A l’OSR, le retour de Daniel Harding
Daniel Harding, chef
Antoine Tamestit, alto
Pour l’ultime concert de sa saison 2025-2026, l’Orchestre de la Suisse Romande invite à Daniel Harding à reparaître au pupitre pour deux concerts à Genève qui ont pour soliste l’altiste français Antoine Tamestit.
Le programme commence par une première suisse, celle du Concerto pour alto et orchestre du compositeur, clarinettiste et chef d’orchestre allemand Jörg Widmann (né en 1973). Ayant travaillé la composition avec Hans Werner Henze et Wolfgang Rihm, il a à son actif tant de la musique de chambre que des œuvres orchestrales et même une Cantata in tempore belli.
Le Concerto pour alto et orchestre est dédié à Antoine Tamestit qui en a assuré la création à Philharmonie de Paris sous la direction de Paavo Järvi en octobre 2015. L’œuvre tient de l’expérience musicale en laquelle le soliste s’investit totalement. Venant de la coulisse, celui-ci se faufile dans les rangs de l’orchestre en tapotant sur la table d’harmonie pour entrer en contact avec la percussion, les deux harpes et les premiers violons. Il profite de ce canevas ténu quelque peu étrange pour développer une longue séquence en pizzicato que l’orchestre ponctuera rageusement. Empoignant son archet pour cravacher le tout, il se place en sept endroits différents pour dialoguer avec les instruments qui l’entourent. Sur de mystérieuses figures en arpège du célesta, il livre ensuite une cadenza mélodique désabusée devenant une litanie insistante touchant au paroxysme, avant de se diluer pour laisser place à une expansion lyrique parfaitement tonale qui s’achève en points de suspension.
En seconde partie, Daniel Harding propose une œuvre surprenante, le Ring without Words (le Ring sans paroles) que le chef d’orchestre Lorin Maazel avait élaboré en 1987 à la demande de la firme discographique Telarc. Ayant dirigé intégralement la Tétralogie à la Deutsche Oper de Berlin entre janvier et septembre 1967, le chef aurait déclaré : « Je me suis rendu compte que le véritable Ring, c’est la partition orchestrale elle-même, constituant une sorte de code sonore crypté ». En quatre-vingts minutes, cette synthèse symphonique suppose un effectif orchestral gigantesque et part du principe de ne pas changer une seule note de Wagner, tout en respectant la chronologie des événements dans les quatre parties de la Tétralogie.

