Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Résultats du Quart de Finale de la Deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra à Liège.

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Le Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra s’est poursuivi ce mercredi 18 août avec le Quart de Finale. Lors de cette deuxième journée, 12 candidats de 9 nationalités différentes et âgés de 24 à 36 ans, se sont illustrés dans des extraits des trois opéras choisis par le jury. Au programme de ce Quart de Finale, Les Pêcheurs de perles (Bizet), La Bohème (Puccini) et La Traviata (Verdi).

Après cette journée intense pour les artistes et le public, le jury s’est retiré pour délibérer. Ils doivent sélectionner six candidats pour la Demi-Finale ayant lieu ce vendredi 19 août.

Mention spéciale aux solistes qui ont brillamment exécuté la moindre requête des candidats avec beaucoup de brio afin de donner vie à l’interprétation de chacun de ceux-i.

Voici la liste des candidats admis à poursuivre le Concours :

LEVI Davide (Italie, 1987),

TAFUR DIAZ Dayner (Pérou, 1998), 

TORO ARAYA Luis (Chili, 1995),

CILONA Guilio (États-Unis et Belgique, 1995)

HELFRICHT Hermes Jürgen (Allemagne, 1992)

HOLLANDER Gabriel (Belgique, 1988).

À noter que les deux candidats belges sont toujours en lice pour la suite du concours.

Rendez-vous ce vendredi 19 août à 14.00 et 19.00 dans la Salle Philharmonique de Liège pour la suite du Concours.

Pour rappel, lors de cette épreuve, les six candidats dirigeront durant 45 minutes l’Orchestre avec solistes et Chœurs dans un extrait d’une des œuvres suivantes :

Pêcheurs de perles (Bizet), La Bohème (Puccini) et La Traviata (Verdi).

Résultats de l’épreuve éliminatoire de la Deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra à Liège.

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Le Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra a commencé ce mercredi 17 août avec l’épreuve éliminatoire. Lors de cette première journée, 24 candidat.e.s de 14 nationalités différentes et âgé.e.s de 23 à 36 ans, se sont illustré.e.s dans cinq ouvertures et préludes. Au programme de cette épreuve inaugurale, Norma de Bellini, Carmen de Bizet, Don Giovanni de Mozart, Le Barbier de Séville de Rossini et Nabucco de Verdi.

Après cette journée intense pour les artistes et le public, le jury s’est retiré pour délibérer. Ils doivent sélectionner douze candidats pour l’épreuve du quart de finale ayant lieu ce jeudi 18 août.

Voici la liste des candidats admis à poursuivre le Concours :

LEROY CALATAYUD Marc (France, 1991),

LEVI Davide (Italie, 1987),

ROCA MARTINEZ Sergi (Espagne, 1987),

SIMONI Nicola (Italie, 1986),

TAFUR DIAZ Dayner (Pérou, 1998), 

TORO ARAYA Luis (Chili, 1995),

BENATI Félix (France, 1996),

BORNATI Mattia (Italie, 1996),

CILONA Guilio (États-Unis et Belgique, 1995)

FRYKLUND Magnus (Suède,1990),

HELFRICHT Hermes Jürgen (Allemagne, 1992)

HOLLANDER Gabriel (Belgique, 1988).

Rendez-vous ce jeudi 18 août à 14.00 et 19.00 dans la Salle Philharmonique de Liège pour la suite du Concours avec l’entrée en scène des 19 solistes.

Pour rappel, lors de cette épreuve, 12 candidat.e.s travailleront pendant 25 minutes lors d’une répétition musicale avec solistes au piano un extrait de l’une des œuvres suivantes, choisi par le jury: 

Les Pêcheurs de perles (Bizet), La Bohème (Puccini) et La Traviata (Verdi). Ces trois œuvres feront également l’objet des épreuves ultérieures.

Jean-Frédéric Neuburger, pianiste et compositeur

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Le pianiste et compositeur Jean-Frédéric Neuburger fait l'événement avec la parution d’un nouvel enregistrement Des Canyons aux étoiles de Messiaen où il assure la redoutable partie de piano. Il donnera cette partition en concert aux festivals Berlioz et Ravel en compagnie des artisans de ce disque, l'Orchestre de chambre nouvelle Aquitaine sous la direction de Jean-François Heisser. Crescendo Magazine s’entretient avec ce musicien exceptionnel, l’un des plus importants pianistes de notre époque. 

