Jodie Devos fête Offenbach

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Jacques OFFENBACH (1819-1880) : Colorature. Extraits : Boule de Neige, Vert-Vert, Orphée aux Enfers, Un Mari à la Porte, Fantasio, Les Bavards, Mesdames de la Halle, Le Roi Carotte, Les Bergers, Fantasio, Les Contes D’Hoffmann, Robinson Crusoé, Boule de Neige, Boule de Neige,  Le Voyage dans la Lune. Jodie Devos, soprano, Adèle Charvet, mezzo-soprano.  Münchner Rundfunkorchester, Laurent Campellone, direction. 2018. 60’59’’, Livret de présentation en Français, en Anglais et en Allemand. 1 CD  ALPHA 437.

Editorial : Huawei égale Schubert ?

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Tombé en milieu de la semaine dernière, le communiqué de presse de la firme technologique chinoise Huawei a interpellé : l’intelligence artificielle d’un de ses nouveaux smartphones va “terminer” la symphonie n°8 “Inachevée” de Franz Schubert, laissée à l’état de deux mouvements par le compositeur ! Qu’un téléphone qui loge dans la poche “termine” cette partition mythique, c’est certes une performance technologique ! Qu’elle soit réalisable par un smartphone chinois, voilà qui affirme l’Empire du milieu comme un leader incontournable de la technologie et du Soft Power ! Si la nouvelle a fait le tour des grands médias et des sites technophiles, elle est restée peu commentée chez les professionnels de la musique et les mélomanes.

En effet, le combat homme/machine n’est pas neuf et on se souvient des “unes” hébétées quand l’ordinateur Deep Blue d’IBM battit le champion du monde d’échecs Garry Kasparov, en 1997. De plus, “terminer” la symphonie inachevée n’est pas une première. Depuis le début du XXe siècle, plusieurs tentatives ont été menées par des compositeurs, des musicologues ou des chefs d’orchestre. Parmi celles-ci, on relève le concours organisé en 1928 par la Columbia Gramophone Company et gagné par le très oublié Franck Merrick, ou le récent essai du brillant chef suisse Mario Venzago qui livre sa complétion au pupitre de son orchestre de chambre bâlois (Sony). D’autres musicologues ou compositeurs se sont penchés sur la partition, mais au final aucune de ces tentatives émérites ne s’est universellement imposée…!

Beethoven : une intégrale d’envergure pour le Cuarteto Casals

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuors à cordes n° 1, 3, 4 (op. 18), 7 (op. 59 n° 1), 12 (op. 127) et 16 (op. 135) – Sonate pour piano n°9 (op. 14 n° 1).  Cuarteto Casals. 2018 – 3h01’22’’ – Textes de présentation en français, anglais et allemand – Harmonia Mundi HMM902400.02

En 2017, le Cuarteto Casals offrait au public de Barcelone une intégrale des quatuors de Beethoven en 6 concerts, puis exportait ce programme dans les plus grandes salles d’Europe et au Japon, afin de célébrer son 20e anniversaire.

Une émouvante ANNA BOLENA  à Lausanne

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En fond de scène, une longue paroi de bois finement ouvragée, deux ou trois portiques à chambranle que l’on déplace pour suggérer un couloir de palais ou une salle de tribunal, sur la gauche, un lit à baldaquin où le roi se livre à une partie de plaisir torride avec sa nouvelle maîtresse, voilà planté le décor somptueux imaginé par Gary McCann pour la nouvelle production que Stefano Mazzonis di Pralafera a conçue pour Anna Bolena, le trentième ouvrage de Gaetano Donizetti créé au Teatro Carcano de Milan le 26 décembre 1830. Dans une note du programme, il affirme : « J’ai souhaité respecter les intentions du compositeur et de son librettiste en ne perdant pas de vue l’atmosphère et le contexte historique des derniers jours et du destin tragique d’Anne Boleyn ».

Stéréotypes : les transcender ou non

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La Gioconda d’Amilcare Ponchielli dirigée par Paolo Carignani et mise en scène par Olivier Py

Presque universellement et intemporellement, pour la grande masse de ceux qui l’aiment, l’opéra, quelles que soient ses multiples concrétisations (baroque, vériste, wagnérienne, contemporaine), se cristallise en une sorte de forme-stéréotype qui fonde leur passion. Une forme qui confronte ses interprètes à un défi : réussir (ou non) à transcender le stéréotype. A La Monnaie, La Gioconda d’Amilcare Ponchielli en est une remarquable démonstration.

