1871) : Le Cheval de bronze, opéra-féerique en trois actes. Franz Fuchs, Tino di Costa, Leo Heppe, Kurt Equiluz, Wilma Jung, Edith Kermer, Herta Schmidt ; Niederösterreichischer Tonkünstlerchor ; Grosses Wiener Rundfunkorchester, direction : Kurt Richter. 2020. Livret en allemand et en anglais. 86.28. 2 CD Orfeo C 986 192.

A Lausanne, une éblouissante Doña Francisquita

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Avec ses livrets en langue espagnole ou catalane et ses dialogues parlés, la ‘zarzuela’ ne figure que rarement à l’affiche des théâtres de nos régions. Mais Eric Vigié, le directeur de l’Opéra de Lausanne, s’y intéresse vivement et a déjà présenté en 2009 Pan y toros de Francisco Barbieri. Et en cette fin janvier, il nous propose l’ouvrage majeur d’Amadeo Vives, Doña Francisquita , créé au Théâtre Apolo de Madrid le 17 octobre 1923 avec un succès triomphal qui se maintiendra durant vingt ans en totalisant 5210 représentations à Madrid, Barcelone et Buenos Aires avant d’être exporté dans plusieurs villes de France, à la Monnaie de Bruxelles et à l’Opéra-Comique qui devra annuler la première au moment où éclatera la Guerre Civile en Espagne. 

Elodie Vignon, pianiste 

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La pianiste Elodie Vignon fait paraître chez Cyprès un album consacré à des oeuvres d’Henri Dutilleux et Claude Ledoux. Après un disque Debussy particulièrement brillant et remarqué, la musicienne poursuit son exploration du répertoire français en proposant un contrepoint contemporain belge. 

Votre nouvel album est centré sur des pièces pour piano d’Henri Dutilleux. Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’enregistrement de partitions de ce compositeur ? 

Dans la continuité de mon exploration des Études de Claude Debussy, Dutilleux s’est assez vite imposé. Il me semble qu’il s’agit d’un compositeur français majeur, pourtant souvent moins programmé que Messiaen ou Boulez, du moins dans son répertoire pour piano.

Cet album vient après un précédent disque consacré à Debussy. Est-ce qu’il y a une filiation entre Debussy et Dutilleux ?

Pour moi, c’est une évidence, même si Dutilleux a sa propre esthétique : il est dans la recherche de l’élégance et de la délicatesse typiques de l’école française. Dutilleux a beaucoup composé au bord de la mer et il partage avec Debussy cette inspiration tirée de l’élément « eau ». On retrouve chez Dutilleux une forme de ductilité qui fait la grandeur de Debussy. Les atmosphères très poétiques et envoûtantes sont, elles aussi, communes aux deux compositeurs.

Et Dutilleux s'inspire encore du dodécaphonisme, tout en refusant toute étiquette. Son écriture reste néanmoins toujours particulièrement expressive ; certains critiques de la fin du XXe l’ont justement qualifié de "moderne classique", et je trouve que cette dénomination lui va parfaitement.

Solenne Païdassi, violoniste 

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La violoniste Solenne Païdassi publie une interprétation remarquée et remarquable des Sonates et Partitas de Bach (Indesens). Lauréate du Concours Long Thibaud Crespin 2010, cette musicienne française est désormais résidente belge car elle occupe la fonction de supersoliste du Belgian National Orchestra. 

Vous publiez un enregistrement des Sonates et Partitas de Bach, c’est l’un des monuments du violon. Qu’est-ce qui vous a amenée à l’enregistrement de ces oeuvres ?

J’ai toujours su que je voulais enregistrer les Sonates et Partitas, depuis toute petite. Cette musique s’impose à nous d’une manière quasi universelle il me semble, il y a chez Bach une recherche permanente d’harmonie et de perfection. Mais ce que je voulais tout particulièrement exprimer ici, c’est cette autre facette de Bach, l’homme imparfait qu’il a pu être, et montrer que sa musique est tout sauf parfaite justement. Dans les dissonances qu’il va chercher et qu’il laisse sans résolutions, dans les carrures rythmiques qu’il invente, il démontre un sens de l’humour indéniable, bien loin des clichés du Kapellmeister austère que l’on se représente.

Comment se prépare-t-on à un tel défi musical ?

C’est le travail de toute une vie ! J’ai découvert cette musique vers l’âge de 7 ans et je ne l’ai plus jamais lâchée. Je reviens toujours à Bach, c’est le fondement de ma vie de musicienne, ma pierre d’angle. Pour la préparation pratique de l’enregistrement, je suis retournée aux manuscrits, j’ai travaillé exclusivement à partir des autographes de Bach et de sa femme, en me grattant bien souvent la tête car il y a des différences marquantes entre les deux. Cela m’a permis également de prendre le temps d’une vraie réflexion sur chaque mouvement, quel caractère, quelle inspiration leur donner, et surtout en quoi cela me concerne personnellement. J’ai essayé de donner un aperçu de cette réflexion dans le livret, en faisant le choix de proposer des clés d’écoute pour chaque mouvement et en livrant souvent mon vécu individuel de l’œuvre.

