Le Belgian National Orchestra et Roberto González-Monjas s’illustrent à Manchester

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Pour son ambitieuse tournée britannique (huit concerts en autant de jours en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles), le Belgian National Orchestra avait fait le choix de la bonne tactique pour un ensemble qui doit encore asseoir sa réputation dans un pays au public connaisseur et où les bonnes formations symphoniques ne manquent pas. 

D’abord, comme allait le montrer le concert dans la belle salle du Bridgewater Hall à Manchester, choisir un répertoire équilibré avec une petite surprise (en l’occurrence le quasi inconnu Preludio, Corale e Fuga de Respighi) ainsi qu’une grande symphonie justement populaire mais pas trop rabâchée, comme la Troisième Symphonie de Saint-Saëns. Mais lorsque la réputation de l’orchestre et du chef -pour talentueux qu’ils soient- ne suffiraient sans doute pas à attirer en nombre un public qui ne les connaît guère, la présence d’un soliste prestigieux est certainement un atout pour inciter les mélomanes à se rendre au concert. D’autant plus qu’une indéniable curiosité était soulevée par le fait de voir Paul Lewis, pianiste réputé intellectuel -mais aussi régional de l’étape (Liverpool n’est qu’à 50 km de Manchester)- s’attaquer à ce grand cheval de bataille romantique qu’est le Premier Concerto de Tchaïkovski, œuvre flamboyante où on n’attendait guère cet interprète au tempérament plutôt posé et réfléchi. Hélas pour les amateurs de sensations pianistiques fortes, le soliste se blessa légèrement à la main avant le concert, ce qui entraîna le remplacement de l’œuvre de Tchaïkovski par le Concerto N° 25, K. 503 de Mozart qui figurait par ailleurs au programme d’autres concerts de cette tournée. Résultats des courses : le programme de cette soirée mancunienne était exactement le même que celui donné à Namur le 29 octobre et chroniqué dans nos colonnes par notre collègue Timothée Grandjean, ce qui permettra de faire l’économie de la présentation des œuvres et de se concentrer davantage sur l’interprétation des œuvres.

Bellini en ouverture de saison à Nice

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L'Opéra de Nice ouvre la saison d'opéra avec La Sonnambula de Vincenzo Bellini, une coproduction internationale avec le Metropolitan Opera de New-York, le Semperoper de Dresde et le Théâtre des Champs-Elysées.

La distribution vocale appelle des éloges. Le public a le privilège de découvrir la jeune soprano catalane Sara Blanch qui fait forte impression. Elle déchaîne l'enthousiasme dès l'air d'ouverture, la Cavatine "Come per me sereno", qu’elle  chante avec aplomb et prise de risque. C'est maîtrisé de bout en bout et très spectaculaire. Sara Blanch est unique, en termes d'art, de pureté de voix, de ton doré fantastique et de talent. Elle incarne le rôle d'Amina où elle exprime toute la fragilité de l'adolescente innocente. Sa voix est magique pleine d'émotion et l’artiste se surpasse dans l'aria "Ah non credea mirarti" de la scène finale.  Il y a beaucoup de mélomanes italiens, toujours des plus exigeants dès qu’il s’agit de bel canto dans la salle comble et les "Brava" retentissent.

Autre belle surprise, le ténor uruguayen Edgardo Rocha qui interprète le rôle d'Elvino. Rocha est un ténor lyrique léger parfait pour le répertoire belcanto. Sa voix est puissante, souple, douce, ironique avec un phrasé net.  Alors qu'il a interprété pratiquement tous les rôles du répertoire belcanto, il débute dans le rôle d'Elvino.  On apprécie l'homogénéité et la complicité avec Sara Blanch dans les duos du premier acte.

Au Concours de Genève, la victoire de Kevin Chen

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Pour sa 76e édition, le Concours de Genève (International Music Competition) avait décidé de mettre à l’honneur le piano et la composition. Au Victoria Hall, le 3 novembre, a eu lieu le concert final réunissant quatre des pianistes sélectionnés (sur 182 participants) avec l’Orchestre de la Suisse Romande dirigé par la  cheffe polonaise Marzena Diakun. Chacun des candidats doit choisir un concerto romantique ou moderne, ce qui explique que deux d’entre eux ont opté pour le Troisième Concerto de Prokofiev.

Le programme débute par le Premier Concerto en mi bémol majeur de Franz Liszt dont l’orchestre affiche la rutilance, ce qui pousse Zijian Wei, artiste chinois de vingt-quatre ans, à enchaîner à tempo rapide des octaves aussi raides que bruyantes qui, par volonté de contraste, se diluent dans un cantabile alangui. Le Quasi Adagio exhibe une sonorité plus concentrée, fluidifiée par le trille qui crépitera ensuite dans un Scherzo où le trait est élaboré avec minutie. Mais le Final tourne à la course poursuite et s’achève par un Più mosso effréné, presque insensé.

Paraît ensuite une Japonaise de vingt-huit ans, Kaoruko Igarashi, qui aborde le Troisième Concerto en ut majeur op.26 de Sergey Prokofiev avec une clarté de jeu qui inscrit chaque passaggio virtuose dans une ligne où les accords à la pointe sèche s’enchaînent avec arpèges et glissandi. Le Tema con variazioni tente d’infiltrer de rêveuses inflexions, perlant sous un canevas orchestral gros sel qui laisse la part belle aux vents ignorant les nuances. Par des sauts d’une extrême précision, le Final s’ouvre en éventail avant de faire chanter chaque motif et conclure par une stretta échevelée.

César Franck, les douze pièces : trois nouvelles parutions, sur de prestigieux Cavaillé-Coll (1/2)

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César Franck (1822-1890) : Six Pièces. Trois Pièces. Trois Chorals. Variations symphoniques en fa dièse mineur [trans. Jörg Abbing]. Symphonie en ré mineur [trans. Heinrich Walther]. Jean-Luc Thellin, orgue. Livret en français et anglais. Décembre 2021 & mai 2022. Coffret quatre CDs TT 60’30 + 64’59 + 50’21 + 65’42. BY Classique BY008

César Franck (1822-1890) : Six Pièces. Trois Pièces. Trois Chorals. Michel Bouvard, orgue. Livret en français et anglais. Février 2022. Coffret deux CDs TT 78’30 + 80’15. La Dolce Volta LDV 113.4

Les Bijoux perdus de Jodie Devos sont des perles enfilées avec un art consommé

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Bijoux perdus. Victor Massé (1822-1884) : Galathée : Air de la lyre. Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : Le Pardon de Ploërmel : Air de Dinorah ; L’Etoile du nord : Prière/Barcarolle. Ambroise Thomas (1811-1896) : Le Songe d’une nuit d’été : Cavatine d’Elisabeth et Air d’Elisabeth ; Mignon : Récit et Polonaise de Philine. Fromental Halévy (1799-1862) : Jaguarita l’indienne : Air de Jaguarita. Adolphe Adam (1803-1856) : Le Bijou perdu : Air de Toinon. Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) : Manon Lescaut : Air de Manon ; La Part du diable : Air de Carlo. Jodie Devos, soprano. Flemish Radio Choir ; Brussels Philharmonic, direction Pierre Bleuse. 2022. Notice en français, en anglais et en allemand. Textes des airs chantés, avec traduction anglaise. 64.33. Alpha 877.