Aux origines du concerto français pour violon

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Jacques Aubert (1689-1753) : Concertos en ré majeur, op. 26 n° 3 et en fa mineur, op. 26 n° 4. Jean-Marie Leclair (1697-1764) : Concerto en mi bémol majeur. Jean-Baptiste Quentin (c. 1690-c.1742) : Concerto en la majeur, op. 12 n° 1. André-Joseph Exaudet (1710-1762) : Concerto en mi bémol majeur. Michel Corrette (1707-1795) : Concerto comique n° 25 « Les Sauvages et la Furstemberg ». Ensemble Diderot, violon solo et direction Johannes Pramsohler. 2020. Notice en anglais, en français, en allemand et en japonais. 70.13. Audax ADX 13782. 

Le ravissement franckiste

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Un programme ambitieux nous est proposé par l’Opéra de Dijon, comportant deux sommets franckistes auxquels il serait suicidaire de s’attaquer si l’on ne participe de cette élite chevronnée. La juxtaposition de Haydn, qui ouvre le concert, surprend. A moins d’un siècle de distance, est-il possible de trouver des œuvres d’apparence aussi différentes ? Même si le second ignore tout de l’humour, « con molto sentimento », « …ma con fuoco » qu’indique Franck au début des derniers mouvements de son quintette, elles relèvent d’une commune volonté d’exprimer la passion dans toutes ses déclinaisons. Or l’ample « largo cantabile e mesto », au centre du quatuor en ré majeur (Hob.III.79) de Haydn, est la démonstration la plus évidente de leur sensibilité commune. Dès l’exposé du thème de l’allegretto qui ouvre le quatuor, et sa reprise, on est sous le charme. Le Quatuor Hermès, que l’on ne présente plus, lui donne toute son expression sensible, avec une liberté de jeu et une élégance suprêmes. Les passages enfiévrés, les contrastes affirmés, la plénitude, la rondeur participent d’un discours qui passionne. L’équilibre est idéal, où chacun tient sa place dans une concentration et une écoute exemplaires. La beauté des timbres, leur fusion, le naturel des traits virtuoses, tout concourt au régal.

Gesualdo, deux nouveaux enregistrements des Livres 4 et 5 : venin de Tarentule et Collegium Vocale en antidote ?

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Carlo Gesualdo (1566-1613) : Madrigali a cinque voci : libro quarto. Ensemble Tarentule. Morgane Collomb, soprano. Marie Cubaynes, mezzo-soprano. Cecil Gallois, contre-ténor. Xavier de Lignerolles, ténor. Vincent-Arnaud Gautier, baryton-basse. Livret en français ; texte original des madrigaux et traduction en français. Date d’enregistrement non mentionnée ; parution 2021. TT 44’21. SOOND SND 21014

La Fille de Madame Angot, un divertissement de grande qualité

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Charles Lecocq (1832-1918) : La Fille de Madame Angot, opéra-comique en trois actes. Anne-Catherine Gillet (Clairette), Véronique Gens (Mademoiselle Lange), Mathias Vidal (Ange Pitou), Artavazd Sargsyan (Pomponnet), Mathieu Lécroart (Larivaudière), Antoine Philippot (Louchard), Ingrid Perruche (Amaranthe/Hersilie/Javotte/Babette), Flannan Obé (Trénitz/Guillaume/Buteux), David Witczak (Un Incroyable, un officier, Cadet) ; Chœur du Concert spirituel ; Orchestre de chambre de Paris, direction Sébastien Rouland. 2021. Notice en français et en anglais. Livret inséré, avec traduction anglaise. 110.27. Un livre-disque de deux CD Bru Zane BZ 1046.

Intéressants inédits de la Collection Düben, mais…

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Nunc Dimittis. David Pohle (1624-1695) : Sonate à 5, en ut majeur. Kaspar Förster (1616-1673) : Jesu dulcis memoria. Crato Bütner (1616-1679) : Canzon à 3, en sol majeur. Samuel Capricornus (1628-1665) : Salvum me fac ; Gaudens gaudebo. Johann Michael Nicolai (1629-1685) : Sonates à 2, en ré mineur, en sol majeur. Johann Krieger (1651-1735) : Dominum illuminatio mea. Sebastian Knüpfer (1633-1676) : Suite en ré mineur. Heinrich Schütz (1585-1672) : Herrn nun lässest du deiner Diener. Carlo Pallavicino (1630-1688) : Laetatus sum. Anonyme : Sonate à 5, en sol majeur. Dominik Wörner, basse. Kirchheimer Dübenconsort, dir Jörg-Andreas Bötticher. Février-mars 2020. Livret en français, anglais, allemand. TT 78’06. Passacaille 1081