Compositrices du XIXe siècle : Louise Héritte-Viardot, fille aînée de Pauline Viardot

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Suite des portraits de compositrices du XIXe siècle avec Louise Héritte-Viardot, fille aînée de Pauline Viardot.

A l’époque de Louise Héritte-Viardot, l’art, et en particulier la composition, sont des bastions masculins. La citation suivante est éclairante à ce sujet.

Dans un transport d’admiration, Camille Saint-Saëns se serait un jour exclamé, : Quelle bévue a commise le bon Dieu lorsqu’il a fait de Louise une femme ! Elle possède les dons naturels, l’intelligence éclairée, la largeur de vues, l’érudition et la force de caractère d’un homme vraiment supérieur. Et comme artiste ! Et comme compositeur ! (…) Quelle inspiration, quel talent, quelle puissance, quelle technique, quel profond savoir, quelle originalité (parfois subversive) se dégagent de chacune de ses œuvres ! Réellement, le bon Dieu s’est étrangement trompé, car si Louise était un homme, son génie produirait, dans la musique, une véritable révolution.

Comment a résisté cette femme portant aussi le poids d’un héritage familial hors normes ?

L’enfance

Louise Pauline Marie Viardot (Paris 14 décembre 1841 – Heidelberg 17 janvier 1918) est la fille aînée de Pauline et Louis Viardot. Son enfance l’a bouleversée et a marqué toute sa vie. Pauline, sa maman qui vient de se marier, doit se faire connaître aussi bien en France, où la concurrence est rude, qu’à l’étranger. Il est difficile pour une cantatrice de se faire un nom, surtout si elle doit se différencier d’une sœur décédée au sommet de son talent. Au début, la comparaison avec sa sœur Maria Malibran est oppressante. Elle a 20 ans quand naît Louise. Dans ses lettres, elle écrit qu’elle se désole de ne pas voir Louisette, de ne pas être présente pour lui faire des câlins ou l’embrasser le soir. Elle n’a pas le choix. A ce moment, pour elle et son mari, la vie est une perpétuelle course à travers l’Europe. La carrière prime et les parents ne renoncent à rien pour Louise. Elle le leur reprochera toute sa vie, persuadée, de plus, que si ses parents la délaissent, c’est parce qu’elle n’est qu’une fille  !

La 6e Symphonie de Mahler expressionniste mais erratique de Kirill Petrenko et l’Orchestre Philharmonique de Berlin 

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En juin 2018, Simon Rattle donnait son concert d’adieu à l’Orchestre Philarmonique de Berlin avec la 6e Symphonie de Gustav Mahler. Hommage rendu où défi lancé à son prédécesseur, Kirill Petrenko choisit lui aussi la 6e pour son premier concert Mahler quelques mois seulement après sa prise de fonction à la tête de l’orchestre. 

L’œuvre, la seconde de sa trilogie purement orchestrale, revient à la forme classique en quatre mouvements mais projette pourtant le langage musical dans une modernité expérimentale que reprendront à leur compte les compositeurs de la seconde école de Vienne et en particulier Alban Berg dans ses trois pièces pour orchestre. 

Bien que composée pendant la période la plus heureuse de sa vie, la 6e est hantée par la mort et par l’effroi devant l’impossibilité de la conjurer. Au-delà de ce questionnement existentiel, l’œuvre est aussi une allégorie prophétique qui, à l’instar de la 9e Symphonie de Bruckner, semble annoncer les catastrophes du siècle en gestation. 

La 5e de Beethoven "revisitée", pour le plus grand plaisir d’un nouveau public

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Jusqu'au dernier moment, on ne savait pas si le concert, destiné aux étudiants, aurait lieu. Radio-France est en pleine tourmente, les suppressions de postes annoncées par sa direction passant très mal auprès du personnel. Le Chœur de Radio-France est le plus touché. Et justement, ils doivent chanter à ce concert.

Dans le hall, ils sont nombreux à distribuer un tract pour expliquer leur situation. Et l’on apprend que la première pièce du programme, la seule dans laquelle ils devaient chanter, est supprimée. Il s’agissait de Immortal Bach, un arrangement du choral Komm, süsser Tod de Bach réalisé par Knut Nystedt. Le programme nous apprend que le compositeur « a prévu une répartition spatiale particulière pour cette page brève mais spectaculaire ». Nous ne pourrons donc qu’imaginer ces quelques minutes de temps suspendu, d’une lenteur désespérante ou extatique, selon notre état d’esprit...

Célébration de José Serebrier compositeur

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José SEREBRIER (1938) : Variations symphoniques B A C H pour piano et orchestre (1) ; Laments and Hallelujahs (2) ; Concerto pour flûte avec Tango (3) ; Tango in blue (4) ; Casi un Tango (5) ; Last Tango before Sunrise (6) ; Adagio (7) ; None but the Lonely Heart (8), arrangement d’une romance de Tchaïkovsky. Alexandre Kantorow, piano (1) ; Sharon Bezaly, flûte (3) ; Echos del Mar Choir (2) ; RTE National Symphony Orchestra (1, 2, 6, 7, 8) et Orchestre Symphonique de Barcelone (4, 5) direction : José Serebrier ; Australian Chamber Orchestra, direction : Richard Tognetti (3). 2019. Livret en anglais, allemand et français. 76.40. BIS-2423.