Charles Koechlin cinéphile et cosmique
Charles Koechlin (1867-1950) : The Seven Stars’ Symphony, Op.132 ; Vers la Voûte étoilée, Op.129. Sinfonieorchester Basel, Ariane Matiakh. 2021. Livret en anglais et allemand. 56’32’’. Capriccio. C 5449.
Charles Koechlin (1867-1950) : The Seven Stars’ Symphony, Op.132 ; Vers la Voûte étoilée, Op.129. Sinfonieorchester Basel, Ariane Matiakh. 2021. Livret en anglais et allemand. 56’32’’. Capriccio. C 5449.
Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonates et Partitas en sol mineur, si mineur, la mineur, ré mineur, ut majeur, mi majeur BWV 1001-1006. Fabio Biondi, violon. Livret en français, anglais et japonais. Juin 2020. TT 67’26 & 71’16. Naïve V 7261
Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonate no 2 en la mineur BWV 1003, Partita no 2 en ré mineur BWV 1004, Partita no 3 en mi majeur BWV 1006. Frank Peter Zimmermann, violon. Livret en anglais, allemand, français. Juin 2020 & mars 2021. TT 67’38. SACD BIS 2577
Cette année encore, les Chorégies d’Orange prouvent que l’opéra est une fête : des milliers de spectateurs (jusqu’à 8 000) s’y retrouvent pour vivre intensément un spectacle aux dimensions de l’immense scène aux immenses murs du Théâtre Antique.
A l’affiche : L’Elisir d’amore de Gaetano Donizetti. Un livret joyeusement idéal en ces temps de résurrection sanitaire : dans ce petit village campagnard, le pauvre Nemorino est éperdument amoureux de la belle Adina. L’impertinente se moque de lui et semble se laisser convaincre par les rodomontades de Belcore, un militaire autosatisfait. Mais voilà que Dulcamara, un « docteur miracle », surgit, qui propose à Nemorino un infaillible « élixir d’amour »… en fait, du vin de Bordeaux. Quelques complications d’amours-propres et quelques quiproquos plus tard, tout se conclura évidemment par un happy end.
Le livret est drôle, la mise en scène l’est tout autant. Adriano Sinivia emporte tout cela au rythme prestissimo qui convient. Il sait diriger ses chanteurs-acteurs. Le gigantisme des lieux l’a manifestement inspiré puisqu’il inscrit l’intrigue dans une scénographie rurale surdimensionnée. Tout est gigantesque : les épis de blé, le fer d’une pelle, la roue d’un tracteur, les fruits et les légumes. On est plongés dans une savoureuse hyperbole scénique. La farce est au rendez-vous notamment dans les costumes et les attitudes des militaires, dans une série de gags irrésistibles. Ce qui n’empêche pas des « arrêts sur image » pour la mise en évidence des moments sentimentalement expressifs de l’œuvre.
Musicalement, c’est un régal : la partition de Donizetti est aussi inventive et savoureuse dans l’humour que dans l’émotion. On rit et on est émus. D’autant plus que Giacomo Sagripanti, bien suivi par l’Orchestre Philharmonique de Radio France et les Chœurs des Opéras Grand Avignon et de Monte Carlo, a compris qu’il ne fallait pas en rajouter dans l’expressivité et plutôt la faire vivre dans ses effets multiples et nuancés. Un travail musical que les spectateurs peuvent facilement apprécier puisque l’orchestre, placé devant le plateau, est bien visible de tous.
Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : Symphonies n° 1 « A Sea Symphony », n° 2 « London », n° 5 et n° 9 ; Ouverture « Les Guêpes » ; Fantaisie sur un thème de Thomas Tallis ; Norfolk Rhapsody n° 1 ; In the Fen Country ; Fantaisie sur « Greensleeves » ; Concerto grosso ; The Solent ; Fantaisie pour piano et orchestre ; Six petites pièces pour piano ; The Lark Ascending ; Phantasy Quintet ; Quatuors à cordes n° 1 et n° 2 ; Toward the Unknown Region, pour chœur et orchestre ; Willow-Wood, cantate pour baryton et orchestre ; The Voice out of the Whirlwind, motet pour chœur et orchestre ; Five Variants for Dives and Lazarus, pour cordes et harpe ; The Sons of Light, cantate pour chœur et orchestre ; Messe en sol mineur ; Three Choral Hymns ; A Vision of Aeroplanes et quatre pages de musique chorale sacrée. Jennifer Pike, violon ; Garfield Jackson, alto ; Joan Rodgers, soprano ; Christopher Maltman et Roderick Williams, barytons ; Orchestre symphonique et Chœurs de Bournemouth, direction Paul Daniel et Kees Bakels ; New Zealand Symphony Orchestra, direction James Judd ; Orchestre de chambre de New York, direction Salvatore Di Vittorio ; Orchestre et Chœurs du Royal Liverpool Philharmonic, direction David Lloyd-Jones ; The Choir of Clare College de Cambridge, direction Timothy Brown, Quatuor Maggini ; solistes divers. 1993-2015. Notices en anglais (et en allemand à deux reprises). 504.25. Un coffret de huit CD 8.508021.