Il convient d’abord que le livret, à la lecture préalable de son intrigue, apparaisse quasi incompréhensible ou plus que sollicité dans ses rebondissements. Ainsi celui-ci d’Arrigo Boito : la Gioconda, une chanteuse des rues aimant-pas aimée ou pas par celui qu’elle voudrait ; la Cieca, sa mère aveugle ; Enzo Grimaldo, un prince exilé ; Barnaba, un espion malfaisant ; Laura Adorno, une femme mariée aimée-n’aimant plus-aimant ; Alvise Badoero, un mari trompé, institutionnellement tout-puissant et jaloux à tuer ; et des figurants Venise-carte postale. Voilà de quoi multiplier les « grandes scènes » : incompréhensions, sentiments exacerbés, douleurs incommensurables, cris de trahison et de vengeance… dague et poison… et narcotique de substitution si besoin en est.

Il Primo Omicidio d’Alessandro Scarlatti, l'utilité (ou pas) de mettre en scène un oratorio

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Parallèlement aux Troyens de Berlioz qui célèbrent l’année anniversaire du compositeur et les 30 ans de l’Opéra Bastille, l’Opéra Garnier présente actuellement (jusqu’au 23 février) Il Primo Omicidio (Le Premier Homicide), un oratorio méconnu d’Alessandro Scarlatti (1660-1725), dans une mise en scène de Romeo Castellucci très stylisée. Dans la fosse, René Jacobs fait (enfin !) ses débuts à l’Opéra de Paris en dirigeant le B’Rock Orchestra.

Le genre Oratorio est avant tout destiné à être exécuté dans un espace dédié, initialement un cadre intime d’oratoire. Même si, par la suite, l’oratorio profane pour des représentations en concert a été inventé, l’époque où vécut le compositeur ne connaissait pas encore cette adaptation, encore moins la grande salle du Palais Garnier. D’où une sensation bancale : l’espace et l’œuvre ne font pas bon ménage !

Mitsuko Uchida et le Mahler Chamber Orchestra : une collaboration idéale

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En pleine tournée à travers l’Europe et les Etats-Unis (tournée qui se clôturera le 29 mars prochain au Carnegie Hall), Mitsuko Uchida et le Mahler Chamber Orchestra se produisaient ce jeudi 31 janvier dans la salle Henri Le Bœuf (BOZAR). Au programme : les 19e et 20e Concertos de Mozart, et 3 pièces issues de la Suite Lyrique de Berg.

La pianiste japonaise, qui est actuellement l’une des plus grandes interprètes de la musique de Mozart, a déjà enregistré ses concertos à plusieurs reprises, notamment avec Jeffrey Tate et le English Chamber Orchestra, et plus récemment en dirigeant du piano le Cleveland Orchestra.

Berlioz, Sir Colin Davis et le LSO : un trio au sommet !

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Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique, Op. 14, H 48 – Roméo et Juliette, Op. 17, H 79 – La damnation de Faust, Op. 24, H 111 – Les Troyens, Op. 29, H 133 – Béatrice et Bénédict, Op. 27, H 138 – Harold en Italie, Op. 16, H 68 – Benvenuto Cellini, Op 23, H 76 – L’enfance du Christ, Op. 25, H 130 – Les francs-juges, Op 3, H 23, Ouverture – Te Deum, Op. 22, H 118 – Grande Messe des morts, Op. 5, H 75. Sir Colin Davis, direction – London Symphony Orchestra. 2019-DSD/SACD-Coffret de 16 CD-textes de présentation en anglais, allemand et français- LSO0827

Après Schumann, Chopin.

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Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour n°2 en si bémol mineur, Op. 35 – Nocturne n°13 en do mineur, Op. 48 n°1 – Sonate pour piano n°3 en si mineur, Op. 58. Eugen Indjic, piano2018-DDD-54’33-Textes de présentation en anglais, français et polonais-Dux-1180

Les Troyens : Tcherniakov / Berlioz : 1 à 0

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Les Troyens, opéra en cinq actes, relate la prise de Troie, l’arrivée des vaincus à Carthage et les amours de Didon et Énée. Le rideau s’ouvre sur une famille de dictateurs, Beyrouth en cendres puis les pensionnaires d’un centre psychiatrique de réhabilitation ; tous unis par la démence, celle de Cassandre, Didon, Énée, leur suite… Une parabole de notre monde ? Peut-être. Mais dès lors les émotions sincères et délicates, les passions, la grandeur morale sont balayées par la dérision. Or c’est justement ce qu’il y a de plus beau, de plus bouleversant et d’unique dans la musique de Berlioz : un engagement total de lui-même, une vitalité exacerbée, une tendresse aussi. Qui culminent dans le duo O nuit d’ivresse et d’extase infinie succédant à une Chasse royale, orage et clair de lune des plus shakespeariens (Acte IV).