Anton Webern (1883-1945) : Langsamer Satz ; Arnold Schoenberg (1874-1951) : Quatuor à cordes N° 2* ; Alban Berg : (1885-1935) : Quatuor à cordes Op. 3. Ensemble Richter ; Mireille Lebel, mezzo-soprano*. 2018-2019. 59’51.Livret en anglais, en allemand et en français. 1 CD Passacaille PAS 1093.
Eugen Jochum - Les enregistrements choraux chez Philips. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Messe en si mineur, BWV 232 ; Passion selon Saint Matthieu, BWV 244 ; Passion selon Saint Jean, BWV 245 ; Oratorio de Noël, BWV 248. Joseph Haydn (1732-1809) : Die Schöpfung (La Création), oratorio Hob. XXI:2. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Missa Solemnis en ré majeur, op. 123. Rudolf Mengelberg (1892-1959) : Magnificat. Herman Krebbers, violon. Elly Ameling, Agnes Giebel, Lois Marshall, Hertha Töpper, soprano ; Brigitte Fassbaender, Marga Höffgen, Annie Woud, alto ; Ernst Haefliger, John van Kesteren, Waldemar Kmentt, Horst R. Laubenthal, Peter Pears, Alexander Young, ténor ; Walter Berry, Kim Borg, Hans Braun, Franz Crass, Gottlob Frick, Leo Ketelaars, Hermann Prey, Karl Ridderbusch, basse. Tölzer Knabenchor, Boys’ Chorus of St. Willibrord’s, Amsterdam, Netherlands Radio Chorus, Chor und Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Concertgebouworkest Amsterdam, direction : Eugen Jochum. Enregistré entre le 26 avril 1952 et le 15 octobre 1972 à la Herkulessaal de Munich et la Grote Zaal du Concertgebouw d’Amsterdam. Édition 2021. Livret substantiel en anglais. 1 coffret 13 CD Decca « Eloquence » 4842000.
Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Meins Lebens Licht : Cantate BWV 45 Es ist dir gesagt, Mensch, was gut ist. Motet BWV 118 O Jesu Christ, mein’s Leben Licht . Cantate BWV 198. Laß, Fürstin, laß noch einen Strahl, Trauerode. Dorothee Mields, soprano ; Alex Potter, alto ; Thomas Hobbs, ténor ; Peter Kooij, basse ; Collegium Vocale Gent, direction Philippe Herreweghe. 2020. Notice en anglais, en français, en allemand et en néerlandais. Textes en allemand avec traduction dans les trois langues. 58.35. PHI LPH035.
Nous ne saluons plus la qualité et le sérieux du travail des éditions Bärenreiter qui, malgré la crise sanitaire actuelle, continuent de ravir les mélomanes avec quelques nouveaux ouvrages consacrés à Beethoven, Mozart, Saint-Saëns et Clara Schumann.
L’année Beethoven se poursuit à travers des rééditions parfois augmentées et agrémentées de nouvelles sources, et destinées à offrir une vision plus récente et précise. Bärenreiter poursuit ainsi le renouveau de son catalogue avec deux ouvrages : le Quatuor à cordes opus 131 et la Bagatelle en la mineur pour piano « Für Elise ». Connue de tous, cette dernière demeure un ouvrage mystérieux enclin au questionnement, sans doute anecdotique : qui est Élise ? Mario Aschauer signe l’édition et les doigtés de cette nouvelle parution. Deux versions s’opposent ici : la première édition historique, la plus connue de nos jours, et une seconde version transcrite et finalisée par l’auteur de cette édition sur base des révisions du compositeur (le manuscrit avec les révisions du compositeur est également retranscrit ici).
Ludwig van Beethoven, Bagatelle en la mineur pour piano « Für Elise », WoO 59, BA 11839
Avant-dernier quatuor de Beethoven, l’opus 131 est sans conteste l’un des quinze quatuors les plus puissants connus à ce jour. Sept mouvements sans interruption composent l’ensemble achevé quelques mois avant la mort du compositeur. L’ouvrage débute par une fugue avant de faire place à un second mouvement léger et virevoltant. L’Allegro moderato qui suit (seulement onze mesures) adopte trois attitudes par le prisme de trois tempi différents. Pas de double barre en fin de mouvement, souhait du compositeur qui préfère ici une ligne continue.
Le quatrième mouvement, un Andante ma non troppo et molto cantabile, est construit sur la forme du thème et variations qui, à lui seul, pourrait constituer une œuvre à part entière.