Cette année 2022 marque les 30 ans de la disparition d’Olivier Messiaen. Avec désormais un certain recul du temps, qu’est-ce que l’on peut retenir, selon vous, de ce grand compositeur ? De sa place dans l’histoire de la musique du XXe siècle ?

Ce compositeur a marqué l’histoire de la musique de façon indéniable. Je retiens son sens de la grandeur -il n’a pas « peur d’en faire trop » »…-, son ouverture d’esprit -les chants d’oiseaux, les rythmes hindous et grecs, beaucoup de nouveaux matériaux ont été utilisés par Messiaen-, sa spontanéité mélodique… Sans oublier sa place marquante en tant que pédagogue !

Vous êtes également compositeur. Est-ce que Messiaen est une inspiration ou une influence pour vous ?

Oui, déjà à travers les aspects que je viens de dire. Mais il faut aussi savoir s’en éloigner : chose faite maintenant ! Là où son inspiration demeure, c’est précisément sur le sens de la grandeur, de ces émotions vives qu’il désirait vraisemblablement faire partager au public...

Que représente pour vous cette œuvre si particulière que sont ces Canyons aux étoiles ? Est-ce que l’interpréter est un défi particulier du fait de sa durée et des exigences techniques de la partie de piano ?

Cette pièce est un véritable OVNI ! Sa durée est un élément marquant (près d’une heure quarante minutes), mais elle fait vraiment « partie » de sa musique. Ramasser cette pièce en quarante-cinq minutes n’aurait aucun sens (tout comme l’opéra Saint-François d’Assise ou Parsifal de Wagner…). Ce n’est pas un défi particulier techniquement, c’est un voyage… au sens baudelairien du terme, celui que j’aime !

Vous aviez déjà interprété cette œuvre, en 2009, avec l’Orchestre philharmonique royal de Liège sous la direction de Pascal Rophé. Est-ce que votre vision de la partition a évolué au fil du temps ?

J’ai adoré jouer cette pièce avec l’Orchestre Philharmonique de Liège et Pascal, j’étais très jeune (j’avais vingt-deux ans), et à l’époque j’acceptais absolument tout ce que l’on me proposait. Lorsque j’ai accepté, je ne connaissais pas la pièce, ni sa durée ! Et c’était ma première interprétation d’une partition de Messiaen avec orchestre. Inutile de vous dire donc que ma vision Des Canyons aux étoiles a bien changé ! J’ai depuis joué d’autres pièces de Messiaen, mais aussi lu le fameux Traité de rythme et d’ornithologie, tout cela m’a permis de me rapprocher de son monde… et du coup, de prendre du recul dans mon interprétation.

Deuxième édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra à Liège

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Près de cinq ans après la première édition du Concours International de Chefs d’Orchestre d’Opéra, la deuxième édition du Concours, organisé par l’Opéra Royal de Wallonie-Liège avec le soutien de la Fondation Polycarpe, se tiendra du 17 au 21 août 2022 dans la Salle Philharmonique de Liège. 

En effet, suite à l’incendie s’étant déclaré au Théâtre de l’Opéra de Liège le 7 juillet, le Concours ne peut y avoir lieu puisque des travaux de restauration sont en cours et ne permettent pas d'accueillir les artistes et le public. 

Cette année, 24 candidat.e.s présélectionné.e.s (contre 49 lors de la première édition) auront la chance de diriger l’Orchestre, le Choeur et la Maîtrise de l’ORW ainsi qu’une pléiade de solistes. Le jury est composé de 11 personnalités issues du monde musical et placé sous la présidence du chef d’orchestre et compositeur espagnol Pedro Halffter.

Du côté des solistes, 19 chanteuses et chanteurs de haut rang nous feront le plaisir de participer à ce prestigieux Concours.

Chez les dames, nous retrouverons Louise Foor, Adèle Lorenzi, Annick Massis, Marie-Catherine Baclin ainsi qu’Emma Watkinson.

Du côté des messieurs, nous pourrons écouter Raffaele Abete, Kamil Ben Hsaïn Lachiri, Patrick Delcour, Roger Joakim, Marc Laho, Samuel Namotte, Ionut Pascu, Valentin Thill, Ivan Thirion, Marcel Arpots, Benoît Delvaux, Bernard Aty Monga Ngoy, Benoît Scheuren et Marc Tissons.

