La passion de Miklós Spányi pour CPE Bach
Carl Philipp Emanuel BACH (1714-1788) : Clavierstücke verschiedener Art, Wq 112. Miklós Spányi, clavecin. 2019. Livret en anglais, allemand et français. 80.21. BIS-2370.
Carl Philipp Emanuel BACH (1714-1788) : Clavierstücke verschiedener Art, Wq 112. Miklós Spányi, clavecin. 2019. Livret en anglais, allemand et français. 80.21. BIS-2370.
Depuis toujours, le Teatro Regio de Turin a l’une des programmations les plus intelligentes de la péninsule. Cette saison, après une ouverture avec un ouvrage aussi rare que Les Pêcheurs de Perles, des chefs-d’oeuvre attirant le grand public comme Tosca et Carmen alternent avec un Matrimonio segreto plus rare et une Violanta de Korngold dont est donnée la première représentation en Italie. Et Pier Luigi Pizzi se charge des deux productions avec la patte de grand seigneur qu’on lui connaît.
Dans le cas du melodramma giocoso de Domenico Cimarosa, il reprend le spectacle qu’il avait présenté en juillet dernier au Festival de la Valle d’Itria à Martina Franca en concevant lui-même mise en scène, décors et costumes. Comme il l’explique dans le programme, il avait collaboré avec Sandro Sequi en 1971 en se chargeant de la partie visuelle d’une présentation au Teatro Olimpico de Rome ; mais il avait jugé l’opéra monotone et ennuyeux. En repensant récemment le sujet, sa perception a radicalement changé. Comme il l’a fait à Pesaro pour La Pietra del Paragone et Il Barbiere di Siviglia, il modernise la trame en la transposant dans un loft luxueux ; car Don Geronimo, le père de Carolina et Elisetta, est marchand d’art exhibant sur ses murs les toiles d’Alberto Burri, Agostino Bonalumi, Lucio Fontana ou Achille Castiglioni émanant des ventes de Sotheby’s ou Christie’s. Et Paolino, l’amoureux transi, devient son assistant, le Comte Robinson, l’un de ses clients issu de la noblesse qu’il rêve de marier à sa seconde fille, ce qui flatterait son amour-propre de parvenu arborant fièrement un atroce complet jaune sur chemise orange, tandis que son futur beau-fils marie avec goût le bleu et le blanc. Les deux sœurs et leur tante passent de déshabillés vaporeux à d’excentriques tenues bariolées devant un secrétaire en t-shirt noir et jeans blanc. En ce monde clos à six personnages, plane un érotisme latent qui ne demande qu’à éclater au grand jour pour le bonheur du spectateur qui se gausse d’une Fidalma frustrée qui se jette sur Paolino en lui arrachant son maillot ou le prétendu fiancé assiégeant sans vergogne tout jupon qui se présente à sa vue. Et en près de trois heures de spectacle, l’on ne s’ennuie pas un instant.
HIKAYE. Récital d’Isil Bengi, pianiste. Yiannis KONSTANTINIDIS (1903-1984) : Huit Danses des îles grecques ; Arno BABADJANIAN (1921-1983) : Six Tableaux ; Uvi Cemal ERKIN (1906-1972) : Duyuslar ; Vasilije MOKRANJAC (1923-1984) : Six Danses ; Stéphane GALLAND (1969) : Jeux ; Ernest BLOCH (1880-1959) : Ex-voto ; César FRANCK (1822-1890) : Danse lente ; Toru TAKEMITSU (1930-1996) : Litanie. 2019. Livret en anglais, français et allemand. 59.45. Fuga Libera FUG 759.
Marie Cornaz : A la redécouverte d’Eugène Ysaÿe. Turnhout, Brepols, ISBN 978-2-503-57461-5. 2019. 352 pages. 56,60 euros (jusqu'au 30/03/2020).
Romance. Récital de Valentina Nafornita. Extraits d’œuvres de Mozart, Tchaïkovsky, Dvořák et Doga. 2019. Livret en allemand, en anglais et en français. Textes reproduits en langue originale, traduction anglaise. 56.06. BR Klassik OMF 705.
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale de sonates pour piano. Igor Levit(piano). 2019-DDD- 9 CD- 10 h 5’- Textes de présentation en allemand et anglais - Sony Classical 19075843182
Une création constitue un fait plutôt rare dans la programmation du Service Culturel Migros. Néanmoins, ceci advient cette semaine avec les trois concerts donnés à Genève, Zürich et Berne par l’Orchestre de Chambre de Bâle dirigé par Sylvain Cambreling avec la jeune violoncelliste Sol Gabetta en soliste. Et c’est du reste à son intention que Wolfgang Rihm a composé son concerto qu’il a intitulé avec humour Concerto en Sol en déclarant : « Je me suis représenté sa clarté, son aura positive en écrivant ». Il pousse l’ironie jusqu’à faire jouer par les vents les notes voisines, fa dièse et la bémol, avant de parvenir au sol donné en pizzicato au début du solo. Il va même encore plus loin en glissant le nom Gabetta dans l’œuvre grâce à la désignation allemande des notes qui correspondent à sol, la, si bémol, mi, ré, la, quitte à remplacer le ‘t’ par un ‘d’. Mais au-delà de ce jeu de piste, l’ouvrage impressionne par le lyrisme serein que chante le violoncelle avec une intense poésie dans les séquences méditatives ; les tensions dans l’aigu produisent de pathétiques envolées qui se fraient un passage au sein du tutti en développant plusieurs cadences avec force glissandi et trilles. Et le tout se résorbe en une plainte nostalgique empreinte de mystère. Indéniable réussite qu’applaudit le public autant que sa dédicataire au sourire vainqueur !
SERGE PROKOFIEV (1891-1953) : Sonates pour piano n° 3 op. 28, n° 8 op. 84 et n° 9 op. 103. Freddy Kempf, piano. 2019. Livret en anglais, en allemand et en français. 56.06. BIS-2390.
Jacques Offenbach (1819-1880) : Die schöne Lurette (Belle Lurette) avec Hella Janssen, Lurette ; Frank Folker, le Duc de Marly ; Lutz Jahoda, Malicorne, l’intendant du Duc ; Jola Siegl, Marceline, propriétaire d’une blanchisserie ; Hellmuth Kaphahn, le sergent Belhomme ; Wilhelm Klemm, Campistrel, un chanteur ; Wolfgang Bständig, Merluchet, un peintre ; Helmut Strutz, Cigogne, un poète. Chœur de la Radio de Leipzig, Grand Orchestre de la Radio de Leipzig, direction : Gottfried Kassowitz. Enregistrement : automne 1958. Notice de présentation en allemand et en anglais, sans livret. Texte chanté en allemand. 76’43 et 57’28 2 CD RELIEF CR 2005