Lise Davidsen, voix émergente 

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Richard Wagner (1813-1883) : extraits de Tannhäuser. Richard Strauss (1864-1949) : Extrait de Ariadne auf Naxos ; Vier Lieder, Op.27 ; Wiegenlied, Op.41 Nr.1 ; Malven TrV 297 ;  Lise Davidsen, soprano ; Philharmonia Orchestra, Esa-Pekka Salonen. 2018. Livret en : anglais, allemand et français. 63’57. 1 CD Decca. 483 4883. 

Lyatoshynsky, une découverte

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Boris Lyatoshynsky (1895-1968) :  Symphonie N° 3, Op. 50 (1951) ; Grazhyna, Op. 58 (1955). Bournemouth Symphony Orchestra/ Kirill Karabits (direction). 2019-DDD-63’23 -Textes de présentation en anglais, allemand et français - Chandos CHSA 5233

Mais encore : symphonique, historique et raretés 

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L’avalanche de parutions symphoniques se poursuit avec, au programme, des raretés et un peu d’enregistrements historiques. 

Josef Suk (1874-1935) : Asrael Symphony, Op.27 ; Fairy Tale, Op.16. Orchestre philharmonique tchèque, Jiří Bělohlávek. 1 CD Decca. 483 4781.

Le regretté Jiří Bělohlávek a particulièrement oeuvré pour la reconnaissance de l’oeuvre de Josef Suk, multipliant les enregistrements, en particulier dans le grandiose Asraël dont il s’agit ici de son 3e enregistrement après sa première tentative au pupitre de cette même Philharmonie tchèque (Chandos) ou celle avec le BBC Symphony Orchestra (Supraphon). Grand spectacle symphonique, Asraël bénéficie d’une lecture classieuse qui déchaîne les passages tumulteux et soigne les équilibres des épisodes plus mélodieux. Fairy Tale est un beau complément d’un compositeur que l’on espère retrouver plus souvent au programme des concerts. 

Susanna Mälkki, Bartók, Sibelius et Helsinki 

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Directrice musicale de l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki et cheffe invitée principale de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles, Susanna Mälkki fait l’événement avec la parution d’un disque exceptionnel consacré à des oeuvres de Bartók pour le label suédois Bis (récompensé d’un Joker de Crescendo Magazine). Alors qu’elle sera en concert en Belgique en octobre prochain, dans le cadre de la Présidence finlandaise de l’Union Européenne, la cheffe répond aux questions de Crescendo Magazine. 

Vous venez d’inaugurer une série d’enregistrements dévolus à des partitions de Béla Bartók. Pouvez-vous nous parler de ce projet ? 

Il s’agit de la conjonction de plusieurs éléments dont l’addition heureuse débouche sur ce projet. En premier lieu, je dois mentionner mon profond amour pour la musique de Bartók et le sentiment qu'il y a encore du travail à faire pour faire connaître son génie musical ! J'étais si heureuse que le label Bis partage ce même ressenti lorsque nous avons parlé d’un répertoire à enregistrer... Deuxièmement, ce sont mes premiers enregistrements avec l’Orchestre Philharmonique d’Helsinki ; travailler dans la perspective d’une série faisait sens. Je peux vous annoncer qu’il y aura ainsi trois enregistrements dévolus aux oeuvres de Bartók. Enfin, ces partitions permettent à l'orchestre de briller réellement et elles sont également importantes dans l'histoire de la musique.

Comment voyez-vous la place de Bartók dans l'histoire de la musique ? 

Je pense que son temps viendra et il sera reconnu comme un des plus grands. Mon impression est que le grand public pense encore que sa musique est trop ”moderne” pour lui, mais sa musique a tellement de profondeur, de jouabilité, de virtuosité ou de musicalité pure qu’elles seront les pierres angulaires du répertoire du XXe siècle.

Est-ce qu’il y a un lien entre Bartók et Sibelius ?

Je pense qu'il est intéressant d’envisager ces deux compositeurs comme des artistes de leur époque qui étaient parfaitement conscients de ce qui se passait mais qui ont choisi de rester originaux, de rester fidèles à leur propre langage musical et de le faire évoluer à partir de leur propre idiome. Et malgré cela -ou précisément à travers cela- ils ont tous deux grandement contribué à l'évolution de la musique classique et orchestrale -Bartók avec l’harmonie et le rythme, et Sibelius avec l’architecture et la forme.

Un bonheur contemporain et un déferlement au Festival d’Aix-en-Provence

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« Les mille endormis » d’Adam Maor et « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny » de Kurt Weill

Le Festival d’Aix-en-Provence, c’est aussi, lors de chacune de ses éditions, une création mondiale, preuve répétée de la vitalité de l’art lyrique.

