Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Makoto Ozone, alchimiste spontané

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Ça démarre sans crier gare. Makoto Ozone essaye un intervalle sur le piano du Studio 4 et, après un grognement satisfait, le colore et le malaxe partout sur le clavier, testant des dissonances délicieuses et des gammes volubiles.
Comme un fleuve, la musique coule de sa tête et de ses doigts et on hausse un sourcil amusé quand, au détour d’un swing endiablé, c’est une Mazurka de Chopin qu’on reconnaît, sans se tromper.

Calixto Bieito se déchaîne !

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© Annemie Augustijns

Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny de Kurt Weill
Reprise, sans doute, mais effet toujours garanti. En septembre 2011, cette production avait fait sensation - mais non scandale : le public du Vlaamse Opera de l'époque est celui de l'Opera Vlaanderen d'aujourd'hui, toujours aussi novateur. Le metteur en scène espagnol en met toujours plein la vue, pour notre plus grand bonheur. Parabole excitante d'un monde capitaliste fantasmé à l'extrême, Mahagonny réalise une union miraculeuse et unique entre théâtre et musique.

Keyvan Chemirani, une passerelle entre deux mondes  

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S’il y a bien un artiste qui incarne la thématique Orient-­Occident du Festival de Wallonie cette année, c’est Keyvan Chemirani. Né en France, d’un père iranien et d’une mère française, il apprend le système rythmique du radif persan avec son père pour premier maître. Au gré de sa curiosité, il puise son héritage dans de multiples langages musicaux, de tradition orale ou écrite, se prêtant à la création d’œuvres personnelles parallèlement à son activité de soliste ou d’accompagnateur.

Ouverture du Festival Musical de Namur: “Un peu comme à la maison”

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C’est en quelque sorte le “tube” de la maison que le Festival Musical de Namur offre à son public en guise de concert d’ouverture. Dans la salle bien remplie, on repère facilement ceux qui portent déjà le Diluvio dans leurs coeurs. Alors que Leonardo García Alarcón peut se vanter de l’avoir dirigé à la Chapelle Royale de Versailles deux jours auparavant, il déclare avec affection au public namurois qu’à l’Eglise St-Loup, “on se sent toujours un peu comme à la maison”.

Notre Dossier Prokofiev (4) : les Ballets, des fortunes diverses

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Cindarella, chorégraphie de L. Lavrovsky

La musique de Prokofiev est fondamentalement dynamique et tonifiante, et comme telle, elle semble prédestinée à l’expression corporelle, ce que confirme l’affection qu’il a toujours portée aux rythmes de danses classiques (Gavotte, Menuet). De fait, quasiment toute musique de Prokofiev pourrait servir, et a souvent servi, à des adaptations chorégraphiques. Et cependant, ce sont des fortunes diverses qu’ont connu et que connaissent aujourd’hui encore les ballets de Prokofiev.

L’Opérette règne encore (heureusement) en maître au Volksoper de Vienne

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© barbara pálffy/Volksoper

Der Bettelstudent
L’Opérette règne encore (heureusement) en maître au Volksoper de Vienne qui y a ajouté le musical et traditionnellement présente aussi des spectacles d’opéra et de ballet. En cette fin de saison c’était « Der Bettelstudent » l’opérette de Carl Millöcker qui partageait l’affiche avec entre autres « Anatevka » de Jerry Bock, « Cosi fan tutte » de Mozart, « La Traviata » de Verdi et le ballet « Marie-Antoinette » une chorégraphie de Patrick de Bana.

Une Bohème de plus ?

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© Lorraine Wauters

Une Bohème de plus ? Oui et non. Sans doute, l'opéra de Puccini est-il l'un des plus représentés au monde. Nous l'avions revu, en décembre dernier, à Anvers, dans une mise en scène sobre et poignante de Robert Carsen (voyez la critique sur le site). L'oeuvre est tellement riche et intense que la revoir, la même saison, ne dérange pas du tout, au contraire : les chefs-d'oeuvre ne lassent pas.

Rencontre : Julien Szulman, à propos  de Christian Ferras

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Julien Szulman © Jean-Baptiste Millot

Brillant violoniste français, super-soliste à l’Orchestre National des Pays de la Loire, Julien Szulman est également membre fondateur et vice-président de l’association « Les Amis de Christian Ferras » qui œuvre à entretenir le souvenir de ce violoniste de légende. Alors que le label Deutsche Grammophon édite un album « Forgotten Ferras » reprenant des inédits en CD du maître, Julien Szulman s’explique sur la redécouverte de ces gravures oubliées.