24 compositrices pour 24 mélodies, un attachant florilège

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Compositrices. Oeuvre de : Rebecca Clarke, Irène Poldowski, Alma Mahler, Amy Beach,  Clara Schumann, Henriette Boësmans, Isabel Mundry, Marie Jaëll, Rosy Vertheim,  Katharina Rosenberger, Fanny Hensel-Mendelssohn, Juliana Hall, Henriette Puig-Roget,  Charlotte Bray, Manuela Kerer, Elisabeth Maconchy, Ingeborg Bronsart, Marguerite Roesgen-Champion, Madeleine Dring, Ruth Schönthal, Caroline Charrière, Joséphine Lang,  Cécile Chaminade  et Germaine Tailleferre.  Franziska Heinzen, soprano ; Benjamin Mead, piano. 2021. Notice en allemand, en anglais et en français. Textes reproduits en langues originales, avec deux traductions en regard. 57.49. Solo Musica SM 378.

Ars Musica  (II) : la voix, la voix, la voix

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Etalé dans le temps (Covid oblige) et dans l’espace (les coproductions), Ars Musica se promène, en Wallonie et à Bruxelles, de novembre à mai. En voici une deuxième salve.

Vox, une journée autour de la voix - ISELP (Bruxelles), samedi 20 novembre 2021

Le volet pédagogique d’Ars Musica se décline en masterclasses (Lukas Ligeti, Henry Fourès…) et en une série d’interventions autour de la voix, thème de cette édition, qui débute par La voix sauvage, où Melissa Barkat-Defradas se penche sur les relations entre la sélection sexuelle d’une part et l'évolution et l'origine du langage et de la parole humaine de l‘autre -c’est elle qui est propre à l’homme, alors que la voix concerne bien d’autres êtres vivants, y compris amphibiens. La voix et ses nuances, ses modulations presqu’infinies, susceptibles de révéler finement nos états émotionnels, jouent un rôle dans la recherche d’un partenaire sexuel, au travers d’une association entre certaines de ses caractéristiques et des traits de personnalité susceptibles de favoriser une meilleure reproduction.

Ethnomusicologue et spécialiste du khöömii de Mongolie, Johanni Curtet aborde le chant diphonique, par l’explication autant que par la démonstration : cette façon bien particulière d’émettre, pour une voix, plusieurs sons simultanément, un bourdon et une mélodie harmonique, certes, mais plus encore. « Apprends à chanter contre le vent », lui dit simplement son maître (j’ai toujours un peu de mal avec ce jargon) -face au vent, le son part en arrière et on s’entend mal, ce qui oblige à moduler les dimensions physiques de l’émission sonore.

Pour Le corps, le geste et la voix, Marie-Annick Béliveau parle interdisciplinarité et agentivité ; elle expérimente devant nous une interprétation qui convoque autant le corps, le mouvement, la gestuelle, la mimique, la position dans l’espace que la voix elle-même.

 David Christoffel (Combien de questions pour ma voix ?) s’intéresse aux rapports entre la poésie et la musique, écrit des opéras parlés, manie les mots avec célérité, circonvolutionne à notre grande perplexité, enchaîne une idée à l’autre (avec des maillons), additionne les degrés avec itération, refuse de se contenter du premier, parle comme un chant ne peut le faire, transforme l’énonciation de mots en une performance étonnante -dans la lignée d’Alvin Lucier.

La punition d'Ekho clôture cette journée, dans une petite salle sombre au fond de l’Institut Supérieur pour l'Etude du Langage Plastique (je profite de la pause pour faire le tour de l’exposition Savoir-faire), installation sonore de Jonathan Garcia Lana dont l’automate (un mécano excentrique qui étend ses tentacules sur le plancher) répond à la voix de Marianne Pousseur par des vibrations et autres percussions mécaniques visuellement alléchantes. La performance est brève et désarçonne quelque peu le public assis au sol, à qui on doit signifier la fin du spectacle par un « normalement, c’est là que les lumières se rallument ».

Musique française avec l'OPMC

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L'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et Kazuki Yamada, son directeur artistique et musical, proposaient en Prélude à la Commémoration du Centenaire de la disparition  du Prince Albert Ier (28 novembre), un concert de musique française avec des compositeurs qui avaient un lien privilégié avec le souverain monégasque.

Les symphonies de Charles Gounod restent peu connues et très peu programmées, ombragées par les ouvrages lyriques du compositeur qui captent la notoriété. Kazuki Yamada proposait la légère et savoureuse Symphonie n°1.  Cette partition fait penser à Haydn dans les deux premiers mouvements, le scherzo est un menuet et le finale évoque la Symphonie italienne de Mendelssohn. Les thèmes sont beaux, harmonieux et brillants. Kazuki Yamada fait danser l'orchestre.