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La 6e Symphonie de Mahler expressionniste mais erratique de Kirill Petrenko et l’Orchestre Philharmonique de Berlin 

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En juin 2018, Simon Rattle donnait son concert d’adieu à l’Orchestre Philarmonique de Berlin avec la 6e Symphonie de Gustav Mahler. Hommage rendu où défi lancé à son prédécesseur, Kirill Petrenko choisit lui aussi la 6e pour son premier concert Mahler quelques mois seulement après sa prise de fonction à la tête de l’orchestre. 

L’œuvre, la seconde de sa trilogie purement orchestrale, revient à la forme classique en quatre mouvements mais projette pourtant le langage musical dans une modernité expérimentale que reprendront à leur compte les compositeurs de la seconde école de Vienne et en particulier Alban Berg dans ses trois pièces pour orchestre. 

Bien que composée pendant la période la plus heureuse de sa vie, la 6e est hantée par la mort et par l’effroi devant l’impossibilité de la conjurer. Au-delà de ce questionnement existentiel, l’œuvre est aussi une allégorie prophétique qui, à l’instar de la 9e Symphonie de Bruckner, semble annoncer les catastrophes du siècle en gestation. 

Maestro Speranza Scappucci

par https://speedypaperme.com/essays/several-ways-to-be-a-great-student

Directeur musical de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, Speranza Scappucci s’est imposée comme l’une des cheffes d’orchestre les plus demandées dans le domaine de l’opéra. Entre Washington, Dresde et avant Toronto, Vienne ou Paris, la musicienne dirige ses troupes liégeoises dans « I Puritani » de Bellini.

Vous dirigez actuellement "I Puritani" de Bellini à l’opéra de Liège. Dans ce type d’oeuvre de bel canto, on a souvent l’idée (sans doute à tort) que les parties d’orchestre sont peu intéressantes à l’inverse des parties chantées. Qu’en pensez-vous ?

Dans tous les opéras de Bellini, ou d’ailleurs de Donizetti, les accompagnements de l’orchestre sont très importants, car c’est à travers les couleurs et la manière de phraser que l’on donne les impulsions aux chanteurs. C’est beaucoup plus difficile de bien jouer, et de jouer de manière expressive, un triolet chez Bellini qu’une cascade de notes dans un autre répertoire ! Les solistes de l’harmonie et les cuivres sont aussi très exposés.

À Liège, nous présenterons une version pratiquement sans coupures, et avec beaucoup de variations écrites par les chanteurs ou par moi-même. En outre, nous respecterons les finales des différents numéros telles qu’écrites par Bellini lui-même, avec la possibilité de chanter des notes très aiguës sur les accords de dominante, mais pas sur les toniques à la fin des numéros (ce que l’on appelle en italien des puntature in su).

L’artiste du XXIe siècle peut-il être hors connexion ?

par https://speedypaperme.com/essays/several-ways-to-be-a-great-student

Les réseaux sociaux ont pris dans le monde de la musique classique une part non négligeable pour soutenir une visibilité et entretenir une notoriété. Mais un cas particulier est intéressant car complètement à rebours des pratiques en vogue : Kirill Petrenko, directeur musical désigné de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. En effet, le chef russe est arrivé au pupitre de la philharmonie par des chemins détournés. Loin des Karajan ou Abbado, rois des marchés du disque et stars mondiales de la musique classique ou d’un Simon Rattle parangon des projets communautaires et pédagogiques, Petrenko a fait une carrière prestigieuse à l’ancienne mais sans les attributs de la star de la musique classique. Il a gravi pas à pas les marches du métier en se concentrant sur l’opéra, parvenant jusqu’à la direction de l’Opéra de Bavière à Munich. Son legs discographique officiel (on trouve sur Youtube une belle quantité d’enregistrements de concerts piratés sans vergogne !) se limite à un coffret d’oeuvres de Josef Suk enregistrées lors de son passage au pupitre de l’Orchestre du Komische Oper Berlin pour le valeureux mais modeste label allemand CPO. De plus, il fuit toutes les interviews et il est volontairement absent des réseaux sociaux !