Au festival de Menton 2022

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Le Festival de Menton a retrouvé, après deux années de pandémie, sa programmation complète sur une période de quinze jours : 9 concerts de prestige sur le Parvis, 5 concerts à 18h au Palais de l'Europe, une nuit du piano avec trois récitals, 3 concerts gratuits à l'Esplanade des Sablettes, des classes de maître de piano, 3 concerts avec le dispositif SilentSystemet et quelques concerts "off".

Les temps ont changé et il faut s'adapter. En effet, le public de fidèles mélomanes de Menton, de Paris et de l'étranger qui venaient assister chaque année à tous les concerts du festival a pratiquement disparu. Le festival compose désormais avec un public de vacanciers qui ne fréquentent pas automatiquement les salles de concerts et veulent profiter d'un beau moment musical.

La programmation est hétéroclite et chacun doit pouvoir trouver son bonheur. Le concert d'ouverture commence avec "Natalie Dessay chante Broadway". Un programme fédérateur qui remplit sans problème le Parvis.  Le programme reprend des grands tubes que tout le monde peut fredonner  : les mélodies de West Side Story de Léonard Bernstein à Michel Legrand (Yentl - Between Yesterday and tomorrow) en passant par les airs fameux chantés par Judy Garland et sa fille Liza Minnelli.  La soprano excelle désormais dans le répertoire de la comédie musicale qu’elle chante ici en famille avec la complicité de sa fille Neïma Naouri et avec un invité surprise, le papa Laurent Naouri qui a rejoint "la famille"pour chanter à trois. Un pool de musiciens accompagne ce trio : Yvan Cassar au piano, Benoît Dunoyer de Ségonzac à la contrebasse, Sylvain Gontard à la trompette et Nicolas Montazaud aux percussions. Le public est comblé et récompense ces musiciens par de longues ovations debout. 

Concert d’ouverture de la Schubertiada de Vilabertran avec Marlis Petersen et Stephan Mattias Lademann

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L’Empordà (Ampourdan), cette région catalane que le peintre Salvador Dalí avait choisi comme lieu de vie et de création, est également le siège de plusieurs initiatives musicales d’envergure dont le retentissement international n’est pas, à mon humble avis, à la mesure de leur calibre artistique. Je veux parler de l’orchestre et du concours de direction de Cadaqués, qui a vu jaillir de noms aussi importants que Lorenzo Viotti, Vasily Petrenko ou Gianandrea Noseda. Celui-ci est encore titulaire d’un orchestre aussi merveilleux qu’improbable dans une si petite ville. Ou du Concours International de Chant Jaume Aragall, qui a trouvé son premier siège à Torroella de Montgrí, avant de repartir vers la grande ville de Sabadell et de finir en déliquescence, à la suite des différentes crises économiques et politiques. Ou du Festival de Peralada, qui attire de grands noms du monde de l’opéra et un public disons… plutôt huppé et évènementiel que véritablement musical. Et de celui de Torroella de Montgrí, né en 1981, qui présente des programmes alléchants et qui atteindra bientôt son millième concert !

Mais ce qui me semble le comble de l’improbable c’est de se retrouver, dans la petite enclave de l’abbaye de Vilabertran, à la trentième édition d’un Festival consacré presque uniquement au « lied », pour un public environnant plutôt peu connaisseur de langue allemande, alors qu’on ne peut retrouver tout le long de l’Europe qu’à peine une dizaine de manifestations consacrées exclusivement à cet art si particulier et, toujours encore hélas, si minoritaire. Alors que le fait d’accompagner une voix d’une guitare, d’un luth ou d’un instrument à clavier n’est qu’une des formes les plus simples et les plus familières de faire de la bonne musique… Mais, non contents d’avoir atteint leur troisième décennie, ces schubertiens ont créé récemment des filiales au Pays basque, à Barcelone ville ou à la côte nord-espagnole ; en plus d’un programme crucial pour la découverte des jeunes liederistes (Lied the Future). Au départ, ce fut le pari personnel d’un médecin et grand mélomane, le dr. Jordi Roch, longtemps responsable des Jeunesses Musicales catalanes, à qui le temps, la capacité d’organisation de son Association Schubert et l’envergure artistique des concerts proposés ont donné raison. Cette trentième édition lui rend un hommage particulier. Il faut dire aussi que les noms d’Alfred Brendel, Matthias Goerne ou Wolfram Rieger (qui a joué plus de quarante fois ici !) figurent parmi les membres d’honneur…

