Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Francisco Coll, compositeur

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Le premier International Classical Music Award (ICMA) attribué à un compositeur va à l’Espagnol Francisco Coll (*1985).  Formé à Valence et à Madrid, Francisco Coll est devenu en 2009 le seul élève privé du compositeur britannique Thomas Adès. Il a terminé ses études à la prestigieuse Guildhall School en même temps qu’il débutait une impressionnante carrière internationale de compositeur avec des commandes du London Symphony, du Los Angeles Philharmonic, de l'Ensemble intercontemporain et du London Sinfonietta, entre autres. Pour la revue Scherzo, membre espagnol du jury des ICMA, Pablo L. Rodríguez a évoqué avec lui le passé, le présent et l'avenir au cours d’un entretien chez lui depuis à Lucerne.

Comment devient-on compositeur aujourd'hui ?

En réalité, je n'ai jamais pensé à devenir compositeur. Dans mon cas, c'était complètement irrationnel. Je me souviens parfaitement de la première fois où j'ai voulu composer quelque chose : j'en avais assez d'entendre toujours la même chose dans mon Walkman et j'ai décidé d'enregistrer quelque chose que j'avais créé moi-même avec des instruments que je pouvais jouer. Je devais avoir une quinzaine d'années. C'était une façon de faire la musique que je voulais entendre. Et c'est en quelque sorte ce que je fais encore aujourd'hui. C’était désastreux, mais c'était une tentative.

Tcha Limberger et le Tatavla trio dans un concert interactif à Bozar

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Ce samedi 27 avril, on retrouvait à Bozar Tcha Limberger et ses musiciens pour un concert interactif dans le cadre de Balkan Trafik -un concert 100% Grec ! Le concert était destiné à des enfants à partir de 6 ans, mais pas que... Outre les familles, des adultes sans enfants était également venus profiter de ce voyage musical.

Le concert a débuté avec une introduction par une animatrice de “Jeugd en Muziek Brussel”. Elle nous a appris des petites chansons en grec, des rythmes et une danse. Les rythmes grecques irréguliers ne sont pas toujours évidents pour les enfants mais, heureusement, certains parents très enthousiastes chantaient à pleine voix. Il faut dire qu’il n’y avait pas beaucoup de monde dans la salle, ce qui n’aidait pas pour la dynamique de groupe. Mais l’atmosphère était conviviale et détendue, le public étant là avant tout pour s’amuser et partager un bon moment.

Eva Gevorgyan, Discovery Award des ICMA 2019

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La jeune pianiste russe Eva Gevorgyan a déjà joué sur de nombreuses scènes prestigieuses. Étudiante à l'École centrale de musique de Moscou et boursière de l'Académie internationale de musique du Liechtenstein, elle a remporté de nombreux prix ainsi que le Discovery Award 2019 des International Classical Music Awards (ICMA). Evgenia Krivitskaya, du magazine russe Musical Life, a réalisé cet entretien avec la brillante jeune musicienne. 

Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez reçu la nouvelle du prix ICMA?

De la joie et du bonheur ! Se produire sur scène aux côtés de l'Orchestre Symphonique de Lucerne est un grand événement pour tout musicien. Cette récompense sera certainement une impulsion pour mon développement ultérieur. C’est un grand honneur de participer à une cérémonie aussi importante dans le monde de la musique classique, aux côtés de musiciens de renommée mondiale.

Cette année, vous fêtez vos 15 ans et vous avez déjà remporté des prix dans une quarantaine de concours de piano. Vous participez donc à des compétitions quatre ou cinq fois par an. N'est-ce pas difficile?

Les concours sont très importants dans la vie de musicien car c’est l’occasion de se présenter devant un large public. Chaque compétition est pour moi une nouvelle expérience et l’opportunité d'obtenir de nouveaux engagements. Après les concours, je suis souvent invitée à des festivals et concerts, et c’est important pour moi. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles je poursuis mon marathon de compétitions.

Un drone satanique : Der Freischütz à Strasbourg

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Une première sans doute à l’opéra : un drone y a un rôle à jouer. Et cela dans « Der Freischütz », un opéra romantique allemand créé en 1821 !

