Metharcana, l’écriture électroacoustique hic et nunc

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Metharcana. Stephan Dunkelman (1956-2020) ; Ingrid Drese (1957-) ; Daniel Perez-Hajdu (1980-) ; Dimitri Coppe (1969-) ; Charo Calvo (1960-) ; Stephanie Laforce (1980-) ; Todor Todoroff (1963-) ; Elizabeth Anderson (1960-) ; Jean-Louis Poliart (1954-) ; Raphael Vens (1978). 113’50" – 2024 –  Livret : français et anglais. Soond. SND23010. 

Premier album de la Camerata Oresund : entre carte de visite, et carte postale de l’Europe baroque

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Pas de Bourrée. André Campra (1660-1744) : Suite de L’Europe Galante. Johan Helmich Roman (1691-1758) : Suite de Golovinmusiken. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto pour clavecin en la majeur BWV 1055. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Suite de Ouverture des Nations anciens et modernes en sol majeur TWV 55:G4. Antonio Vivaldi (1675-1741) : Concerto pour quatre violons en mi mineur RV 550 [L'Estro Armonico Op. 3]. Henry Purcell (1659-1695) : Suite de The Fairy Queen. Camerata Øresund. Peter Spissky, violon et direction. Tinne Albrectsen, Ida Lorenzen, Alison Luthmers, violon. Marcus Mohlin, clavecin. Livret en anglais, français, allemand. Juin 2021. TT 64’57. Channel Classics CCS45823

Le Tchèque Viktor Kalabis, un centenaire qui n’a pas été oublié 

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Viktor Kalabis (1923-2006) : Jeunesse, ouverture pour orchestre op. 7 ; Concerto pour orchestre de chambre « Hommage à Stravinsky » op. 3 ; Concerto pour violoncelle et orchestre op. 8. Miroslav Petráš, violoncelle ; Philharmonie Janáček d’Ostrava ; Orchestre de chambre Janáček, direction Viktor Kalabis. 1979-1984. Notice en anglais et en tchèque. 66’ 39’’. Supraphon SU 4334-2. 

Lieder de Mozart et de Richard Strauss par Sabine Devieilhe : une infinie délicatesse

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Das Veilchen K. 479, Abendempfindung K.523, An Chloe K. 524 et cinq autres lieder. Richard Strauss (1864-1949) : Die Nacht op. 10, Ständchen op. 17, Mädchenblumen op. 22, Morgen ! op. 27 et neuf autres lieder. Sabine Devieilhe, soprano ; Vilde Frang, violon ; Mathieu Pordoy, piano. 2023/24. Notice en anglais, en français et en allemand. Textes des lieder avec traductions anglaise et française. 66.37. Erato 5054197948862.

A Genève, le Beethoven de Daniele Gatti

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Dans son programme de saison, le Service Culturel Migros avait annoncé la venue de Daniele Gatti et l’Orchestra del Maggio Musicale Fiorentino interprétant la Neuvième Symphonie de Bruckner. Mais qui sait pourquoi, pour la série de quatre concerts donnés à Zurich, Berne, Genève et Lucerne, Daniele Gatti est bien présent mais à la tête d’une autre formation, l’Orchestra Mozart de Bologne fondé en 2004 par Claudio Abbado, repris en 2016 par Bernard Haitink puis en 2019 par son chef actuel qui a décidé d’en élargir le répertoire en intégrant des oeuvres méconnues du XIXe siècle et des ouvrages phares du XXe. Néanmoins pour cette tournée, le choix s’est porté sur deux des symphonies de Beethoven.

Dès les premières mesures de la Quatrième en si bémol majeur op.60, Daniele Gatti s’emploie à produire un coloris opaque en sollicitant le pianissimo des cordes graves d’où se dégagent progressivement les bois amenant un Allegro vivace d’une énergie farouche ponctuée par les timbales mais cultivant les contrastes d’éclairage dans un phrasé policé. L’Adagio a ici la fluidité d’un andantino dominé par un ample legato qui laisse affleurer d’infimes nuances des bois afin d’édulcorer les tutti. Le Menuetto tient du scherzo nerveux que tempère le trio par ses brusques ruptures de ton, alors que le Final développe une dynamique rapide grâce à la précision des cordes aboutissant à une coda désarticulant la phrase finale en guise de pirouette. 