S’enchainent ensuite un presto tout aussi original par sa conception et ses audaces, un Adagio quasi un poco andante sous forme de transition et enfin un final (Allegro) redoutable et saisissant. Nous devons au spécialiste Jonathan Del Mar un travail conséquent sur l’ensemble de ce quatuor. Dans un format de poche, le score du quatuor réunit toutes les qualités bien connues de l’éditeur : clarté du propos, dynamiques précises, travail de gravure exceptionnel, choix de couleur du papier idéal pour une lecture confortable… Enfin le matériel (volume à part) bénéficie de cette même qualité tant dans la taille d’écriture que dans la mise en page.
Complete Works for keyboard. Vol 4. Alla Veneziana ; Concerti italiani. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concertos BWV 972-976 & 978-980. Concertos pour orgue BWV 592-594 & 596. Prélude et Fugue en la mineur BWV 894. Fantaisie et Fugue en la mineur BWV 944. Prélude et Fugue en sol mineur BWV 535. Fugue en sol mineur BWV 542/2. Toccata et Fugue en ut majeur BWV 564. Trio en ré mineur BWV 583. Préludes de choral BWV 694, 736, anh 52, 58, 65, 69. Allein Gott in der Höh sei Ehr BWV 664. Benjamin Alard, clavecin historique Mattia De Gand (Rome 1702), clavecin à pédalier Philippe Humeau (Barbaste 1993), orgue Silbermann de l’Abbaye Saint-Étienne de Marmoutier. Livret en français, anglais et allemand. Mai 2019 – Juin 2020. TT 73’41 + 59’01 + 64’13. Harmonia Mundi 3 CDs HMM 902460.62.
Paul Wranitzky (1756-1808). Œuvres orchestrales, volume I : Dir Poststation : Ouverture. Symphonie en do majeur op. 19 « à l’occasion de l’accession de Franz II au trône d’Empereur germanique ». Symphonie en si bémol majeur op. 33 n° 1. Das Fest der Lazzaroni : Ouverture et Sérénade. Orchestre de chambre de la Philharmonie de Pardubice, direction Marek Štilec. 2019. Notice en anglais. 68.51. Naxos 8.574227.
Pierre Wissmer (1915-1992) : Divertimento. Concerto pour clarinette et orchestre. Concerto pour guitare et orchestre. Concerto n° 3 pour piano et orchestre. Suite symphonique du ballet « Alerte, puits 21 ! ». Paul Meyer, clarinette ; Thibault Cauvin, guitare ; Yuri Boukoff, piano ; Orchestre de Douai Région Hauts-de-France, direction Jean-Jacques Kantorow ; Orchestre symphonique de RTL, direction Louis de Froment et Pierre Wissmer. 1965, 1976 et 2021. Notice en français et en anglais. 113.20. Un album de deux CD Claves 50-3018/19.
Le Festival de Pâques de Deauville s’adapte au contexte sanitaire en mettant en place une édition numérique. Les cinq concerts maintenus sur neuf initialement prévus sont transmis en directe sur plusieurs plateformes de vidéo et d’audio, offrant ainsi aux musiciens des occasions de jouer dans la salle Elie de Brignac, qui a vu tant de jeunes talents débuter et s’épanouir depuis 25 ans. Les 24 et 25 avril ont eu lieu les 2e et 3e concerts du Festival, et chaque soirée a proposé un programme mêlant des œuvres connues et méconnues.
Paris-Espagne
Le concert du 24 avril est consacrée au thématique Paris-Espagne, avec des compositions de Ravel, de Falla et Infante qui ont tous choisi Paris comme lieu d’activité. La harpe et la voix sont particulièrement mises en avant dans la majeure partie de ce programme. La harpiste Coline Jaget est la protagoniste de l’Introduction et Allegro pour flûte, clarinette, harpe et quatuor à cordes, pièce que Ravel a composée sur une commande de la firme Erard qui lançait un instrument à pédales à double action. La finesse et la volonté sont les deux mots qui nous reviennent souvent en écoutant la harpiste qui explore brillamment toutes les possibilités proposées par cette partition fascinante. Mathilde Caldelini (flûte) et Amaury Viduvier (la clarinette) sont en totale harmonie avec Jaget dont le jeu est délicieusement mis en relief avec les cordes talentueuses : Shuichi Okada et Perceval Gilles (violon), Paul Zientara (alto) et Adrien Bellom (violoncelle).
La mezzo soprano Adèle Charvet chante son répertoire de prédilection : la mélodie. Psyché pour voix, violon, alto, violoncelle, flûte et harpe et deux extraits des Siete canciones populares espanolas (Jota et Nana) ainsi que les Trois poèmes de Stéphane Mallarmé du même Ravel nous offrent des occasions d’apprécier son timbre chaleureux et charnu. Si les aigus ne constituent pas son point fort, elle les tourne intelligemment, de manière à ce que cela crée un contraste avec son medium bien assis. La partie de piano de Jota et de Nana est tenue par la harpe seul, les cordes pincées rappelant celles de la guitare, alors que la cantatrice s’assied pour les chanter, comme on le ferait dans un salon, entouré d’êtres proches, ou dans la rue, devant les passants.