De quoi s’agit-il ? C’est l’histoire de Max, un jeune homme qui, s’il ne remporte pas un concours de tir, risque à la fois de perdre une promotion enviable – devenir le garde-chasse du Prince – et la main d’Agathe, la fille du garde-chasse en place, qui « fait valoir ses droits à la retraite ». Inquiétude : lors d’un concours préparatoire, le pauvre Max a eu la main tremblante et s’est même fait battre par un simple paysan. Mais voilà que surgit son ami Kaspar, un forestier, aux abois : il a vendu son âme au diabolique Samiel. Une solution pour lui, trouver un « remplaçant ». Ce sera Max. Dans la terrible Gorge-au-Loup, Kaspar lui prépare sept balles magiques. Ce que Max ignore, c’est que la septième sera guidée par Samiel. Il l’emploie pour tirer sur une colombe, Agathe s’écroule… Morte ? Miraculeusement non. Un moine survenant fort à propos a détourné le projectile, qui a abattu Kaspar. Tout est bien qui finit bien ? Presque. Le Prince accorde Agathe à Max, mais avec un sursis d’un an.

Voilà qui justifie – avec les développements de sa partition évidemment - que l’on considère cet opéra de von Weber comme l’un des premiers opéras romantiques allemands.

À la Scala, une MANON LESCAUT maussade

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Depuis vingt ans, depuis la production de Liliana Cavani présentée en juin 1998 sous la direction de Riccardo Muti, Manon Lescaut de Puccini n’a pas été reprise à la Scala de Milan. Aujourd’hui, David Pountney en présente une nouvelle mise en scène dans des décors de Leslie Travers, des costumes de Marie-Jeanne Lecca, des lumières de Fabrice Kebour.

L’action est transposée à la fin du XIXe siècle, au moment où le compositeur écrivait son troisième ouvrage. Selon David Pountney, « il n’est plus possible de considérer l’histoire de Manon Lescaut comme l’aurait fait un spectateur voyeur du XVIIIe siècle ; mais Puccini se montre capable de transcender la bulle temporelle de ses propres perceptions, en nous laissant une œuvre qui permet d’explorer une variété de significations sociales et sexuelles qui vont bien au-delà de ce que ses créateurs auraient pu imaginer ».  Donc la trame se déroule dans une gare de chemin de fer début XXe, style Orsay ou Gare du Nord, avec une passerelle métallique surplombant un bar-buvette et un quai jouxtant les voies d’entrée de trains surpeuplés. Accompagnée de quatre petites filles modèles à canotier enrubanné, symbole de son innocence rapidement culbutée par le plaisir, la pauvre Manon est en proie à la cupidité des hommes, tous vêtus de blanc, arborant feutre mou et œillet rouge comme l’étudiant Edmondo, gilet brodé comme Lescaut, houppelande comme Des Grieux, manteau à col de zibeline et canne à pommeau d’argent comme Géronte de Ravoir. Toute cette société corrompue va ensuite se retrouver  dans les wagons capitonnés d’un Orient-Express qui accueille, au passage, un ‘musico’ et deux ou trois pastourelles échappés du Siècle des Lumières, faisant face à l’héroïne vêtue de satin rouge, tombée au rang de la poule de luxe mais trônant sur un fauteuil d’apparat dérobé à un potentat oriental. Le Port du Havre voit un convoi à bestiaux avec lucarnes, où l’on a entassé les prostituées, finir sa course contre un paquebot armé dont le départ sera ridiculement salué par la foule comme dans un finale de Show Boat. Et comment croire que le dernier tableau peut se passer dans une station ferroviaire désaffectée, dévorée par les dunes de sable, ne contenant plus qu’un chariot où se consume la malheureuse, que son chevalier s’empressera d’abandonner, une fois le dernier soupir rendu ! Et si au moins une once de passion avait pu habiter ce décor léché, ces costumes magnifiques, ces éclairages fascinants !

Les finalistes du Concours International d’Art Lyrique de Namur

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A l’issue des deux premières journées, le jury du Concours International d’Art Lyrique de Namur (CIALN) a désigné 10 finalistes (dont 2 Belges) qui prendront part à l’épreuve finale, ce vendredi,  dans la Salle de Concert de l’IMEP.

L’occasion ici de faire plus ample connaissance avec ces dix personnalités et de savoir déjà ce qu’elles donneront à entendre (air choisi par le jury dans le répertoire proposé).

