Champagne avant l’heure à Radio France, avec Manfred Honeck, l’ONF et Johann Strauss (et une flamboyante María Dueñas)
L’Orchestre National de France nous convie à un programme tourné vers Vienne, et qui fleure bon le Nouvel An, sous la direction d’un grand amateur de cette musique festive, le chef d'orchestre autrichien Manfred Honeck. Sans doute son expérience d’altiste au sein des meilleurs orchestres de Vienne lui a-t-elle donné le goût de ces valses et autres danses dont les Viennois raffolent. Ce qu’il faut signaler, c’est qu’il n’existe probablement pas de meilleur pupitre pour toucher au plus près la sève de cette musique, légère sans doute mais aussi d’un extrême raffinement, que celui des altos. Certes, ce qu’ils jouent est, le plus souvent, désespérant de répétition, mais ce sont, justement, les battements du cœur de toutes ces danses viennoises. Et les Viennois les jouent comme personne, avec, pour les valses, une façon d’anticiper le deuxième temps et de retarder le troisième qui leur est caractéristique.
Pour se mettre dans l’ambiance, l’ouverture Cavalerie légère de Franz von Suppé. Entendons-nous bien : l’adjectif « légère » est lié à « cavalerie », dans une expression militaire officielle. En revanche, il est difficile de dire que c’est une musique qui brille, précisément, par sa légèreté. Mais elle tire sa force de l’irrépressible énergie qu’elle procure, sur scène comme dans la salle. La verve du chef d'orchestre, la puissance des cuivres, les solos des bois, le legato des cordes : tout est en place pour la suite !