Le concert d’ouverture, dans une nuit caniculaire de pleine lune d’été, a été confié cette année au soprano allemand Marlis Petersen, dont la récente « Maréchale » du Rosenkavalier à Munich a beaucoup impressionné la critique par sa performance somptueuse au milieu des désistements de plusieurs partenaires dus au Covid et autres accidents de parcours. Sous le titre « Innenwelten » (mondes intérieurs), elle nous propose, avec le pianiste Stephan Mattias Lademann, un parcours qui visite une série d’états d’âme plutôt qu’un catalogue de compositions rangés de façon plus ou moins chronologique ou par cycles, brisant ainsi certaines habitudes. Ici l’on passe allégrement de Brahms à Max Reger, de Wolff à Hans Sommer ou de Mahler à Richard Rössler, permettant ainsi la découverte de petits chefs d’œuvre méconnus. Petersen intervient quelquefois pour exprimer verbalement les émotions qu’ont suscité ses choix de programme. Elle justifie le fait de rester autour des auteurs de fin XIXème par la richesse de leurs jeux de tension/détente harmonique qui lui permettent d’approfondir dans les tensions du corps et de l’esprit. Nuits et songes, Bewegung im Inner / Mouvement intérieur, Libération et retour aux sources, sont les quatre blocs qui intègrent le récital. « Nuits et songes » incluent des pièces au thème plutôt contemplatif, nocturne. « Les mouvements intérieurs », en version allemande comprennent des pièces dramatiques comme le « Schmied Schmerz » (douleur acérée) de Max Reger ou « Ruhe, meine Seele» (repose, mon âme) de Richard Strauss qui ont marqué les moments les plus intenses de la soirée, avec un flot bouleversant de vagues sonores. Dans leur version française, « Mouvements intérieurs », Petersen promène parmi des mélodies amoureuses de Fauré, Duparc ou Hahn avec une diction précise, élégante et un phrasé libre et créatif, pas conventionnel. Le « retour au bercail », apaise progressivement nos émotions pour finir avec les mots réconfortants du « Urlicht » mahlérien :  Der Liebe Gott wird mir en Lichten geben (le Dieu de bonté m’apportera une petite lumière…). L’insistance du public fera revenir les artistes pour nous offrir, en guise de alpha/oméga, un inoubliable « Träume » des Wesendonck lieder de Wagner.

Au Juillet Musical, le 4+1 de Musiques Nouvelles 

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C’est une simple graine du Royal Juillet Musical de Saint-Hubert que je m’en vais picorer à l’Église Saint-Remacle, le jour de la fête nat’ (le 21 juillet, pas le 14, pour ceux qui confondent Marseillaise et Brabançonne), dans le Marche-en-Famenne ancien, la spore contemporaine au sein d’une programmation classique, base du levain de demain, nourri à un répertoire moderne mais sans à-coup, du genre de ceux qui peuvent apprivoiser des oreilles effarouchées par la réputation tranchante de l’avant-garde née après-guerre.

Jean-Paul Dessy dirige Musiques Nouvelles depuis 1997, un ensemble qui célèbre cette année ses soixante ans (l’occasion de s’insinuer dans un maximum d’événements en Belgique francophone), depuis sa fondation en 1962 par Pierre Bartholomée : une douzaine de musiciens (un noyau à géométrie variable, aujourd’hui le quatuor en compte… quatre, en plus de Lucas Cortoos, jeune baryton habitué de la Monnaie), attentionnés découvreurs et promoteurs de la création musicale – toute relative aujourd’hui puisque la set list allie nouveauté et consensus (« cohésion » a seriné le roi Philippe hier).

« Nous sommes des consommateurs, et aujourd’hui nous consommons de la culture – qui nous fait du bien », explique, avec plus d’enthousiasme que d’adresse, l’échevin en charge – qui se réjouit, avec plus de flamme que d’à-propos, de promouvoir ce jour les compositeurs wallons : Philip Glass, Arvo Pärt et Henryk Górecki sont honorés de leur nationalisation.

