Bel hommage à Pierre Wissmer

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Pierre Wissmer (1915-1992) : Concerto pour violon n°2, Concertino pour trompette, Concertino-Croisière, Sonatine-Croisière pour flûte et harpe, Divertissement sur un choral. Eva Zavaro, violon ; Romain Leleu, trompette, Christel Raynaud, flûte, Anne Ricquebourg, harpe, Hungarian Symphony Orchestra, Alain Pâris. 2017-2018. Notice de présentation en : français et anglais. 77’54. 1 CD Claves. 50-1811.

Cet album nous rappelle le talent du compositeur Pierre Wissmer. Né en Suisse, ce dernier est monté à Paris où il a étudié avant de devenir une figure importante de la pédagogie à la fois en France et en Suisse. Son oeuvre est assez vaste avec rien moins que 9 symphonies, des musiques de scène, des concertos et de nombreuses pièces de musique de chambre.

L’Orchestre National de Lyon à Genève

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Au cours de chaque saison, l’Orchestre de la Suisse Romande cède deux ou trois soirées de sa programmation à d’autres grandes formations. Actuellement, lourdement affairé par la préparation de la Tétralogie qui doit rouvrir le Grand-Théâtre de Genève, il sollicite l’Orchestre National de Lyon qui, pour la circonstance, est dirigé par Eliahu Inbal.

Le programme débute par l’intervention du soliste, le grand pianiste brésilien Nelson Freire, qui est régulièrement invité à Genève où il compte de nombreux amis, dont Martha Argerich et Nelson Goerner, tous deux présents au concert. Cette fois-ci, il opte pour une œuvre complexe, mal-aimée du grand public, le Quatrième Concerto en sol mineur op.40 de Sergey Rakhmaninov. Profitant de la parfaite fusion des pupitres lyonnais, il attaque avec une rare énergie le premier thème fortement rythmé puis fluidifie le trait pour dialoguer avec le cor anglais en un cantabile élégiaque ; mais le développement a tendance à devenir touffu, en frisant la boursouflure. Par contre, le largo renoue avec une poésie intimiste, alors que le canevas feutré des cordes livre les bribes d’une chanson anglaise pour enfants, Three Blind Mice. En lignes arachnéennes à la Prokofiev, est dessiné un finale qui est empreint d’une exubérance tonifiante malgré les zones d’ombre inquiétantes qui s’amoncellent sur son parcours.

Pygmalion et L’Amour et Psyché dans une diversité culturelle multi-couleurs

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Pygmalion de Jean-Philippe Rameau, acte de ballet, associé à L’Amour et Psyché, 3e entrée des Fêtes de Paphos, ballet héroïque de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, pour un spectacle en coproduction Opéra de Dijon, Opéra de Lille, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg et Théâtre de Caen, est un choix soigneusement arrêté par Emmanuelle Haïm. Après avoir fait tour de plusieurs idées, comme l’Anacréon de Rameau, d’autres Pygmalion tel celui De La Barre, ou faire précéder Pygmalion d’une partie construite autour d’airs de cour du XVIIe siècle, elle a opté pour le thème de l’amour, narcissique ou jaloux, créatif ou destructif, exprimé dans ces deux pièces.

Paavo Järvi dirige Sibelius, l’intégrale définitive ?

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Jean Sibelius (1865-1957) : Intégrale des symphonies. Orchestre de Paris, Paavo Järvi. 2012-2016. Notice en français, anglais et allemand. 1 coffret de 3CD RCA. 19075924512.

Le titre de cette chronique est en effet provocateur ! La variété et l’immense qualité des intégrales des symphonies consacrées au géant finlandais font de Sibelius l’un des compositeurs les mieux servis au disque. Cependant, force est de constater que Paavo Järvi revisite complètement l’approche de ces symphonies.

Un Sacre du plus ?

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Igor Stravinsky (1882 – 1971) : Le Sacre du Printemps; L’Oiseau de Feu, suite 1945
Orchestre symphonique de la radio bavaroise, dir. Mariss Jansons
2018 DDD 64’44 Livret allemand et anglais CD BR Klassik 900168.

The Beggar’s Opera : magouille, sexe et drogue dans les cartons

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Créée en avril dernier au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, la nouvelle version du Beggar’s Opera par Ian Burton (dramaturgie) et Robert Carsen (mise en scène) remporte un immense succès partout où elle pose sa valise : Paris, Italie (Spoleto, Pise, Novara), Edinbourg, Luxembourg, Genève, Clermond-Ferrand, Athène, Angers, Saint-Brieuc, Dinan, Vanne, Saint-Nazaire, Le Mans, Roche-Sur-Yon, Laval, Nantes, Caen, Versailles… Après la production à Renne à laquelle nous avons assisté, la tournée continue à Quimper, à Reims, à Massy et à La Rochelle. Raison de cette réussite ? La modernisation des propos pour situer l’intrigue au XXIe siècle. Car l’univers des bas-fonds de Londres du début du XVIIIe siècle n’a guère changé trois siècles plus tard et se reproduit aujourd’hui dans n’importe quelle ville de n’importe quel pays…