Le Festival Beethoven 2019 à Varsovie

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Le printemps à Varsovie est marqué par le festival Beethoven. Créé et dirigé par Elżbieta Penderecka, ce festival ne cesse de nous ravir. Invitant des artistes et des orchestres du monde entier : cette année, le public pouvait ainsi écouter des phalanges d’Espagne, de Corée du Sud, d’Italie, de Finlande, d’Allemagne, de Suisse et aussi les grands orchestres polonais. Le festival est une fenêtre sur le monde, formidable ouverture où l’on croise du public et des professionnels venus de la planète entière, saine attitude à une époque qui voit les esprits et les frontières se fermer. En l’espace d’un week-end, on pouvait avoir un aperçu de cette marque de fabrique unique et enthousiaste.

Le concert avec Susanna Mälkki et son Philharmonique d’Helsinki était des plus attendus. Venant en clôture d’une tournée européenne qui les a emmenés en Allemagne, Autriche, Pays-Bas et Pologne, l’orchestre et sa cheffe présentaient un programme de démonstration qui commençait par un inévitable Sibelius : mais avec l’un de ses poèmes symphoniques les moins usités : En Saga. Susanna Mälkki imprimait une marque intéressante en se concentrant sur une lecture plus orchestrale que narrative qui mettait en avant les masses instrumentales et la force de l’orchestration sibelienne. Violoniste inclassable, Pekka Kuusisto, ne pouvait pas livrer une lecture conformiste du célèbre Concerto pour violon de Tchaïkovski. Dès l’entrée du violon, le violoniste nous emmenait dans son monde musical, prenant le contre-pied du spectaculaire pour livrer une lecture ultra-narrative et même plutôt chambriste et lumineuse, comme si le musicien cherchait les lumières de lac Léman sur les rives duquel l’oeuvre fut composée. L’entente avec l’orchestre et sa cheffe était parfaite, même si le manque de projection du violoniste pénalisait certains passages. En bis, comme de coutume, Pekka Kuusisto sortait encore des sentiers battus avec une chanson populaire suédoise qui voyait l’instrumentiste jouer et siffler.

L'éloquence de l’Amatis Piano Trio

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Chaque année depuis 1995, l’European Concert Hall Organisation (ECHO), qui regroupe 21 des plus grandes salles de concert d’Europe, met en valeur quelques solistes ou groupes de musique de chambre particulièrement prometteurs choisis par ses membres. C’est le projet « Rising Stars », qui a ainsi déjà bénéficié à Lorenzo Gatto, Jakob Koranyi, Khatia Buniatishvili, Edgar Moreau, au Quatuor Modigliani, …

L’Amatis Trio, formation internationale fondée en 2014 par Lea Hausmann, Samuel Shepherd et Mengjie Han et déjà récompensée par plusieurs prix à des concours prestigieux, a été sélectionné pour la saison 2018-2019 par l’Elbphilharmonie de Hambourg, le Konzerthaus de Dortmund, la Philharmonie de Cologne et le Festspielhaus de Baden-Baden.

Un bouleversant Deutsches Requiem   

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Au cours de chaque saison, l’Agence Caecilia intercale plusieurs concerts exceptionnels dans sa série ‘Les Grands Interprètes’. Et c’est bien le mot ‘exceptionnel’ qu’il faut utiliser pour qualifier la remarquable exécution d’Ein deutsches Requiem op.45 de Brahms, donnée le 12 avril au Victoria Hall de Genève par le MDR Rundfunkchor et le Sinfonieorchester Basel sous la direction de Marek Janowski.

En premier lieu, le Chœur de la Mitteldeutschen Rundfunk, établi à Leipzig, est l’un des plus importants de la Société de radiodiffusion allemande ARD et a pour directeur artistique actuel le chef estonien Risto Joost ; et la qualité indéniable de chacun des registres contribue à une cohésion parfaite, ce qui lui octroie une palette de nuances expressives d’une rare richesse.

La Forza del Destino à Londres : gloire à Verdi

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Aucune production n’a sans doute été autant attendue et déjà commentée que La Forza del destino de Verdi programmée par le Royal Opera House de Londres,où l’oeuvre n’avait plus été à l’affiche depuis 2004. Pas pour la mise en scène de Christof Loy dont le public londonien connait le style et déjà présentée à Amsterdam en 2017, mais pour la distribution réunissant Anna Netrebko, Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier, malheureusement pas dans les dix spectacles de la série. Trois grands noms mais aussi et surtout trois artistes qui savent comment on chante Verdi et disposent du matériel vocal nécessaire et le style pour rendre justice à cette partition impressionnante et exigeante, dramatique et haute en couleur, parfaitement maîtrisée par Antonio Pappano et l’excellent orchestre du Royal Opera.