Walden festival, klassiek sur l’herbe à Bruxelles

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Le jeune Walden festival (c’est sa deuxième édition) se positionne dans l’air du temps : un lieu (plusieurs en fait, à quelques minutes de marche l’un de l’autre), original, confortable, auguste ou impressionnant (ici, les quatre), une gestion respectueuse de l’environnement (on mange végan, on trie ses déchets, on ne s’empile pas les uns sur les autres, on prend le temps de flâner), une programmation à la densité raisonnable – les ingrédients sont communs, mais œufs, farine, sucre et beurre ne font un bon quatre-quarts qu’avec la main habile du pâtisser avisé, en l’occurrence le Festival van Vlaanderen Brussel, puisque le Walden se veut le pendant informel du Klarafestival, créé en 2004 et devenu le plus grand rassemblement belge de musique classique (en mars à Bruxelles, Anvers et Bruges).

Le contenant, mais aussi le contenu

Un lieu, donc : le parc Léopold, écrin de nature au centre du quartier européen à Bruxelles (à portée d’archet du Juste Lipse et du Berlaymont), oublié à l’heure de pointe entre la rue Belliard, les frites de chez Antoine à la place Jourdan et la Maison de l'histoire européenne ; le parc et ses trésors, la Bibliothèque Solvay, le Lycée Emile Jacqmain, le Musée Wiertz ou le Muséum des sciences naturelles (rebaptisé « dino » pour l’occasion… et son contenu) – sans compter la Chapelle pour l’Europe ou l’Espace Senghor. Et bien sûr, le jardin du Muséum, point de rassemblement, avec chapiteau, stand chapeau de paille et tote bags, bar et motos food trucks aux devantures carrelées de blanc tels les murs du métro parisien.

Le programme (qu’il ne s’agit pas d’oublier au bénéfice du décor), se love dans les traces de Walden, l’émission de slow radio éponyme de Klara (VRT) – slow, cette façon d’agir et d’être, lente, en opposition à la frénésie d’une société de consommation que plus grand-chose ne freine : « une oasis de calme en paroles et en musique, du Moyen Âge à nos jours ». Vague, large, imprécis : alors je sélectionne, une orientation jazz le samedi, contemporain le dimanche. 

Samedi soir, jazz d’aujourd’hui en mer intérieure

J’affectionne le oud, ce luth à manche court, entendu chez Dhafer Youssef ou Anouar Brahem et suis curieux de découvrir le Rabih Abou-Khalil Trio, qui compte sur le violon de Mateusz Smoczynski et les percussions (batterie et tambour sur cadre) de Jarrod Cagwin – une configuration un peu particulière. Abou-Khalil, libanais et pétri d’autodérision (« Il ne faut jamais acheter quelque chose chez les arabes. Dès que je l’ai payé, mon oud s’est désaccordé. »), se met, bonhomme, le public dans la poche, dès l’entame d’une série de morceaux, souvent percussifs, parfois nostalgiques (« si tu me quittes, il faut que j’en trouve une autre, et c’est beaucoup de travail ») : sympathique, mais avec moins de profondeur que Brahem et sans la voix démentielle de Youssef.

Le projet, à l’évidence, attire la bienveillance : l'Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, conduit depuis 2015 par Fabrizio Cassol (le saxophoniste d’Aka Moon), s’inspire des musiques de la méditerranée (folklore, jazz…), improvise, joue de tête, les musiciens partagent joyeusement la scène, mélangent timbres et couleurs (malgré les cris des perruches qui volent d’un arbre à l’autre)… mais ne me convainquent pas – je rentre plus tôt que prévu au centre Adeps où j’ai loué une chambre (original, tiens) et en profite pour terminer le roman de David Joy, indien de Caroline du Nord, à l’âme noire et malgré tout porteur d’espoir.

Pierre Fontenelle à propos des Concerts des Dames.

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C’est dans le cadre enchanteur de l’Abbaye Notre-Dame Du Vivier de Marche-Les-Dames que j’ai rencontré Pierre Fontenelle. Membre de la rédaction de Crescendo Magazine, lauréat de nombreux concours, Namurois de l’année 2020, professeur à l’IMEP et maintenant directeur artistique des Concerts des Dames, le jeune violoncelliste de 24 ans est devenu un incontournable dans le paysage culturel wallon. 