CelloEvolution. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Prélude BWV 1008, Allemande BWV 1012, Courante BWV 1007, Sarabande BWV 1011, Bourrées BWV 1010, Gigue BWV 1009 [Suites pour violoncelle]. Domenico Galli (1649-1697) : Sonata IX. Giuseppe Maria Dall’Abaco (1710-1805) : Capriccio Quarto. Domenico Gabrielli (1651-1690) : Ricercar Sesto ; Ricercar Primo. Giulio De Ruvo (fl. XVII-XVIIIe) : Romanella VI ; Romanella VIII. Francesco Paolo Supriano (1678-1753) : Toccata V ; Toccata X. Giovanni Battista Vitali (1632-1692) : Capritio. Giuseppe Colombi (1635-1694) : [Gigue]. Josetxu Obregón, violoncelle baroque, violoncelle piccolo. Livret en anglais, français, allemand, espagnol. Novembre 2020. TT 55’53. Glossa GCD 923109
Brett Dean (né en 1951) : Testament - Music for Orchestra ; Ludwig van Beethoven (1170-1827) : Symphonie n°2 en ré, Op.36. Bayerisches Staatsorchester, Vladimir Jurowski. 2020. Livret en allemand et anglais. 46’13’’. Bayerische Staatsorchester Recordings. BSORE0002.
Si Moïse a finalement réussi à sauver son peuple en lui ouvrant les eaux de la mer Rouge, en revanche, il n’y a eu aucun miracle pour sauver le Rossini de Tobias Kratzer.
Moïse et Pharaon, un opéra créé à Paris en 1827, est la refonte radicale d’un précédent Mosè in Egitto créé à Naples en 1818. La version parisienne est typique du « grand opéra à la française » : grand orchestre, distribution abondante, décors monumentaux, effets scéniques, sujet historique, et l’indispensable ballet.
Moïse et Pharaon est le conflit à rebondissements entre le terrible prophète et le souverain égyptien, ponctué par des emprisonnements, des malédictions concrétisées et le miracle d’une mer traversée. On y ajoutera une histoire d’amour entre Anaï, la nièce de Moïse, et Aménophis, le fils du Pharaon.
Cela aurait pu être grandiose, spectaculaire, exaltant. Il n’en est rien. Tobias Kratzer, le metteur en scène, a –évidemment- voulu actualiser le propos. Les Hébreux sont devenus des migrants confrontés à des occidentaux technocratisés sans âme. Au premier acte, le plateau est divisé en deux : à gauche, les tentes misérables d’un camp de migrants, à droite les bureaux high tech d’un pharaon moderne. Voilà qui réduit l’espace de jeu : on s’agite chez les migrants, on reste figé chez les nantis. Ajoutons que dans cet univers aux apparences très réalistes, Moïse apparaît tel que Charlton Heston l’a immortalisé dans le film de Cecil B. DeMille. Anachronisme « significatif » bien sûr. On ne se parle pas en direct entre les deux camps : si Moïse a une ligne directe avec Dieu, les autres le contactent par Zoom ou autre Skype. On imagine ce qui en résulte pour la tension dramatique. L’épouse convenable proposée à Aménophis lui apparaît sur la page d’un site de rencontres. Faisons bref : une vidéo déroule des catastrophes naturelles d’aujourd’hui, bien métaphoriques, n’est-ce pas, des fléaux qui s’abattent sur l’Egypte, et on n’échappe pas aux canots pneumatiques et gilets de sauvetage pour la traversée des « migrants ». Quant à la direction d’acteurs, elle est inexistante ou tristement littérale. Le ballet est un long moment à passer. La vidéo est dispensable.
La production aixoise de cet opéra de Mozart suscite une réflexion bienvenue nourrie de l’expérience concrète vécue dans ce lieu mythique qu’est l’Archevêché. Pour Satoshi Miyagi, le metteur en scène japonais, le théâtre moderne s’est enfermé dans une impasse en faisant des personnages et de leurs interprètes des êtres « grandeur nature », « de la même taille que le spectateur dans la salle ». On est dans « le fait-divers », on ne peut plus avoir « un point de vue ʺdivinʺ sur l’œuvre, sur l’ordre du monde, sur les questions de savoir comment l’Histoire s’est faite ». L’opera seria de Mozart lui a semblé particulièrement bienvenu pour nous reconfronter « au colossal et au mythologique ».
