Catarina Amon, à propos de Classeek

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La plateforme en ligne Classeek ne cesse de se développer. 5 ans après son lancement, elle annonce toute une série de développements dont une série de concerts de jeunes talents diffusés en ligne. A cette occasion Crescendo Magazine s’entretient avec Catarina Amon, fondatrice et PDG de Classeek. 

Classeek a été fondée en 2017. Quel bilan tirez-vous 5 ans plus tard ? 

Le bilan le plus évident est que Classeek est une belle aventure. Car c’est comme une belle histoire d’amour, toujours animée par la même passion du premier jour. On ne regrette rien et on recommencerait. Notre engagement pour servir sa mission <Découvrir, suivre et soutenir les talents à travers le monde> ne se tarit pas. La fraîcheur, l’esprit créatif et innovateur y sont essentiels. Classeek est naturellement aussi un chemin d’apprentissage. On essaye, on trie ce qui fonctionne de ce qui ne fonctionne pas, et c’est ainsi qu’on avance dans le temps. Aujourd’hui je suis fière de ce que Classeek soitt devenue et de ce qu’on a pu construire.

Nous développons une vraie communauté, avec déjà 9 ambassadeurs exceptionnels au service des jeunes, qui nous ont recommandé 37 artistes qui se sont présentés sur notre scène et en livestream et qui ont participé à notre Programme. Cette année pour la première fois nous avons ouvert une place à des candidatures et nous avons reçu 98 candidatures de jeunes artistes entre 20 et 30 ans de grande qualité pour notre Programme 2022-2023. Et nous avons 2000 utilisateurs sur la plateforme sur ClasseekLink avec de belles histoires à raconter !

Cette rentrée est marquée par de nouveaux développements de la plateforme. Pouvez-vous nous les présenter ? 

ClasseekLink est une plateforme qui a l’ambition d’être la référence de l’industrie pour les jeunes artistes afin de se présenter, se rencontrer et de rester en contact entre eux et avec les professionnels. On crée une vraie communauté. Depuis sa naissance en octobre 2020, elle est en constante progression tel le chemin de vie d’un jeune musicien. Cette saison, nous allons la rénover de manière différente : par l’expérience utilisateur, le design pour la rendre plus parlante pour les jeunes générations, agréable d’utilisation afin qu’il se sentent comme “à la maison”. Nous commençons par l’amélioration de notre produit phare : le press kit digital qui est un outil créé en 2018 et qui sera intégré au profil des artistes. En un seul geste, un artiste où qu’il soit dans le monde pourra créer son profil avec presskit intégré et se présenter gratuitement. Facile à créer, mettre à jour et partager avec les organisateurs qui peuvent télécharger les matériels nécessaires directement en un clic, il permettra d’économiser des échanges de mails successifs. Un nouvel outil sera aussi intégré à la plateforme cette saison, une Newsroom qui donnera accès en temps réel à toutes les nouvelles de l’industrie agrégées apparues sur des médias généralistes, spécialisées de musique classique,  et sur les réseaux sociaux. Cette Newsroom permet aussi de filtrer le tout par dates, des nouvelles sur des catégories plus spécifiques, comme par exemple la discographie, les revues, les prix obtenus dans les compétitions, des interviews, des nouvelles sur des festivals, des premières et, à chaque recherche, on peut trouver les noms les plus cités dans les sources trouvées. Si on cherche dans la catégorie compétitions aujourd’hui, on voit que le nom le plus cité est celui du pianiste ukrainien Dmytro Choni qui a reçu la médaille de bronze cet été à la compétition Internationale de Van Cliburn. D’autres fonctionnalités verront le jour, destinées à développer un vrai esprit communautaire.

Sophia Vaillant et les compositrices françaises

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La pianiste Sophia Vaillant fait paraître un album intitulé “Compositrices françaises d’hier et d’aujourd’hui” (IndéSens). Ce voyage musical à travers le temps met à l’honneur 10 compositrices d’Hélène de Montgeroult à Betsy Jolas, Graciane Finzi et Edith Canat de Chizy.   

Votre nouvel album se titre “compositrices françaises d'hier et d'aujourd'hui". 10 compositrices sont à l’honneur de votre nouvel  enregistrement ? Comment avez-vous sélectionné ces partitions ?

J'avais envie de regrouper des compositions de style et d'époques différentes.  J'ai d'abord choisi les compositrices que j'avais envie de mettre à l'honneur : celles dont je jouais déjà certaines de leurs pièces, celles que j'avais envie de jouer, et celles dont je pensais qu'il était nécessaire de les mettre en avant.