Votre festival prend place dans un lieu atypique, pouvez-vous m’en dire plus sur son histoire ?

Nous sommes à l'Abbaye Notre-Dame du Vivier, à Marche-Les-Dames. C'est une Abbaye cistercienne du douzième/treizième siècle fondée par des sœurs qui y ont mené une vie monastique durant plusieurs années. Ensuite, l'Abbaye a vécu énormément de péripéties que ce soit avec les guerres mondiales, les révolutions napoléoniennes, la Révolution française, etc. Elle a donc un passé considérable. 

Au fil des excavations archéologiques, on y découvre de plus en plus de choses. Par exemple, on sait maintenant que le bois de la charpente vient de la même forêt et de la même époque que celui de la charpente de Notre-Dame de Paris. L’abbaye n’est pas encore très connue mais petit à petit, elle se fait connaître et c’est un véritable plaisir de suivre et accompagner sa transformation en véritable pôle culturel.

Quelles ont été vos motivations pour créer ces Concerts des Dames ?

J’ai toujours voulu programmer des concerts ou un festival. Je pense qu’une dimension  artistique d'un musicien est dans la manière de programmer ses concerts : concevoir une histoire avec les œuvres jouées. En tant que programmateur, nous devons aussi pouvoir pointer du doigt ce qui vaut la peine d’être écouté, découvert ou redécouvert. Cela est très enrichissant. 

Ensuite, d'un point de vue plus particulier, j’avais aussi la volonté de créer un espace pour les jeunes. Un espace où on pourrait faire un festival de musique de chambre avec des jeunes étudiants du conservatoire, ou déjà professionnels, et leur donner l'occasion de se faire un public à Namur. L'Abbay nous laissons carte blanche, nous pouvons programmer ce que nous voulons, et faire revenir plusieurs fois de jeunes musiciens qui auront plu au public. Cela permet de créer des liens entre les auditeurs et les jeunes de la région, et de tout le pays en général.

En Belgique, on a globalement un manque de confiance envers les jeunes. On a parfois peur de leur donner des occasions de se lancer, de penser par eux-mêmes et de créer quelque chose. Ici, nous mettons vraiment l’accent là-dessus. Jusqu'à présent, le public a répondu présent. Et les artistes ont vraiment fait de très beaux concerts. 

Christian Chamorel, Mozart et Reichel 

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Le pianiste Christian Chamorel fait paraître un album consacré à deux concerti de Mozart mis en relief avec le rare Concertino du compositeur suisse Bernard Reichel, une œuvre rare mais à redécouvrir. Crescendo Magazine a souhaité en savoir plus et vous propose une rencontre avec ce musicien.  

A la lecture du programme de cet album, la première chose qui frappe c’est le Concertino de Bernard Reichel à  côté de deux concertos de Mozart ? Pourquoi ce choix ? Pourquoi ce choix éditorial ? 

C’est Guillaume Berney, le chef titulaire de l’Orchestre Nexus, qui a attiré mon attention sur cette œuvre il y a quelques années déjà. En Suisse, Reichel ne jouit pas de la même popularité que son contemporain Frank Martin par exemple, sans doute parce que son style est moins immédiatement identifiable. Mais j’ai tout de suite été séduit par cette œuvre, et le rapprochement avec Mozart s’est imposé comme une évidence. En effet, outre l’effectif à peu près similaire, il nous est apparu évident que ce Concertino était tributaire d’une conception mozartienne du genre, à l’opposé des romantiques tels que Chopin, Liszt ou Rachmaninov.

Pouvez-vous nous parler de cette œuvre qui est très peu connue ? Quelles sont ses qualités ? 

Le Concertino de Reichel a été créé en 1949 par la pianiste Christiane Montandon et l’Orchestre de la Suisse Romande. C’est une pièce subtile, fluide et équilibrée, qui refuse toute forme de pathos et qui soigne beaucoup le dialogue piano/orchestre. Tantôt un jeu de questions/réponses s'installe entre les deux, tantôt le piano n’est qu’une couleur parmi d’autres dans la composition générale. Pour le soliste, il s’agit donc de toujours savoir « où est sa place », et de ne surtout pas forcer le trait alors que l’œuvre exige au contraire souplesse et retenue…