Troie a été détruite. Ilia, princesse troyenne, est recluse chez l’un des vainqueurs, Idoménée, roi de Crète. Elle aime Idamante, son fils. On annonce la mort d’Idoménée. Leur amour serait donc possible ? Sauf qu’Idoménée a survécu parce qu’il a promis aux dieux de sacrifier la première personne qu’il rencontrerait. Ce sera son fils ! Qu’Elettra, jalouse d’Ilia, aime aussi. Tout va évidemment se compliquer…
Les héros que découvre le spectateur lui apparaissent juchés sur des sortes de hautes tribunes en triangle, aux parois comme tissées en fils d’araignées, mus par des êtres humains qui y sont enfermés. Des héros donc qui, comme posés sur des colonnes, ont retrouvé une dimension « colossale et mythologique ». Ainsi perchés, ils vont s’affronter, sans presque jamais se regarder : c’est aux dieux qu’ils rendent des comptes. Quant aux « hommes de peine », ils sont en quelque sorte la commune humanité, celle qui est sempiternellement la victime des conflits, des décisions de ces « grands »-là.
The Florentine Renaissance. Guillaume Dufay (1397-1474) : Nuper rosarum flores - Terribilis est locus iste ; Nuper almos rosae flores ; Salve flos Tuscae gentis - Vos nunc Etruscae iubeo - Viri mendaces ; Vanne mio core ‘Va t’en mon cueur’ ; Mirandas parit haec urbs Florentina. Gilles Binchois (c1400-1460) : Vanne mio core ‘Pour prison’. Heinrich Isaac (c1450-1517) : Prophetarum maxime ; Trionfo delle dée ‘Né più bella di queste’ ; Corri, Fortuna ; Lasso quel ch’altri fugge ; Quis dabit capiti meo aquam? ; Quis dabit pacem populo timenti?. Anonymes & Heinrich Isaac [attrib.] : Hora mai che fora son’ ; Quando riguardo el nostro viver rio ; Ben venga maggio ; Ora mai sono in età ; Che fai qui core? ; Viva, viva in nostro core ; Canto de’ profumi ; Canto dello zibetto ; O maligno e duro core. The Orlando Consort. Matthew Venner, contreténor. Mark Dobell, Angus Smith, ténors. Donald Greig, baryton. Livret en anglais ; paroles en langue originale et traduction en anglais. Janvier & novembre 2020. 72’27. Hyperion CDA68349
Josquin’s Legacy. Josquin Desprez (c1440 ou 1450-1521) : Nymphes des Bois ; Illibata Dei Virgo nutrix ; O Virgo prudentissima ; Tu solus qui facis mirabilia. Johannes Ockeghem (c1410-1497) : Intemerata Dei Mater. Loyset Compère (c1445-1518) : Quis numerat queat. Antoine Brumel (c1460-c1512) : Tous les regretz. Pierre de La Rue (c1452-1518) : Absalon fili mei [attrib.]. Antoine de Févin (c1470-c1511) : Nesciens Mater. Jean Mouton (av1459-1522) : Qui ne regrettoit. Adrian Willaert (c1490-1562) : Infelix ego. Heinrich Isaac (c1450-1517) : Esto mihi. Jean Lhéritier (c1480-ap1551) : Miserere mei, Domine. The Gesualdo Six. Guy James, Andrew Leslie Cooper, contreténors. Joseph Wicks, Josh Cooper, ténors. Michael Craddock, baryton. Samuel Mitchell, Owain Park, basses. Livret en anglais ; paroles en langue originale et traduction en anglais. Novembre 2020. TT 68’02. Hyperion CDA68379
Lux Laetitiae. Splendors of the Marian Cult in Early Renaissance Ferrara. Gilles Binchois (c1400-1460) : Ave Regina celorum. John Dunstable (c1390-1453) : Gaude Virgo salutata - Virgo Mater comprobaris ; Specialis Virgo ; Salve Regina Mater mire ; Quam pulchra es. Leonel Power (c1370/1385-1445) : Salve Regina misericordie ; Gloriose Virginis Marie. Guillaume Dufay (1397-1474) : Ave Maris Stella ; Flos Florum ; Magnificat octavi toni ; Alma redemptoris Mater ; Fulgens iubar ecclesie Dei – Puerpera pura parens. La Reverdie. Claudia Caffagni, voix, luth, psalterion. Livia Caffagni, voix, flûtes à bec, vièle. Elisabetta De Prcovich, voix, vièle. Teodora Tommasi, voix, harpe, flûte à bec. Doron David Sherwin, voix, cornetto. Matteo Zenatti, voix, harpe. Susanna Defendi, Valerio Mazzucconi, saqueboute. Emanuele Petracco, voix. Lorenzo D’Erasmo, tambour, cloches. Livret en anglais, français, italien ; paroles en langue originale et traduction trilingue. Juillet 2021. 67’27. Arcana A526
Gordon Jacob (1895-1984) : Sonatine pour alto et piano (1946) ; Miniature Suite pour clarinette et alto (1956) ; Trio pour clarinette, alto et piano (1969); Variations pour alto solo (1975) ; Prélude, Passacaille et Fugue pour violon et alto (1948). Jadwiga Stanek (alto), Magdalena Swatowska (piano), Borys Biniecki (clarinette), Bolesław Siarkiewicz (violon). 2021-58’12-Textes de présentation en polonais et anglais- Dux - DUX 1847