Ensuite, j'ai fait le choix de présenter un programme d'œuvres très  diversifiées, contrastées, et assez courtes. J'ai donc lu beaucoup de partitions, et j'ai essayé de les combiner.

Le choix dans l’ordre des plages nous fait évoluer de manière chronologique ? Pourquoi avez-vous opté pour cette progression du  temps ?

L'ordre chronologique permet de situer chacune des pièces dans son contexte historique.

On parle parfois d’un style français, d’une école française de  composition plutôt caractérisée par un amour du timbre ? Est-ce qu’il y a un trait commun à ces différentes œuvres ?

L'école française de composition est, en partie, caractérisée par  l'amour du timbre. Surtout à partir du XXe siècle, avec les compositeurs tels que Varèse, Honegger, Messiaen, ... Cette recherche sur le timbre est peut-être la caractéristique de l'évolution de la musique occidentale, à partir de la deuxième école de Vienne. Je dirai que le trait commun entre toutes ces œuvres, est la grande liberté d'écriture.

Joliment joli : « Lakmé » de Léo Delibes 

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A l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, Lakmé de Léo Delibes offre à ses spectateurs un album de belles images colorées-coloriées et surtout des ravissements vocaux. Tout cela est, n’y voyez pas d’ironie, joliment joli. 

Dans le jardin aussi magnifique que solennel d’un temple hindou, ils se voient et cela suffit pour qu’ils s’aiment. Définitivement. Mais ils ne vivent pas dans le meilleur des mondes et tout ne pourra pas y aller pour le mieux. Elle, c’est Lakmé, la fille du redoutable brahmane Nilakantha ; lui, c’est Gérald, un officier de ces forces britanniques qui ont colonisé et occupent le pays. Leur amour est impossible, elle en mourra. 

Une tragédie, oui et non. Oui dans les faits et leur enchaînement fatal, non dans la musique et les airs qui l’expriment. Si beaux pour dire le rêve impossible.

Joliment jolie : telle est la mise en scène de Davide Garattini Raimondi, absolument couleur locale. Tout dit l’Inde des représentations coloniales : processions religieuses, pétales de fleurs, statues des dieux, bougies, sari, uniformes anglais (dont nous venons de contempler à satiété les déclinaisons contemporaines lors d’un enterrement récent), portrait de la Reine Victoria. Et surtout, elle nous vaut un remarquable travail sur les couleurs, celles des lumières de Paolo Vitale, celles des vêtements de Giada Masi. Le fruit, comme nous l’apprend la brochure de soirée, de tout un travail de recherche sur ces couleurs et leurs significations là-bas. Oui, un magnifique album d’images colorées-coloriées.

1948-1957 : la jeunesse talentueuse de Friedrich Gulda

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano et orchestre n° 25 en do majeur K. 503 et n° 26 en ré majeur K. 537 ; Sonate pour piano n° 18 en ré majeur K. 576. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonates pour piano n° 4 en mi bémol majeur op. 7, n° 7 en ré majeur op. 10 n° 3, n° 8 en do mineur op. 13 « Pathétique » et n° 19 en sol mineur op. 49 n° 1. Richard Strauss (1864-1949) : Treize lieder ; Burlesque en ré mineur pour piano et orchestre. Carl Maria von Weber (1786-1826) : Konzertstück en fa mineur pour piano et orchestre op. 79. Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano et orchestre n° 1 en mi mineur op. 11 ; Ballades n° 1 à 4 op. 23, 38, 47 et 52. Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, Livres I et II ; Suite bergamasque ; Pour le piano. Maurice Ravel (1875-1937) : Valses nobles et sentimentales ; Gaspard de la nuit ; Sonatine. Friedrich Gulda, piano ; Hilde Gueden, soprano ; New Symphony Orchestra et London Symphony Orchestra, direction Anthony Collins ; Orchestre Philharmonique de Vienne, direction Volkmar Andrae ; London Philharmonic Orchestra, direction Sir Adrian Boult. 1948-1957. Notice en allemand et en anglais. 432.15. Un coffret de six CD Profil Hänssler PH19017.