Cette année, Les Mille endormis de l’Israélien Adam Maor : mille détenus palestiniens font la grève de la faim. Les conséquences économiques et politiques de celle-ci sont désastreuses pour Israël. Comment réagir ? Décision est prise de les endormir. Mais très vite, on se rend compte qu’ils causent des insomnies cauchemardesques à la population israélienne. Une émissaire est alors envoyée dans le monde de leurs rêves. Elle ne reviendra pas…

Adam Maor a enrichi ce récit de tous les échos d’une partition intelligemment et sensiblement multiple dans ses moyens. Son premier épisode est très « contemporain » dans ses dissonances, stridences, ruptures. De quoi inquiéter un public non accoutumé ? Non, ces notes-là disent exactement la crise, la perplexité rageuse des autorités. L’heure est grave. Ensuite, elles vont donner à entendre, autant que les mots, l’évolution des événements. Elles vont se faire hypnotiques pour l’endormissement des captifs, constat sans appel pour l’exposé des conséquences de cet endormissement, traditionnelles pour l’évocation des « camps » en présence et des métamorphoses. Cette partition est un redoutable défi pour un orchestre amené à passer d’une atmosphère, d’un style, d’une approche technique à une autre. Le défi est brillamment relevé par l’Ensemble luxembourgeois United Instruments of Lucilin, stimulé par Elena Schwarz.

La mise en scène de Yonatan Levy, également l’auteur du livret, densifie le propos : huis clos du bureau du Premier Ministre, envahi par les lits des endormis ; mise en espace et en mouvement soulignées significatives des colères, des ruses, des constats, des évolutions ; lumières elles aussi révélatrices, avec notamment de superbes effets fluos. Quant aux costumes, dus à Anouk Schiltz, imaginatifs, ils installent le spectateur dans une espèce d’univers bienvenu de rétro-fiction de type Star Trek. Une couronne dorée a des reflets fascinants.

Lieder de Schubert en playlist et Mozart en solo

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Les éditions Bärenreiter se plaisent à faire tourner leur catalogue. La série urtext sur les lieder de Schubert de l’éditeur allemand est un must absolu ! Mais l’intégrale des 642 lieder de Schubert occupe de la place ! Dès lors, Christine Martin en propose une sélection de 13, une playlist qui s’adresse autant à l’étudiant qu’à l’amateur. On voit ainsi défiler en étape les grands tubes comme Le roi de Thulé, ou des extraits de la Belle meunière ou du Voyage d’Hiver. L’édition est naturellement sérieuse et le graphisme est fort sympathique et avenant. Vendu à petit prix, cette compilation musicologique est une affaire !  Notons qu'il existe la version pour voix haute et voix médium. 

A taste of Schubert, Bärenreiter, BA 9119, ISNM 979-0-006-56667-9

 Domingo dans son jardin...espagnol à Orange

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« Nuit espagnole / Plácido Domingo » c’est ce que nous pouvions lire sur la couverture du programme de ce nouveau concert thématique des Chorégies d’Orange. La couleur était annoncée d’entrée ! Le public très nombreux ce samedi venait pour voir la légende vivante madrilène. Star parmi les stars, Domingo bénéficie d’une aura qui ne faiblit pas auprès des spectateurs du Théâtre antique. On peut même parler d’amour, il en a été d’ailleurs beaucoup question durant cette soirée.

Nous avons eu la chance d’assister à de nombreux concerts avec à l’affiche d’autres grands noms de la scène lyrique mais nous avions rarement pu constater une telle ferveur autour d’un seul protagoniste. Il est vrai que Domingo est un artiste hors norme qui transcende les générations et les publics. Un monstre sacré qui sait y faire avec ses aficionados ! Tantôt complice avec le public, tantôt chauffeur de salle et enfin maître de cérémonie, c’était vraiment sa nuit.

Hommages à Scott Ross et Ginette Neveu chez Warner Classics 

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : oeuvres pour claviers. Scott Ross, clavecin et orgue. Huguette Grémy-Chauliac, clavecin ; Ensemble Mosaïques, Christophe Coin. 1 coffret de 11 CD Erato 0190295 458423.

Etoile filante de la musique, le claveciniste et organiste Scott Ross est décédé il y a juste 30 ans. Dans un monde de la musique classique encore très policé, sa dégaine de rockeur rebelle avait attiré toutes les attentions, élargissant d’un coup l’audience du clavecin, instrument qui, dans l’imaginaire des profanes, restait celui des salons royaux mondains et poudrés de l’Ancien Régime. 

Si son intégrale des 555 sonates de Scarlatti avait fait date, ses enregistrements Bach sont toujours des pierres angulaires de la discographie. À l’occasion des 30 ans du décès du musicien, Erato nous offre un merveilleux coffret qui reprend certes les gravures bien connues pour Erato et EMI, mais aussi des inédits absolus qui font leur première entrée au disque.