Que sa personnalité était attachante, tant elle irradiait la scène par sa présence, sa musicalité et son art du dire qui justifiaient la versatilité de son répertoire à l’opéra, en récital, au concert ! Sa voix était celle d’un véritable mezzosoprano avec une facilité dans l’aigu lui permettant d’aborder la tessiture de soprano dramatique, toutefois prudemment abandonnée après cinq ou six saisons. Néanmoins, le timbre réussit à préserver sa patine cuivrée tout au long d’une impressionnante carrière qui dura quarante ans.
Enfant de la balle, ainsi peut-on qualifier Christa Ludwig, née à Berlin le 16 mars 1928, fille d’Anton Ludwig, baryton devenu ténor héroïque puis directeur de scène et d’Eugenie Besalla qui passait avec une rare désinvolture de Carmen à Elektra sur la scène d’Aix-la-Chapelle dont le Generalmusikdirektor était le jeune… Herbert von Karajan. Tout enfant, Christa commence avec sa mère l’étude du chant qu’elle poursuivra à Francfort puis à Munich avec Felicie Hüni-Mihaczek. A dix ans, elle se produit en public. Mais elle attendra septembre 1946 pour débuter à l’Opéra de Francfort avec le Prinz Orlofsky dans Die Fledermaus. Durant six saisons, elle y ébauche Siebel de Faust, Oktavian, Dorabella et même Ulrica d’ Un Ballo in Maschera avant d’être engagée à Darmstadt où, dès l’automne de 1952, elle aborde Carmen, la Princesse Eboli, Giulietta des Contes d’Hoffmann, le Compositeur d’Ariadne auf Naxos et les personnages wagnériens (Waltraute, Ortrud, Fricka, Venus et Kundry). Entre 1954 et 1957, elle fait partie de la troupe de la Staatsoper de Hanovre où elle s’empare de Marie de Wozzeck. Par trois fois, elle auditionne à Vienne devant Karl Böhm qui, face à ses Azucena et Amneris trop lourdes pour ses vingt-sept ans, lui rétorque : « Eh bien, mon enfant, chez moi, tu chanteras Cherubino ! ». Et c’est effectivement le rôle du page qui la fera débuter, sous sa baguette, à la Salle de la Redoute le 14 avril 1955. Trois mois plus tard, Christa paraîtra au Festival de Salzbourg en Deuxième Dame dans une Zauberflöte dirigée par Georg Solti puis en Compositeur dans une Ariadne avec Lisa Della Casa, Hilde Güden, Rudolf Schock et Karl Böhm au pupitre.
Le 26 décembre 1955, sur le plateau de la Staatsoper à peine reconstruite, la jeune mezzo triomphe avec Oktavian. A côté de ses Amneris ou Eboli, elle ajoute à son répertoire Nicklausse des Contes, Brangäne, Konchakovna du Prince Igor avant de prendre part à la création de Der Sturm de Frank Martin que dirige Ernest Ansermet le 17 juin 1956. A Salzbourg, elle fait applaudir sa Dorabella et son Cherubino au cœur d’un plateau prestigieux incluant Elisabeth Schwarzkopf, Irmgard Seefried, Erich Kunz et Dietrich Fischer-Dieskau, alors que le 17 août 1957, elle sera Georgette dans la version remaniée de Die Schule der Frauen de Rolf Liebermann. Elle épouse alors son collègue de scène, le baryton Walter Berry, dont elle aura un fils. Mais la carrière trépidante se poursuit… Le 21 avril 1958, elle débute à la Scala de Milan où elle n’est que Waltraute au troisième acte d’une Walküre dirigée par Karajan, alors que six mois plus tard, elle y chantera les soli de la Missa solemnis pour George Szell. Et le public milanais accueillera avec transport son Cherubino en mai 1960, son Oktavian, un an plus tard. Le disque révèle ses premiers récitals de lieder accompagnés par Gerald Moore et ses fructueuses collaborations avec le mythique Otto Klemperer qui veut enregistrer la Matthäus-Passion, la Rhapsodie pour contralto de Brahms, les Wesendonck-Lieder de Wagner et Das Lied von der Erde de Gustav Mahler. A Vienne elle présente en traduction allemande sa Rosina et sa Cenerentola, tandis qu’à Salzbourg, elle aborde la Messa da Requiem de Verdi pour Karajan et dialogue, pour cinq saisons consécutives, avec Elisabeth Schwarzkopf dans un Così fan tutte mis en scène par Günther Rennert et dirigé par Karl Böhm.