Hautbois & piano, deux nouvelles parutions, avec Pauline Oostenrijk, Gabriel Pidoux et Jorge Gonzalez Buajasan

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Fantasia. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Fantasias en la mineur, si mineur, ut majeur, ré mineur, mi mineur TWV 40:3, 4, 6, 7, 9 [Douze Fantaisies pour flûte traversière sans basse]. Fantasias en ré mineur, ut majeur, mi mineur, la majeur, si mineur TWV 33:2, 14, 21, 31, 33 [Fantaisies pour le clavecin]. Postludium In memoriam de Pauline Oostenrijk d’après TWV 33:19, 21, 31. Pauline Oostenrijk, hautbois, piano. Août 2021. Livret en anglais, néerlandais. TT 62’02. Cobra Records 0085

Romance. Robert Schumann (1810-1856) : Drei Romanzen Op. 94. Edward Elgar (1857-1934) : Salut d’amour Op. 12. Léopold Wallner (1847-1913) : Trois Pièces romantiques. Marina Dranishnikova (1929-1994) : Poème. Clara Schumann (1819-1896) : Trois romances Op. 22. Gabriel Pidoux, hautbois. Jorge Gonzalez Buajasan, piano. Janvier 2021. Livret en français, anglais, allemand. TT 49’26. Alpha 789

Fantaisies vocales et pianistiques de Lord Berners 

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Lord Berners (1883-1950) : Mélodies : Lieder album : Three Songs in the German Manner ; Trois Chansons ; Three English Songs ; Dialogue between Tom Filuter and his Man by Ned the Dog Stealer ; Three Songs ; Red Roses and Red Noses ; Come on Algernon. Pièces pour piano : Polka ; Le Poisson d’or ; Dispute entre le papillon et le crapaud ; Trois petites marches funèbres ; Fragments psychologiques ; Marche ; L’Expulsion du paradis ; Valse. Ian Partridge, ténor ; Len Vorster, piano. 1998. Notice en anglais. 51.45. Naxos 8.554475. 

Nouveautés en Urtext  chez Breitkopf & Härtel 

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La célèbre collection de partitions de l’éditeur Breitkopf & Härtel s’enrichit de quelques belles nouveautés qui méritent l’attention des mélomanes. Comme toujours, il faut saluer le travail éditorial de cette collection déclinée en grand format de concert ou en partition d’études avec des préfaces et des précieux commentaires critiques.  

Maurice Ravel, Daphnis et Chloé (ballet complet), PO Grand format. Breitkopf &  Härtel PB 5660 / ISMN : 979-004-21547-0

Maurice Ravel,  Daphnis et Chloé (ballet complet),  (réduction pour chant et piano),  Breitkopf &  Härtel, EB 9422 / ISMN : 979-0-004-188899-6  

En premier lieu, il faut saluer la nouvelle édition de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel par Jean-François Monnard, dans la version intégrale du ballet. Il est peu dire que cette nouvelle édition était attendue tant les fautes dans l’édition originale étaient proverbiales et que les chefs d’orchestres s’échangaient des listes de corrections. Ce travail s’impose donc comme une nouvelle référence pour les ravéliens. La présente partition, au format de concert, est enrichie d’une reproduction d’une page du manuscrit conservé à l’Université du Texas à Austin ainsi que de deux extraits des décors de Léon Bakst pour les représentations du ballet. Notons que Jean-François Monnard propose également une édition de la réduction pour chant et piano, source également des plus intéressantes car cette réduction pour piano et chant est de la main même du compositeur. Pour en savoir plus sur cette édition, nous renvoyons à l'interview que Jean-François Monnard nous a accordée. 

Gustav Mahler, Das Lied von der Erde, Breitkopf & Hartel, PB 5641 / ISMN 979-0-004-21538-8/ 

La collection consacrée aux œuvres de Gustav Mahler, sous la direction de Christian Rudolf Riedel, se complète d’une nouvelle édition révisée du Lied von der Erde. Venant après les symphonies n°1, n°3 et n°4, ce nouvel opus continue de placer la barre au plus haut. Comme toujours avec Mahler, le travail scientifique est impressionnant car même si la création du Lied von der Erde fut posthume, le compositeur, dans un état émotionnel intense, ne cessait de travailler sur la partition, modifiant des aspects instrumentaux sur le manuscrit et sur les modèles envoyés au graveur. Malheureusement, Mahler ne put superviser la gravure et de nombreuses questions sont restées sans réponses, et des choix unilatéraux furent effectués. Dès lors, cette édition se revendique comme la "première édition critique de l'œuvre sur une base scientifique solide des sources"

Toutes les décisions éditoriales sont expliquées dans les indispensables annexes critiques.  Une immense réussite et une superbe partition complétée de quelques reproductions de pages du manuscrit conservé à New York dans les fonds de la prestigieuse Morgan Library & Museum.