Simon Rattle, le legs Berlinois pour Warner

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Warner remet en coffret l’ensemble du legs berlinois de Simon Rattle tel que documenté entre 1994 et 2012 par les micros de EMI. Ce coffret comprend les enregistrements réalisés pendant le mandat de direction musicale du chef anglais (2002-2018) mais aussi quelques galettes d’avant sa prise de fonction, révélateurs d’une relation intense naissante : Faust-Symphonie de Franz Liszt, Symphonie n°10 de Gustav Mahler et Gurre-Lieder d’Arnold Schoenberg. Mais ce coffret ne couvre pas la totalité des témoignages de Rattle avec ses Berlinois car au terme du contrat d’exclusivité avec Warner, l’orchestre avait lancé son propre label. 

Si l’élection de Claudio Abbado au poste musical suprême en 1989 avait été une surprise, la désignation de Simon Rattle avait été une évidence. Fort de son immense succès auprès du  City of Birmingham Symphony Orchestra de 1980 à 1998, le chef anglais avait imposé une marque et une nouvelle vision de la fonction de directeur musical : flexibilité artistique totale du baroque sur instruments d'époque au contemporain en passant par le grand répertoire à travers d'une conception historiquement informée, défense et vulgarisation de la création, affirmation des projets pédagogiques, vision communicative... 

A l’inverse d’un Abbado dont le coeur de répertoire était le grand romantisme austro-allemand (Mahler en tête de gondole), les figures germanophones de la modernité (Schoenberg/ Berg) avec un regard sur la modernité radicale et engagée (Nono, Boulez), Simon Rattle s’impose plus boulimique : s’il dirige Mahler, Strauss, Bruckner ou Schoenberg, il ne néglige pas Nielsen, Rachmaninov et même Orff ! 

A la lecture, on se rend compte que Rattle a ménagé le répertoire des Berlinois : Brahms, Mahler, Strauss, Bruckner mais il a contribué à ouvrir leurs horizons avec des enregistrements de poèmes symphoniques de Dvořák, des Symphonies n°1 et n°14 de Chostakovitch, des Cloches de Rachmaninov, d'Éclairs sur l’au-delà de Messiaen, de la Symphonie n°2 de Borodine, autant d’oeuvres que l’orchestre inscrivait à sa prestigieuse discographie. Si Karajan avait imposé sa légende avec des intégrales des grands cycles symphoniques, Rattle préfère le menu à la carte, ainsi une seule intégrale dans ce coffret des Symphonies de Brahms. L'ensemble du coffret est un peu un menu buffet que le chef a réalisé selon ses envies et ses passions. C’est un peu le verre à moitié vide versus le verre à moitié plein : peu de lignes structurantes mais une somme de disques tel un portrait à multiples facettes avec de grandes réussites qui se hissent au-dessus d’une solide moyenne. 

Le Lac d’argent de Kurt Weill à l’Opéra de Nancy

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Trop n’est jamais assez ! Tel semble avoir été le mot d’ordre de cette production. Des décors pharaonesques (au sens propre du terme, nous nous retrouvons dans une immense salle égyptienne soutenue par d’immenses colonnes-statues inattendues), des décors d’un manoir british cosy avec ses lampadaires et gravures ad hoc, un décor Magritte qui semble s’ouvrir sur un ciel bleu parcouru par quelques nuages évanescents. Une immense table débordant de mets factices indifférents à toute diététique. Des costumes flashy, sans rien de pastel bien sûr dans leurs coloris superlatifs, aux coupes déjantées, égyptienne-terroriste-policière, le plastique y ayant sa juste place -à moins qu’une blouse d’hôpital bâillant comme et où il faut suffise. Les interprètes surjouent à qui mieux mieux, soulignant ad libitum leurs phrases, leur chant, leurs poses. 

Mais ce trop-là n’est-il pas indigeste ? Eh bien non ! C’était le risque pourtant. On aurait pu très vite prendre une distance navrée ou agacée face à un pareil déferlement. Eh bien non, dans la mesure où tout cela est cohérent dans son incohérence, mesuré dans sa démesure.

On n’oubliera pas ce que l’on a vu ! Et qui est dû à Ersan Mondtag, avec des costumes de Josa Marx et des lumières de Rainer Casper.

Mais de quoi s’agit-il ? De la mise en scène du Lac d’argent, du Der Silbersee, de Kurt Weill. Et donc d’un opéra créé en 1933, qui se distingue à la fois par ses intentions politiques antifascistes et l’originalité éclectique de sa partition.