Quatre jeunes Françaises à Vienne

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Joseph HAYDN (1732-1809) – Quatuor à cordes op.20 no°2 en do majeur, W.A MOZART (1756-1791) – Quatuor à cordes no°14 en sol majeur KV 387, Franz SCHUBERT (1797-1828) – Quatuor à cordes no°12 en do mineur D703 « Quartettsatz »
Quatuor Akilone – 68’ – Textes de présentation en français, et anglais – Mirare 388

Le jeune Quatuor Akilone, formé par quatre Parisiennes en 2011, a été propulsé sur les devants de la scène internationale après avoir remporté le 1er Grand Prix du prestigieux Concours International de Quatuors de Bordeaux en 2016. Pour leur premier enregistrement discographique, elles ont choisi de rassembler trois quatuors viennois : le 2è quatuor en Do majeur op.20 de Joseph Haydn, (recueil de six quatuors qui lui ont conféré le surnom de « père du quatuor à cordes »), le 14e quatuor en Sol majeur de Mozart (le premier de ses quatuors dédiés à Haydn), et finalement le «Quartettsatz» de Schubert, chef-d’œuvre inachevé.

A Genève, la venue de Tan Dun, compositeur-chef d’orchestre

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Dans le cadre de sa saison symphonique, le Service Culturel Migros reçoit pour la première fois le compositeur cantonais Tan Dun en tant que chef d’orchestre. L’on a beaucoup parlé de lui en décembre 2006, au moment où le Met de New York assumait la création de son ouvrage en deux actes, The First Emperor, avec Placido Domingo dans le rôle de l’Empereur Qin. Et pour trois concerts à Genève, Lucerne et Zürich, il dirige la formation de son pays natal, l’Orchestre Symphonique de Guangzhou qui, par ailleurs, s’était déjà produit en Suisse en janvier 2015.

Le programme commence par l’une des premières pages orchestrales de Stravinsky, Feux d’artifice op.4, datant de 1908. Par une vrille brillante, le discours est emporté vers un sommet percutant proclamé par les cuivres, d’où se répand un flux beaucoup plus lyrique que poivrera la reprise du début, aboutissant à une effervescence paroxystique.

Hommage à Jean Guillou (deuxième partie) : « Souvenirs d'ivresse et de vie »

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Le légendaire organiste Jean Guillou était un professeur hautement respecté et recherché des jeunes talents. Notre compatriote Etienne Walhain, organiste-titulaire des grandes Orgues Ducroquet et Merklin de la Cathédrale Notre-Dame de Tournai, a pu travailler  pendant 10 ans aux côtés du grand musicien. Il a accepté de livrer son témoignage à Crescendo-Magazine.

Une figure qui respire l'intelligence et l'amitié ; un âge mûr qui a la grâce de la jeunesse ; le visage d'un oval plein et fort ; les joues longues, bien assises sur un large menton qui finit en rondeur indulgente ; une grande bouche, aux coins un peu relevés par l'habitude et le goût du sourire, bouche aimable et faite pour aimer ; la lèvre inférieure ardente, généreuse et sensuelle ; de beaux yeux, attentifs et doux, calmes et pénétrants, plein d'esprit et de caresse (...). Rien d'affecté, pas ombre de prétention, et l'air naturellement au-dessus de toute petitesse.

Dans cet hommage précis et docte rendu à Saint-Evremond, André Suarès nous dessine le visage d'un être hors du temps, d'un esprit qui n'a eu de cesse de combattre la déraison. Ce croquis physique et psychologique me fait penser à mon cher Maître Jean Guillou, qui s'y serait très certainement retrouvé si j'avais eu encore le temps de partager un moment avec lui...

Hommage à Jean Guillou (première partie) : un musicien visionnaire

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L’organiste Jean Guillou était une figure incontournable de l'orgue et de la vie musicale internationale. Crescendo Magazine a demandé à l’organiste Yoann Tardivel, bien connu des auditeurs de Musiq3,  de répondre à quelques questions sur cet immense musicien, véritable star de son instrument.  

Quelle est la place de Jean Guillou dans l’art de l’orgue ?

Elle est immense évidemment. Il faisait partie d’un carré magique avec Pierre Cochereau, Marie-Claire Alain et Michel Chapuis. Ce golden quartet a réellement attiré sur l’instrument les projecteurs du monde entier, chacun explorant des chemins bien spécifiques. Le chemin de Jean Guillou est sans contestation le plus original, au sens où il est le plus en rupture avec la tradition très forte dans laquelle il a été formé mais aussi dans le sens où sa vie d’artiste a été résolument tournée vers la création. Il était compositeur, improvisateur, concepteur d’instrument, essayiste et même poète. Il était en dialogue constant avec les créateurs de son temps ainsi qu’avec les jeunes générations auxquelles il donnait son temps et son savoir sans compter. Il était un artiste sans frontières qui a joué et a été joué au quatre coins de la planète. Si l’orgue peut parfois souffrir d’un certain dogmatisme en raison de sa longue histoire et de son aspect patrimonial, Jean Guillou, libre penseur, a su en révéler toute la part poétique, loin de toute forme de dogme justement.